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Commémoration 2013 (An 3)

000 PV qui volent

Vers un niqab public (DYL)

On commémore encore cette année, pour la troisième fois, le triste anniversaire de la loi anti-voile intégral que les caciques sectaires du régime français ont mitonnée en 2010 pour interdire, sous des prétextes sécuritaires, la dissimulation du visage dans l’espace public. Malgré tout, chez les Musulmans engagés dans la défense de leur foi, l’heure est à l’optimisme quant à une probable prochaine « révision » de cette législation sournoise. En effet, le 23 octobre prochain, en vertu de son article 9 relatif à la liberté de conscience,[1] la Grande Chambre de la Cour Européenne des Droits de l’Homme devrait prononcer la non conformité de la dite loi par rapport à la Réglementation Européenne. Du même coup, la France sera condamnée pour intolérance, par excès de laïcisme, envers des prescriptions religieuses légitimes et pour discrimination aggravée envers les Musulmanes.
C’est trop facile pour les nantis qui ont copieusement exploité les pays en voie de développement de mépriser les préceptes qui les régissent désormais. Les prétendus territoires des droits de l’homme et de la liberté d’expression ne doivent pas se contenter d’énoncer des grands principes et de les jeter à la face du monde. En plus de montrer le « bon exemple », il serait temps pour tous ces donneurs de leçons de simplement le mettre en application afin que la raison et la tolérance l’emportent dorénavant sur la démagogie et l’arbitraire.
S’il était prévisible qu’un afflux de lois stigmatisant et réprimant le port de tenues islamiques allait libérer les bas instincts des simples citoyens, personne n’avait imaginé qu’elles en viendraient jusqu’à désinhiber ceux qui sont censés les faire respecter. Concrètement, alors que les dispositions légales ne font état que d’identifications et de verbalisations, elles servent désormais d’exutoire à une flicaille couarde et frustrée face à la délinquance organisée ; fortes de leur immunité professionnelle et de soutiens hiérarchiques excessifs, les « forces de l’ordre » ont beau jeu de s’adonner aux humiliations et aux interpellations musclées sur des contrevenantes inoffensives et vulnérables.
Bien que tardivement, après deux années d’application de cette loi injuste qui voit désormais régulièrement les porteuses de niqab (et de jilbab par analogie vestimentaire) se faire agresser sur la voie publique, de nombreux Musulmans – engagés et même réputés modérés – leur manifestent enfin au grand jour une solidarité qui leur a fait cruellement défaut jusque là. Ainsi, les témoignages à charge contre des islamophobes assumés se font de plus en plus nombreux, à visage découvert. Et les procédures juridiques viennent compléter les plaintes des courageuses victimes qui, en déposant dans les commissariats de leurs quartiers, savent pourtant qu’elles s’exposent de surcroît à de probables (ré)pressions de la part des sympathisants voire des complices de leurs agresseurs. Il faut aussi malheureusement déplorer les appréhensions, les découragements et les comportements suicidaires…
Quand les injustices se multiplient et deviennent insupportables, ceux qui les subissent finissent par se révolter contre ceux qui leur causent du tort, quels qu’ils soient et quoi qu’il leur en coûte. Quand on constate que même les plus faibles trouvent maintenant la force et les moyens de résister à ceux qui leur font du mal, le pire est à craindre. Pour éviter que certains incompris ne cherchent désespérément à se faire justice de manière irréfléchie voire expéditive, en entraînant dans leur sillage les laissés pour compte des quartiers sensibles, il apparaît indispensable de les écouter et de les assister de sorte à les calmer et à les aider à obtenir réparation. Et quant à ceux qui désavouent les initiatives locales ou nationales destinées à calmer les esprits et à faire respecter le droit, en les taxant de manipulations islamistes, ils devraient faire un petit effort d’imagination en envisageant d’autres scénarii, catastrophes ceux-là, auxquels ils n’échappent que grâce à ces bonnes volontés qu’ils fustigent.
On commémore cette année les cinquante ans du fameux discours « I have a dream » (j’ai un rêve) de Martin Luther King lequel s’insurgeait alors contre les discriminations raciales. Tout le monde cherche maintenant hypocritement à récupérer le concept en s’imaginant être sinon de la bonne couleur du moins du bon côté de la route (the right side of the road). Alors, s’ils veulent abuser un tant soit peu l’opinion, les intolérants culturels vont avoir fort à faire pour camoufler leurs propres comportements discriminatoires envers les pratiques musulmanes et surtout la pratique du voile par les Musulmanes. L’apartheid n’aura vraiment pris fin que quand le port du niqab redeviendra enfin libre et public…

[1] Article 9/1. Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites. Article 9/2. La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l’objet d’autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d’autrui.
000 Valls valse

Le Jihad du niqab – Olivier Abdennour Weber

Comme l’ont fort bien remarqués les responsables politiques ainsi que les journalistes, le port du niqab en France est l’objet d’une guerre sans merci entre les forces républicaines et celles des musulmans. Derrière les prétextes relatifs à la sécurité, à l’égalité hommes-femmes, à la participation à la vie sociale, se cache une lutte plus insidieuse relative à la visibilité d’une religion considérée comme exogène et proposant un mode de vie alternatif à celui de l’Occident matérialiste. En fin de compte, ce n’est tant pas le fait de faire référence à un « autre » imaginaire (les Talibans ou l’Arabie saoudite) ou à susciter les peurs (les femmes kamikazes) qui pose problème, mais celui de se sentir impuissant face à un bout de tissu (cf. ces paroles maintes fois entendues : « je ne veux pas que mes petits-enfants portent la burqa »). L’Occident aux pieds d’argile ne sait ainsi que faire pour contrer les formes les plus pures de religiosité et se sent en danger et en concurrence face à ces quelques deux milles femmes voilées, dont il craint en vérité l’explosion du nombre. Le lynchage public du niqab commencé au cours du débat sur l’identité nationale révèle donc au grand jour le vide sidéral sur les plans idéologiques et intellectuels du « vieux monde » européen.
En effet, l’Europe vit pour la première fois depuis un bon bout de temps un déclin touchant tous les domaines (économique avec la crise et la concurrence des BRICs, financier avec les faillites du système actuel, moral avec « l’argent-roi », sociétal avec l’ultra individualisme) et ne produit plus grand-chose si ce n’est des technologies de plus en plus envahissantes (et donc liberticides) et de plus en plus sophistiquées. A titre d’exemple, la musique se résume à des demi-prostituées (Lady Gaga, Rihanna, Miley Cyrus), ses icônes mondaines à d’anciennes véritables prostituées (Zahia, Nabila), ses bâtiments à du béton et du verre, les connaissances de ses enfants au langage SMS et à la consultation de Wikipédia… Devant une telle déliquescence, le port du voile intégral constitue une solution et une opportunité, celle de retourner à une vie plus simple et plus saine (finis les théories du genre, le dogme et mythe de l’égalité hommes-femmes, le refus de faire des enfants pour ne pas handicaper sa carrière), mais aussi celle de fuir un monde d’irrespect et de vulgarité (finis les femmes objets et la soumission à un système au mieux amoral et au pire immoral).
Aussi, les femmes qui continuent ou qui commencent à le porter et à ainsi essayer de parfaire leur Tawhid (en ne craignant que Dieu et non les forces de l’ordre, en plaçant avant tout leur confiance et leur espoir en Lui, en ne portant dans leurs cœurs que Sa Législation) sont les véritables « mujahidat » d’aujourd’hui. Leur voile secoue la société plus que tous les discours, plus que tous les actes de prosélytisme et plus que la menace de n’importe quelles armes. Leur voile révèle l’hypocrisie de beaucoup de personnes s’affirmant musulmanes et dévoile le véritable visage ainsi que le vide sentimental de nos ennemis. Chaque journée de plus où elles le portent est une baffe donnée à l’athéisme et au matérialisme ambiant, un coup de pied donné à l’injustice des lois humaines, un pied-de-nez aux publicitaires. Ces femmes sont les résistantes de notre siècle, elles font dérailler les débats et les médias sans prononcer le moindre mot, mais s’exposent en contrepartie aux agressions physiques. La situation qu’elles vivent est similaire à celle d’Ibn Mas’ud récitant le Coran devant les Quraïch et revenant ensanglanté de son acte de foi ou à Ibrahim se moquant des idoles de son père.
Tenez bon mes sœurs, la victoire est proche bi idhni Llah !
000 suicide femme niqab

Voile intégral, contrôle total – Chadha B.

On m’a dit un jour que j’étais moche…
C’était ce jeune collégien qui s’était retourné en classe alors que je n’étais pas du tout voilée. Il m’a dit « Hé, Chadha, t’es trop moche ! ». Il a dû se sentir à son aise puisque j’étais de nature timide et discrète. Il est vrai que je sentais entre moi et les « bombasses » un fossé énorme. Je pensais qu’il serait impossible pour moi de l’être un jour et que si je le tentais, cela sonnerait faux. Bref. Les années ont passées, personne ne semblait s’intéresser à moi et la concurrence était toujours plus rude. Je ne voyais aucune solution pour me sentir mieux dans ma peau. J’ai essayé les ateliers de maquillage, où on posait pour être prises en photos, et vu mon gabarit, j’aurais pu m’y lancer pour finir sur les podiums mais je n’ai pas saisi cette opportunité, si on peut l’appeler ainsi… Même en étant aux petits soins, je ne me sentais pas bien… On me maquillait pour me dire « On dirait une poupée ! ». C’était censé être un compliment, mais à mes oreilles, il en était autrement. Pour moi, une poupée est un objet d’amusement inerte et inutile avec lequel d’autres s’amusent sans qu’elle le fasse. J’ai même pensé à la chirurgie esthétique pour mettre fin à mes complexes. Aujourd’hui, j’ai réussi à identifier l’origine de ce mal-être : dévoilée, je n’étais pas centrée sur moi-même ; dispersée, j’étais dépossédée de mon corps et « déstabilisable » à merci.
Un pas vers soi-même
J’ai décidé de porter le foulard vers 19 ans. Dès que j’ai pris cette décision, je me suis sentie en accord avec moi-même, avec ce que j’étais intérieurement : musulmane et attachée à sa religion bien plus qu’aux gens. J’assumais ma foi, mais l’envie de m’embellir planait de temps en temps, comme un nuage qui me plongeait dans les ténèbres pour des instants éphémères. Le souci du regard des gens ne m’avait quittée que partiellement et la crainte de leur jugement pointait vers moi comme un dard prêt à me piquer.
Tout (les avantages) en un (niqab)
Lorsqu’un jour j’ai appris que le Coran et la Sunna recommandaient le voile intégral, j’ai décidé de le porter. Et j’étais loin d’imaginer ce qui m’attendait ! Au fil des mois, j’ai fait connaissance avec lui et c’est extraordinaire de voir à quel point il m’apportait ! Rien à voir avec le voile qui laissait découvrir le visage et que j’ai porté pendant 3 ans. Dès l’instant où je l’ai posé sur moi et pour la première fois de ma vie, je me suis sentie complètement détachée du regard des hommes, complètement indépendante de leurs éventuels aperçus à mon égard. Je ne me sentais plus tiraillée à me demander à quoi je devais ressembler pour être belle, pour devenir leurs femmes idéales, ni de soucis à me faire du qu’en-dira-t-on de mon physique au détriment de mes envies et de mes besoins. Personne ne peut voir ce que je porte sous mon niqab, donc personne ne peut rien en dire.
Je réalise que les non-musulmans n’auront jamais rien à me proposer d’équivalent au voile intégral, car rien de ce qui existe chez eux ne pourra à la fois : me donner la sensation d’être belle en restant moi-même, sans avoir à me soucier de l’avis des gens (chaque homme a ses propres goûts, impossible de leur plaire à tous), éveiller cette impression de pouvoir porter ce que je veux sans risquer le mépris dans leur regard parce que ce serait soit « moche » ou « pute », ni être vue comme un morceau de viande, imposer d’être respectée sans avoir à me masculiniser, me permettre d’être identifiée comme femme sans avoir à montrer mes atours, focaliser l’attention de mes interlocuteurs sur d’autres choses que mon physique, accorder l’exclusivité au regard de mon homme.
Le pouvoir des hommes sur le corps des femmes
Après avoir commencé à porter le niqab, le caissier du magasin de mon quartier, qui avait vu mon visage auparavant, m’a dit gentiment : « Dommage, on ne verra plus vos jolis yeux ». Pensait-il me persuader de l’enlever en me flattant ? Pensait-il que j’étais dépendante de son regard au point de ne plus pouvoir me passer de compliments ? Pensait-il que je ne me sentirais plus exister si les hommes de la rue ne me complimentaient plus ? Sa tentative m’a parue dérisoire, même s’il n’y avait  ni haine ni malveillance dans son attitude.
Plus tard, un homme âgé mais en pleine forme roulait à vélo en sens inverse. Les cheveux hirsutes, il a lancé en passant près de moi : « Elle est belle celle-là ! Elle est belle ! » d’un ton moqueur et méprisant. Se doutait-il que cela n’avait aucun effet sur moi ? Les brimades des années scolaires m’ont certainement endurcie, mais je pense que mon voile intégral m’a rendue imperméable à cette remarque, car elle a semblé ricocher dessus pour ne jamais atteindre ni mon corps ni mon esprit. Je n’ai pas senti d’impact sur mon estime, ni de perte de confiance, ni d’envie de m’enfouir sous terre, ni de rougeur sur mes joues, ni d’envie de ruminer. Je me sentais inatteignable. Ces malveillances sont devenues vaines. Pas de blessure. Imperturbable. Mon voile intégral n’a pas de cœur, il n’a pas de sentiment, c’est le bouclier parfait. Mon corps et mon esprit peuvent vivre en paix.
Je réalise que la pression mentale exercée par les hommes sur les femmes n’est qu’un pouvoir qu’elles leur donnent : s’ils ont ce pouvoir de flatter votre physique, ils ont aussi celui de vous critiquer, vous leur donnez donc le droit d’élever ou de tailler en pièce votre moral et votre estime. Où est notre part de contrôle en de telles situations ? Donc, si vous en avez assez de cette oppression physique et mentale par d’éternels régimes qui vous empêchent de croquer la vie à pleine dents, d’être complexées, comparées, critiquées, d’avoir envie de passer au bloc opératoire, de ne plus savoir quoi faire pour être au top : dites « stop ! », rejoignez-nous, portez le niqab ! Mais ce privilège n’est accessible qu’aux Musulmanes. Sous le niqab, vous aurez le droit de donner la priorité à vos envies et à vos besoins, d’être à votre façon sans craindre de critiques sur votre physique, et les seuls compliments en droit d’atteindre votre corps viendront de ceux qui connaissent votre véritable nature : vos proches. Les sociétés non-musulmanes en Occident vous privent de ces bienfaits par leurs interdits et leurs devoirs physiques. Elles engendrent la haine plutôt que l’amour de vous-même. Les tendances et les mœurs vous rendent schizophrène : vous ne savez plus quoi faire entre ce que la mode vous propose et ce que les hommes disent et pensent réellement. Certaines vont même s’anéantir en changeant de visage par la chirurgie et disparaître pour toujours.
Le simple fait de se soucier de ce que d’autres pensent de vous est une aliénation, car c’est là que vous vous oubliez, que vous n’êtes plus centrées sur vous-mêmes, à écouter vos besoins et ce que vous voulez vraiment. Certainement, le dévoilement est le propre des femmes en déficit d’estime, car elles ont besoin de recevoir des centaines de regards et de compliments pour se sentir aimées, et croient ainsi qu’elles ont un contrôle total. Mais finalement, est-ce réellement le cas ?

000 Trappes fighter

Niqab Power – Inès de la Fressure.

Y’en a marre d’entendre les uns et les autres s’exprimer sur ce que peuvent bien ressentir les femmes en niqab sans jamais s’être mis concrètement à leur place. Ils ne font que raisonner en fonction de critères de pudeur plus que contestables, surtout quand on voit à quel point les mœurs se sont dissolues en Occident au cours des cinquante dernières années. Entre ceux qui voient dans le niqab le symbole de l’asservissement, pire même que le voile (que portaient obligatoirement toutes les femmes pour pouvoir entrer dans les églises catholiques jusque dans les années soixante, ceci dit en passant), et ceux qui le réduisent à une affirmation identitaire il y a un monde qui ne repose pourtant que sur la seule volonté féminine.
Si on les laissait tout bonnement s’exprimer ces femmes en niqab, on constaterait qu’elles sont quasiment toutes consentantes. La loi anti-niqab avait prévu des peines exemplaires à l’encontre des mâles qui forcent les dames à se dissimuler mais depuis sa promulgation il y a trois ans, comme pour le mouton à cinq pattes, elle n’en a encore appréhendé aucun spécimen. Elles doivent d’ailleurs souvent affronter non seulement leurs mères et leurs sœurs qui ne le portent pas mais aussi, assez courageusement d’ailleurs, les autorités administratives et policières qui sont fort frustrées du reste de n’avoir jamais pu verbaliser les prétendus oppresseurs masculins.
Les Musulmanes qui portent le niqab veulent surtout afficher leur piété et leur bonne moralité, naviguant à contre-courant dans un monde où l’extérieur prime sur l’intérieur. Elles revendiquent une toute autre féminité ne reposant pas uniquement sur les apparences et cela afin de s’émanciper des critères typiquement occidentaux et masculins mais elles se heurtent à une résistance ô combien tenace, celle des faux semblants allant du simple maquillage jusqu’aux dictats crétins de la mode.
Le véritable féminisme s’avère donc être celui des femmes en niqab, celui qui contraint tout un chacun à baisser le regard devant plus fort que soi. Ce pouvoir est bien plus puissant que celui des FEMENS qui, pour attirer l’attention, ne font finalement « à dessein » que vulgariser l’intime et offrir en libre-service un terrain de jeux aux voyeurs et aux vicieux. Le véritable féminisme étant censé porter haut le combat des sexes, pour rivaliser de puissance avec le sexe réputé fort, entre une voilée et une topless, nul besoin d’appartenir à la haute société ni d’être particulièrement doué pour déterminer celle qui a le plus de classe.

000 Mont blanc

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Commémoration 2012 (An II)


Les Lois de Dieu supérieures à jamais aux lois de la République

Le niqab supérieur à jamais au dévoilement du visage[1]

Par OAW

La République a beau répéter et placarder partout que son idole avait le visage dévoilé[2], les vrais Musulmans n’en ont que faire. Leur foi implique, en effet, la croyance au fait que l’Omniscient, le Sage, Celui qui connaît intimement Ses créatures sait mieux ce qui est bon pour eux.

Toute vie en société nécessite l’existence de lois permettant d’encadrer les relations sociales. Ainsi, aucune communauté humaine n’a jamais pu se passer des diverses contraintes de la norme sociale, pas même les mouvements anarchistes. Dans la perspective de la foi monothéiste, la question de l’entité la plus à même d’établir la loi se pose: ce rôle est-il dévolu au Créateur ou à la créature ? Le Coran nous enseigne que Dieu, dans son infinie miséricorde, a révélé une multitude de législations poursuivant les mêmes fins bien que divergentes sur les moyens à mettre en œuvre[3]. Sa dernière législation, la voie (sharia) islamique, intervient à un stade d’avancement intellectuel de l’humanité tel qu’elle demeure valable selon toutes les époques et tous les contextes géographiques, sociétaux, etc. La sharia constitue alors le prototype même de la justice, d’une part du fait que ses principes fixes permettent le jugement eschatologique des hommes selon une matrice unique, mais aussi du fait qu’elle garantit aux individus une égalité de traitement ici-bas, quel que soit l’endroit et l’époque de naissance[4]. La justification de cette inamovibilité est le postulat suivant : les comportements, les sentiments, les aspirations de l’homme demeurent inchangés, même si les formes d’expression de ces derniers changent.
C’est en conservant ces présupposés à l’esprit qu’intervient notre étude du verset relatif au voile intégral : « Ô toi le Prophète, dit à tes épouses, à tes filles et aux femmes des croyants d’abaisser/d’approcher sur elles une partie/un pan de leur jalabib (grand voile couvrant l’intégralité du corps) »[5]. Que tous ceux qui considèrent que le niqab n’a rien à voir avec l’Islam consultent les œuvres d’exégèse (tafassir), celles d’Ibn Kathir et Jalalayne pour les plus célèbres, à l’entrée de ce verset et osent encore maintenir leur opinion d’antan en jurant par Dieu ! Le niqab fait donc bel et bien partie de notre législation et contribuer à l’interdire revient donc à voler le rôle de Législateur à Dieu et à s’opposer à ce qu’Il prescrit/aime. Malheur donc aux insouciants ! En outre, ce verset vient battre en brèche tout un tas de fausses excuses données pour justifier le port du voile intégral : selon Dieu, ce dernier doit être porté pour deux raisons : être reconnue en tant que musulmane et se voir laissée tranquille par la gent masculine. « Par Ses paroles, cependant, Dieu efface le faux et avère le vrai »[6]
Concernant le 1er point, la communauté musulmane se doit d’être à jamais reconnaissante envers les médias pour avoir intéressé la communauté au port du voile intégral. Des milliers de prêches, des milliers de clics sur des forums ou des sites Internet ont, en effet, sensibilisé les jeunes femmes au fait que le voile historique de l’Islam était bien intégral[7]. D’ailleurs, la simple interrogation des libraires islamiques « de Couronnes » nous confirmera l’affaire : ils vendent autant de voiles intégraux depuis la promulgation de la loi qu’avant son entrée en vigueur et tous reconnaissent qu’avant le débat sur « l’identité nationale »[8] les ventes étaient beaucoup plus faibles. De plus, ce bout de tissu revêt aujourd’hui une signification particulière : il est devenu avec les minarets et le halal un des « symboles » de l’Islam, à tel point que chaque article concernant l’Islam a droit à sa petite photo de munaqibat[9]. Aussi, les porteuses de cette voilette la conservent, malgré les oppressions, les contrôles policiers, les insultes, les crachats, les agressions, tout autant pour exprimer leur fierté d’appartenir à la communauté de Muhammad que pour signifier leur résistance symbolique à l’oppression laïque et islamophobe en Europe.
Concernant le 2nd point, ma propre épouse a commencé à la porter suite à de nombreuses et répétitives tentatives de drague dans le métro parisien ainsi qu’à des attouchements malsains; et ce malgré son port d’une ample djellaba et d’un foulard. Depuis son port du voile intégral, plus aucun homme n’ose l’approcher. Le même témoignage est rapporté par de nombreuses femmes, y compris non-musulmanes, ayant fait l’expérience du voile intégral pour un jour ou deux.[10] C’est d’ailleurs certainement ces retombées positives qui incitent un nombre toujours croissant de femmes l’ayant essayé à en maintenir l’usage au quotidien. L’épreuve de la pratique confirme donc notre titre : Allah a raison et la République a tort. Le plus drôle dans l’histoire, c’est que ce sont nos députés bien misogynes et bien beaufs[11], ceux-là même qui sifflent Mme Alliot-Marie en tailleur ou Mme Duflot en robe longue, qui se sont justement élevés contre « la burqa » au nom du respect de la femme. La République n’est pas qu’idiote, elle est véritablement schizophrénique.

[1] Même chez les tenants musulmans de la non-obligation religieuse du voile du visage, ce dernier est considéré comme mustahab (désirable), donc supérieur au simple dévoilement.
[2] http://www.gouvernement.fr/gouvernement/la-republique-se-vit-a-visage-decouvert
[3] « (…) A chacun de vous Nous avons assigné une législation et un plan à suivre. Si Dieu avait voulu, certes Il aurait fait de vous tous une seule communauté. Mais Il veut vous éprouver en ce qu’Il vous donne. Concurrencez donc dans les bonnes œuvres. (…) » (Coran, 5,48)
Ainsi, les lois de l’Ancien et du Nouveau Testament, à l’instar de celle du Coran, appellent à ce que l’adoration revienne à Dieu seul et condamnent le polythéisme, les superstitions, l’hypocrisie, etc. Ces textes condamnent également le mensonge, la tricherie, le vol, les relations sexuelles extra-maritales, le manque de pudeur, etc.
[4] A titre d’exemple, un homosexuel du Moyen-âge trouverait certainement sa condition injuste au vu de la situation prévalant dans la Rome antique ou sous le gouvernement Hollande.
[5] Coran, 33,59
[6] Coran, 42,24
[7] http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=BJmF0Ot788Q
http://www.youtube.com/watch?v=pHatKc_0gyE
[8] Dont la seule conclusion a été que le niqab ne faisait pas partie de l’identité nationale…
[9] Porteuse de niqab, en langue arabe
[10] Pour cela, consulter un des nombreux articles ou vidéos en langue anglaise sur l’expérience du voile intégral.

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Les bonnes et les méchants

par Rosita-Fadela Rodriguez

De plus en plus de monde finit par admettre que la loi imbécile, imaginée il y a deux ans par ces intolérants qui n’en pouvaient plus de voir circuler librement des niqabs dans la rue, est injuste et inutile. Sur le plan de l’Humanité, comme sur celui de son application concrète dans l’espace public, les dites lois anti-voile intégral franco-belges ne sont que des absurdités et des exceptions culturelles franchouillardes loin d’être exemplaires.
Au pays des droits de l’Homme, cette loi est liberticide et d’une profonde injustice envers toutes ces femmes emmitouflées qui ont des convictions religieuses hors normes. Comment les certitudes de ces Musulmanes de premier choix pourraient-elles être ébranlées par ce simulacre de dissuasion alors qu’elles ont tenu bon face à l’argumentation poltronne des modérateurs religieux et de leur propre entourage ? Comment pourraient-elles consentir à se soumettre à quelque mesure de coercition et de répression que ce soit, alors qu’elles sont convaincues que la seule soumission admissible en la matière est due à leur Créateur et à Ses injonctions ?
Cette loi anti-niqab, qui ne préconisait que de simples verbalisations, cause d’ailleurs plus de problèmes qu’elle n’en solutionne. Sciemment ou pas, elle est mal interprétée par les forces de police puisque, contrairement aux termes de la loi, elle ne devait pas entrer en vigueur à proximité des Mosquées, ni faire l’objet de contrôles d’identité approfondis et encore moins d’embarquement injustifiés au poste. A cause de cette législation hostile, nombreux sont ceux qui, non seulement parmi les  forces de l’ordre mais parmi les simples citoyens, se croient désormais autorisés à donner libre cours à leurs bas instincts ; le voile intégral (niqab) et le grand voile laissant apparaître le visage (jilbab) sont l’objet de tous les abus, non seulement de langage mais de conduite, l’amalgame étant volontairement entretenu entre ces deux tenues islamiques.
Cette loi est d’autant plus scélérate qu’elle s’acharne sur des femmes qu’on pourrait penser fragilisées par un engagement religieux extrême qui les met déjà en porte à faux avec la société et avec leur entourage. En plus de leur isolement spirituel volontaire, celles qui n’acceptent pas de trahir leurs convictions religieuses devraient donc subir la réclusion physique et se laisser dépérir ? Car toutes n’ont pas la chance d’avoir un proche compréhensif qui peut les dispenser de mettre le nez dehors. Rien d’étonnant alors que certaines d’entre-elles soient amenées à transgresser cette loi abusive pour pouvoir subsister. Et, quand elles se voient interpellées sans ménagements ou maltraitées au cours de leur arrestation, ne sont-elles pas obligées de se révolter contre tous ceux qui prennent un malin plaisir à les offenser et même de les mordre quand c’est nécessaire ?

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J’ai franchi le cap du niqab et j’en suis fière !

Par Zeinab

Je suis née musulmane sans grandir dans le respect des règles de l’Islam. Lorsque j’étais jeune et que l’on me demandait si j’étais pratiquante, je répondais que « j’étais musulmane » parce que ma mère me disait que je l’étais, mais je n’avais pas de conviction religieuse particulièrement affirmée. J’étais ce que l’on pourrait appeler une musulmane culturelle. Un peu plus tard, j’ai eu une prise de conscience et ma foi est apparue !

Un passé difficile et trouble

Ma mère est musulmane et mon père ne l’est pas, j’ai grandi dans deux mondes différents et j’ai testé ces deux modes de vie. Ma vie était sans pratique religieuse : je sortais en soirée, je voulais connaître « du monde » et avoir une vie cool, mais, au final, j’ai beaucoup souffert. Accro aux drogues douces, je me levais et voulais directement fumer, j’avais, à l’époque, également énormément de problèmes en cours, avec mes parents et l’ensemble de ma famille, mes amis n’étaient que des idiots, comme moi d’ailleurs…
Et par Allah, je me suis rapprochée de l’Islam grâce à Dieu puis à mon grand frère qui m’a permise d’ouvrir les yeux sur ma situation : j’ai fait mon introspection, je me suis posé des questions existentielles : Pourquoi sommes-nous ici-bas? Quel est notre but dans la vie ? Et depuis je n’ai cessé de me rapprocher de l’Islam, de me rapprocher de Dieu et de comprendre que nous devons tout à Dieu et que sans Lui nous n’étions rien. J’ai alors décidé d’abandonné tous mes anciens amis, j’étais quelquefois toute seule, mais il vaut mieux être seule que mal accompagnée.
Cela fait désormais 2 ans que j’ai arrêté les drogues douces, un peu plus de six mois que j’ai également stoppé la cigarette. Ce qui m’a motivé, c’est le fait de savoir que si je venais à mourir à cause de cela, ce serait considéré comme un suicide ! Je prenais un péché à chaque bouffée, je jetais l’argent par les fenêtres.

J’ai franchi le cap du niqab et j’en suis fière !

Je porte le niqab depuis 3 mois maintenant, je me sens protégée, respectée, car les hommes croyants ou mécréants baissent le regard lorsque je passe. Al hamdulilah, je me sens mieux, je découvre une vie différente, une vie pure et saine, une vie calme et qui m’apprend de Dieu. Au début, mon père n’acceptait pas le niqab, mais son refus a été de courte durée, car il a vite compris que c’était ma vie. Il me fait juste une réflexion de temps en temps lorsqu’il est énervé, parfois il me dit « t’es pas belle comme ça, tu es soumise aux hommes ! » mais par Allah, cela fait un moment qu’il ne me dit plus rien wa al hamdulilah.
Tout est rentré dans l’ordre dans ma vie par La Puissance d’Allah, je ne regrette pas d’avoir délaissé toutes ces bêtises et d’avoir embrassé cette noble religion qu’est l’Islam. Allah guide qui Il veut et al hamduliLlah, Il m’a guidée ! Je me sens privilégiée et je suis heureuse !

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Commémoration 2011 (An I)

Bon anniversaire, niqabophobes, on ne vous oublie pas !  

par Rosita-Fadela Rodriguez
Après les journées de la femme ou de la jupe et les commémorations du 11 septembre ou du 11 novembre, on se devait bien de célébrer à notre façon le 11 octobre, date où cette satanée loi anti-burqa a été adoptée à l’Assemblée pour contraindre nos jolis petits minois à se dévoiler dans l’espace public. N’oublions pas que c’est par centaines que ces arrogants chauvins de députés français se sont mis d’accord dans le but de rendre hors-la-loi nos préservatifs anti-pervers, ces niqab, jilbab, burqa et autres khoumour qu’Allah nous a engagé de revêtir pour prémunir la société des ravages de nos charmes. Eh bien non, bande de nazes (ça ressemble trop bien à nazi), en ce qui vous concerne et à l’inverse de nos voiles, nous sommes envers vos désirs libidineux intégralement indisposées ! En dépit de vos pressions et oppressions, on ne désarmera jamais et on résistera autant que faire se peut à vos oukases abusifs qui nous ont transformées en « outlaw » de votre laïcisme primaire au faciès.
NON, NON et NON, on ne se dépoilera pas plus avant pour assouvir vos petits fantasmes et encourager vos libertinages. On estime qu’il y a suffisamment de pétasses pour se mettre spontanément à genoux devant votre diktat machiste, et plus si affinités, en espérant par là grappiller quelques avantages mondains, sans qu’on ait à consentir nous aussi à nous déculotter. Et quels que soient les argumentaires religieux invoqués par les grands muftis de la laïcité et leurs collabos anti-niqab pour nous dévêtir, on n’obtempérera pas car on n’a pas de leçon d’Islam à prendre de ceux qui n’ont pas la moindre intention de s’y soumettre inconditionnellement. Qu’ils commencent donc par appliquer leurs critères « humanistes » à leur propre société qui regorge de niches inégalitaires autrement « incompatibles avec les lois de la république », allant de l’absence de parité au sexisme le plus vil dans leur cher espace public, y compris dans ces parlements machistes où sont perpétrées leurs lois scélérates.
Le plus étonnant dans cet acharnement dépouillant, c’est que ce ne sont pas les canons de beauté qui s’insurgent le plus contre le port du voile intégral mais plutôt les grosses mochetés de la prétendue cause féminine. Entre-nous, les Fadela Ahmara, Michel Vianes, Chrétine Tasin, Ane Zelensky et autres Elisabête Badinter, auraient tout intérêt à dissimuler leurs tronches disgracieuses au lieu de la ramener. Sans nul doute que les gros blaireaux de Sarko, Copé, Gérin, Guéant, Hortefeux, Cassen et autres aspirants au bal des cocus ne verraient alors aucun inconvénient à ce qu’elles dérobent leurs frimousses et leurs anatomies ingrates à leurs regards pornophiles.
Et pour finir, une petite nique (abe) aux « gouinasses » de type Caroline Fourest et aux apostats façon Pascal HilouF dont les discours formatés sont très prisés par les identitaires aux cerveaux bloqués. On jubile de constater que nos voilages hétéroclites et notre détermination piétinent leurs plates bandes et annihilent leurs broutages contre nature. À la faveur de ce premier anniversaire, même si ça n’est malheureusement que virtuel, nous les entartons copieusement en priant Allah de nous accorder des jours plus fastes.

A l’époque du Prophète (ص), les vrais hommes protégeaient leurs sœurs en niqab… (par OAW)

Une musulmane s’était rendue chez un orfèvre juif (de la tribu) des Banû Qainuqâ’ pour certains achats ; certains jeunes juifs commencèrent à la taquiner et à lui demander de retirer son hijab ; elle refusa ; avec un mauvais esprit, très répandu à l’époque, l’orfèvre attacha le bout de la robe de la dame à quelque chose, sans qu’elle le sût, de façon à ce que, lorsqu’elle se leva, la partie inférieure de son corps fut partiellement exposée ; elle poussa des cris de honte et de colère ; un Musulman qui passait par là, courut à son secours et, apprenant l’insulte trancha la tête de l’orfèvre. Les autres Juifs présents ne tardèrent pas à abattre ce Musulman, et cela aboutit à une guerre. (Muhammad Hamidullah – Le Prophète de l’Islam – § 938)
Le paragraphe précédent se base essentiellement sur le hadith tiré du livre d’Ibn Ishaq, qui est le premier biographe du Prophète (ص), lequel nous apprend que cette musulmane se voilait le visage dans l’incident qui allait mener à un conflit armé contre les Juifs de Banû Qaynuqâ : »[…] Une femme arabe vint avec une marchandise qu’elle vendit au marché de Banuû Qaynuqa. Puis elle s’assit chez un orfèvre là-bas. Les gens essayèrent de lui faire découvrir son visage  mais elle refusa. Alors l’orfèvre saisit le bout de sa robe et le fixa à son dos, de sorte que quand elle se leva, ses parties intimes furent découvertes. Alors ils se moquèrent d’elle. Elle cria. Un Musulman sauta sur l’orfèvre et le tua. L’orfèvre était juif. Les Juifs attaquèrent le Musulman et le tuèrent.[…] » (Muhammad, Ibn Ishaq, p.14-15, tome 2)
Bien que réprouvant une telle violence physique à l’encontre des agresseurs de nos sœurs, quand on les d’intimide ou les agresse,  il nous appartient d’intervenir pour les protéger au minimum par nos paroles et notre présence !

Il faut mettre les voiles !   Par Daniel-Youssof Leclercq

La loi anti-niqab du 11 octobre 2010 ne fera jamais qu’inciter à mettre les voiles… Ce serait soi-disant pour améliorer la sécurité publique, et absolument pas pour rembarrer l’Islam, que les parlementaires et autres « parle-menteurs » ont, sans même tenter de parlementer, formellement signifié aux Musulmanes l’interdiction de dissimuler leurs visages dans l’espace public français. Il était déjà notable que toutes les gesticulations identitaires occidentales ne trouvaient de justification que dans l’égoïs­me et le complexe de supériorité de ceux qui ne cherchent qu’à convertir le monde entier à leur mode de vie. Mais là, en upgradant un laïcisme de circonstance au rang de religion à part entière, pour légitimer une « fatwa républicaine », les promoteurs ont tiré le gros lot : ils n’ont fait que discréditer durablement tout ce qui rendait la laïcité admissible aux yeux des Musulmans, lesquels ne se feront dorénavant plus aucune illusion sur sa prétendue neutralité.
Après avoir poussé des peuplades primitives à cacher leur nudité, le vieux monde post colonial se pique désormais de contraindre les tenants de civilisations plus raffinées à se déshabiller. Il décrète maintenant que la tradition millénaire du voile intégral musulman représente dorénavant une menace sécuritaire doublée d’une atteinte au droit des femmes. Le paradoxe, c’est que les trois quarts des membres du beau sexe, dont ils se font les chantres, se complaisent culturellement à « allumer les mecs » tout en ne souffrant pas d’être considérées comme des objets sexuels. C’est faire totalement abstraction de la faiblesse humaine que de déclarer de façon péremptoire que le sérieux est plus une affaire de comportement que d’apparence vestimentaire. Il y a de sérieuses raisons de douter de la bonne foi de celles qui, par leurs tenues, leurs attitudes et leurs maquillages surnaturels, mettent tout en œuvre pour aguicher l’autre sexe en faisant mine de n’y être pour rien. Curieuse logique, de surcroît, pour ces (top) mo­dèles de vertu, ces mégères féministes qui s’obstinent à vouloir libérer les Musul­manes de leur supposée claustration, à l’instar de vulgaires cambrioleurs qui s’acharnent sur des portes blindées.
Contrairement aux impudiques qui offrent leurs charmes en libre-service à tous les mâles environnants, les « religieuses » islamiques se veulent résolument réservées et chastes. Pour elles, le fait de se camoufler est destiné à les soustraire aux importuns et à assurer leur tranquillité. Leur voile ne doit pas être interprété comme une réclusion ou une subordination au sexe fort mais plutôt comme une marque de bienséance et comme une protection contre la méchanceté. Correctement vêtues, rien ne les empêche alors de participer à tous les aspects de la vie en société. Les réformateurs musulmans et autres soldeurs de voilages qui désavouent l’exigence coranique,[1] ou qui avancent que son observation relève de l’ostentation et de la provocation plus que de la pudeur, ne sont que des faussaires dont le négationnisme est autrement plus répréhensible qu’une simple négligence de l’injonction.

[1] « Et dis aux croyantes qu’elles baissent leurs regards, et qu’elles gardent leur chasteté, et qu’elles ne montrent de leurs parures que ce qui en paraît, et qu’elles rabattent leur voile sur leur poitrine…» (Coran 24 :31) « Ho, le Prophète ! Dis à tes épouses, et à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles : elles en seront plus vite reconnues et exemptes de peine. Et DIEU reste pardonneur, miséricordieux. » (Coran 33 :59)

Témoignages de Chadha, porteuse de niqab

« Depuis que la loi a été votée en 2010, mon mari et moi ne pouvons plus sortir en ville pour faire du shopping, ni aller au cinéma, ni sortir ensemble tout simplement. Parce qu’on peut à tout moment tomber sur des policiers ou se faire agresser. Où est donc la liberté ? Je ne la vois plus… » (…)
« Quand, sur Internet, j’entends parler de sœurs qui se font agresser à cause de leur niqab ou même pour un simple khimar (le voile couvrant seulement les cheveux), je me dis que cela peut m’arriver à moi aussi, car tout est possible aujourd’hui. Même quand je traverse la rue, je dois y regarder à deux fois, parce que si un automobiliste raciste me voit, même si je suis prioritaire en tant que piétonne, il ne me ratera pas. » (…)
« En hiver 2010, mon mari et moi étions allés en vacances en Tunisie, et nous avons croisé des touristes français. Contrairement à mon mari, je ne les avais ni vus ni entendus. Il m’a avisé qu’ils me regardaient l’air de dire « C’est une folle de s’habiller comme ça ! », et il les a entendus dire « Oh ! Regarde ! Il y en a même ici !! ». Est-il tellement improbable et étonnant de croiser des femmes en niqab dans un pays musulman ? A croire que leur mode de vie doit être le seul acceptable, choisi et instauré partout. C’est pour moi une preuve qu’ils se croient partout chez eux et que l’esprit colonialiste des Occidentaux n’a toujours pas disparu aujourd’hui sur les corps et les esprits en dépit des terres à coloniser. » (…)
« J’ai déjà fait l’objet de trois dénonciations de la part d’employés de la SNCF. C’était sur le trajet de retour Paris-XXX : La contrôleuse était sensée vérifier si j’étais bien la titulaire de la carte 12-25 que je lui ai présentée, mais elle ne m’a pas demandé de soulever mon niqab pour vérifier mon identité. Elle est juste passée sans me regarder, dans le genre « je ne t’ai pas vue, donc ça ne peut pas être moi qui t’ai dénoncée ». Une fois arrivés à destination, mon mari et moi nous sommes faits encercler par cinq ou six policiers en civil, dont l’un ne cachait pas son malin plaisir de nous avoir « coincés », mais al hamdoulillah les autres policiers sont restés respectueux, à l’écoute et ne m’ont pas verbalisée. Le fameux policier a d’ailleurs avoué à mon mari que c’était une contrôleuse SNCF qui m’avait dénoncée, avançant que j’avais refusé de m’identifier lors du contrôle des billets. Au vu des moyens déployés (le nombre de policier), et de la méthode employée (la dénonciation discrète et le camouflage en civil des policiers), on en déduit que le port d’un niqab par une musulmane est devenu un crime d’Etat. Un autre jour, mon mari et moi étions encore une fois dans le train, et une passagère de son côté passait son temps à nous dévisager, à tourner la tête à droite et à gauche comme pour guetter (les contrôleurs ?), et ne faisait que soupirer, et cela pendant les trois longues heures du trajet. Il n’y a que le diable qui a pu lui donner la force de persister à agir de la sorte pendant trois heures. Je suppose que le lendemain elle devait en avoir le torticolis, mais ce dont je suis sûre c’est qu’elle voulait par là manifester sa haine envers les musulmans. Elle est vraisemblablement la cause de la deuxième dénonciation, Allahou a3lem, mais nous sommes passés inaperçus aux yeux des policiers qui nous attendaient sur le quai, alhamdulillah. La troisième dénonciation s’est produite en accompagnant une sœur fiLLah à la gare, en compagnie de mon mari. J’ai aperçu du coin de l’œil deux agents de la SNCF, qui étaient sortis de leur bureau et me regardaient fixement, puis y sont rentrés à nouveau sans être venus à nous. Je m’attendais bien à ce qu’ils me dénoncent à la police et j’en ai fait la remarque à mon mari. En effet, il constata l’arrivée sur le quai de trois policiers auxquels je tournais le dos. J’ai soulevé mon niqab, afin qu’ils comprennent qu’ils étaient venus pour rien et que s’ils voulaient voir mon visage, ils n’avaient qu’à se rapprocher. Le train que devait prendre la sœur étant arrivé, nous l’avons laissée, nous sommes dirigés vers l’escalier et avons quitté la gare. Evidemment, j’ai gardé mon niqab relevé, en tentant, tant bien que mal, de ne pas avoir l’air de cacher autant que faire se peut mon visage avec mon jelbeb. Nous sommes sortis sans encombre de la gare, sans être interpellés. Mon mari m’avisa que les policiers regardaient vers moi, lesquels, ne voyant pas de niqab sur mon visage ne purent intervenir. La sœur m’envoya un texto me signalant que l’un des agents de la SNCF demandait dans son talkie-walkie à des agents de descendre là où nous étions. Elle me dit, en se moquant d’eux, qu’une grande frustration se lisait visiblement sur leurs visages, n’ayant pu prendre leur pied à m’humilier, en me demandant de me dévoiler aux yeux de tous les voyageurs, et n’ayant pu me verbaliser. J’y ai gagné sur trois plans : Assurément, on a peut-être vu de loin mon visage, mais il vaut mieux que cela le soit par un groupe limité de personnes plutôt que par un nombre plus important de gens dont l’attention aurait été inévitablement attirée par un attroupement de policiers autour de moi. Ensuite j’ai pu me moquer d’eux, car les policiers n’ont pas eu l’occasion de me verbaliser et je suis repartie sans amende. Finalement, je ne me suis pas gênée pour faire des dou3as contre ces agents de la SNCF. » (…)
« Je constate aujourd’hui que les valeurs publiques et privées sont inversées. Ce qui concerne mon corps (c’est normalement ma propriété) et ma religion sont d’ordre privé, mais l’Etat aujourd’hui en fait des affaires publiques. Il se permet de me dicter comment traiter mon corps et comment pratiquer ma religion. Je ne peux plus vivre ma religion comme je le souhaite, ni traiter mon corps comme bon me semble et j’en suis donc dépossédée. De la rue, domaine public, l’Etat a fait un domaine privé en faisant en sorte que je ne puisse plus m’y rendre habillée comme je le souhaite. Par rapport à ce droit de propriété du corps d’une personne, même les morts sont plus respectés que les vivants ; leurs organes ne peuvent être prélevés contre leur volonté, alors qu’on veut imposer aux sœurs musulmanes et à moi-même un traitement à nos corps. On veut nous dévoiler contre notre gré et on fait des lois pour ça. » (…)
« Les valeurs humaines sont sans nul doute supérieures à celles de la République. Et cela commence par le respect de l’intégrité de chacun, y compris la mienne, quelque soit son origine ou sa culture, sa classe sociale. Ceux qui me traitent irrespectueusement, ne peuvent prétendre être les garants de la République, ni dire que les valeurs de celle-ci sont supérieures aux valeurs humaines, parce que cela signifierait qu’ils n’ont rien compris au principe d’égalité des hommes. La suprématie des valeurs de la République induit la supériorité de certains hommes sur d’autres par les lois instaurées. Pourquoi devrais-je me soumettre à celui qui est mon égal ? Le Président de la République n’est jamais condamnable quand bien même il serait accusé de quoi que ce soit, bénéficiant d’une immunité tant qu’il exerce son mandat de président. Où est donc l’égalité des hommes dans ce cas ? Si nous étions vraiment tous égaux, nous devrions tous être soumis aux mêmes lois, du président jusqu’au dernier des citoyens. Mais ce n’est malheureusement pas le cas. » (…)
« Si j’en suis venue à porter le niqab, c’est non seulement par conviction religieuse, mais aussi par choix personnel compte tenu du peu de respect que certains hommes ont envers moi : ils me draguaient, touchaient mes fesses (malgré mon jilbeb), et donc en portant le niqab, comme ils ne voient plus rien de moi, ils me laissent désormais tranquille. D’ailleurs, bien avant cela, quand j’étais lycéenne et alors pas du tout voilée, cela n’empêchait aucunement mes camarades de classes de me faire subir des brimades, tout simplement parce que j’étais musulmane et priais. Même certains professeurs se sont permis de m’adresser des remarques racistes et de s’adonner envers moi à leur propagande athée. » (…)
« En définitive, le fait que je porte aujourd’hui le voile intégral atteste de l’échec de leur système et de leurs tentatives d’intimidation. Et si je n’entend pas céder aux pressions et aux harcèlements des anti-islam, des anti-niqab et des pseudo-musulmans, c’est parce que les raisons pour lesquelles je le porte sont tellement nombreuses et importantes que je ne peux plus les négliger, car elles sont autrement plus importantes que mes petits intérêts personnels. Ces raisons seraient trop longues à énumérer. Ceux qui s’opposent à ma pratique personnelle de la religion sont vraiment insensibles aux arguments que je pourrais avancer parce qu’ils sont soit insouciants soit inconscients. Je les comprends malgré tout, parce que j’ai été dans cette ignorance aussi. En revanche, ce qui me déçoit le plus, c’est la passivité de beaucoup d’hommes qui prétendent appartenir à la communauté musulmane. Peut-être s’imaginent-ils qu’en ne prenant aucune initiative, ils ne seront responsables de rien. Or, ils se trompent : décider de ne pas agir est déjà un choix qui implique une responsabilité. Ils ne se rendent pas compte qu’aujourd’hui, leurs propres filles, leurs propres sœurs, leurs propres mères ou leurs propres femmes peuvent rentrer à la maison le visage ensanglanté, le voile arraché et qu’à tout moment ils peuvent apprendre qu’elles ont été agressées. Toutes celles qui ont vécu une agression étaient loin de s’imaginer que cela pouvait leur arriver un jour. Faut-il que cela arrive dans votre propre foyer pour qu’enfin vous vous décidiez à agir ? » (…)
« Je trouve que les Musulmans sous-estiment leurs pouvoirs : il suffirait qu’ils manifestent leur solidarité, qu’ils se mobilisent, sans avoir à user de violence, à la moindre attaque contre ceux de leurs frères ou de leurs sœurs qui sont humiliés ou agressés, et le processus de haine serait freiné voire stoppé, inchaa Allah. » (…)

Quand les niqab sont bannis, les musulmanes dansent ! (ABW)

Eh oui, depuis que la loi contre le niqab a été votée, je peux le dire haut et fort, j’ai été déchargée de pas mal de tâches !! Tout d’abord un grand merci aux médias, car sans eux, le niqab me serait resté inconnu et n’aurait jamais fait partie de ma vie aujourd’hui.
En quoi cette loi est un avantage ? Eh bien, je n’ai plus besoin de sortir pour les courses, ni même pour faire des papiers, tout vient à moi ! C’est-à-dire que si mon mari ne les fait pas pour moi, je pourrais toujours engager une servante non-musulmane pour cela, et elle aura le temps à ça au moins. La TV ? Je l’ai zappée depuis longtemps, tellement elle est devenue dérisoire et nauséabonde de mensonges. Je préfère voir le monde des musulmans au sein de ma communauté, rien de mieux que de se nourrir de réel. La coiffeuse ? C’est elle qui vient à moi, et quel plaisir de partager le thé avec elle, c’est bien plus convivial que de passer dans un salon impersonnel. Mes amies ? Ce sont elles qui viennent à moi et rarement l’inverse, et c’est mieux comme ça, fainéante comme je suis ! Et puis, ma maison est devenue un palais, tellement je lui ai rendu son confort pour m’y attarder et recevoir comme bon me semble. Depuis, je passe le plus clair de mon temps à me prélasser, je fais de la danse orientale pour sculpter mon corps, je prends soin de moi, je passe mon temps à me maquiller, à faire de la peinture sur toile, ou à m’aventurer dans le domaine de la couture de façon innovante, à faire mon shopping sur le net, à porter ce qu’il y a de plus classe chez moi (talons, jupes,…tout et même ce qu’une femme non-musulmane n’oserait pas porter dehors par complexe ou par convention), à me gâter de bons petits plats que je n’avais jamais le temps de faire auparavant. Et puis, ça sera peut-être pour moi l’occasion de prendre un peu de poids puisque de nature ce n’était pas chose aisée (si, si c’est vrai) ! En gros, mon mari ne me voit que sous mon plus beau jour, et tout est naturellement en ordre avant même qu’il ne rentre ! Alors qu’auparavant, quand je devais sortir pour ceci ou pour cela, mes responsabilités s’étalaient jusqu’en dehors de chez moi. Maintenant, je suis tranquille ! Déjà que je n’ai pas besoin de travailler, vu que l’Etat me l’interdit, mais là c’est une grâce de Dieu, donc merci à l’Etat mille fois, car je peux ainsi me consacrer à mes vraies passions toute la journée : pas de patron pour me grogner un ordre ni pour me donner une date limite de travail, je suis mon propre employeur, je me donne mes propres limites, pas de stress, pas de pollution sur ma peau ni mes cheveux, pas de courbatures, et quel plaisir pour mon mari de ne pas entendre les plaintes de sa femme en fin de journée ! Si ça, ce n’est pas profiter de la vie…
Combien espèrent pouvoir prendre un bon bain prélassant et parfumé pour se relaxer en fin de journée, mais n’en trouvent pas le temps ? Combien ne se contentent que de plats tout-faits et pas frais le midi ? Combien espèrent s’inscrire à des cours de danse ou de sport mais n’en ont ni la volonté ni le temps ? Combien espèrent consacrer du temps à leurs passions artistiques mais ne sont que les esclaves d’un travail qu’elles n’aiment que pour leur survie ? La plupart ne trouvent de temps à cela qu’à partir de la retraite… Combien aimeraient pouvoir passer du temps avec leur compagnon mais ne trouvent que quelques minutes à accorder à leur chien ou à leur chat ? Combien aimeraient prendre soin d’elles pour briller dans le regard de leur moitié, mais ne le font que pour les occasions professionnelles ? Combien usent de crèmes anti-rides, anti-fatigue, anti-stress par manque de sommeil ou par exposition à la pollution ? Pourquoi tant de violence ? J’ai de la peine pour elles mais aussi beaucoup d’admiration : elles trépignent pour un maigre salaire et un mari quelquefois ingrat…Alors que moi, je gagne le double de ce qu’elles recherchent grâce à Dieu, et sans en faire autant. Je suis sûre que même les sœurs en niqab qui ont des enfants à mettre à l’école n’ont plus besoin de le faire. Depuis, elles peuvent se permettre de se payer une servante pour le faire, quelle tâche ingrate tout de même, nous sommes des princesses !
Vraiment, je n’échangerai pour rien au monde ma situation à celles des femmes qui sont obligées de travailler, car elles ne savent plus faire confiance à leur homme et en plus elles sont chargées doublement de travail, de stress, soumises à leurs patrons et à leur travail. Finalement, avec tout ça, comment envier la situation des femmes non-niqabées ? Je dis merci à cette loi qui m’a libérée de toutes ces contraintes et aux députés de l’avoir votée ! J Qu’ils ne s’inquiètent donc pas, j’ai maintenant du temps à consacrer à ma famille et à la défense de ma communauté !

Précisions sur le niqab à France Culture par le Professeur Hamidullah

Original de sa lettre ici en pdf
Le 15.12.1980
Monsieur le Directeur,
France Culture, Dialogues, dirigés par M. Roger Pillaudin
Av. de Président Kennedy,
Radio France,
France.
Monsieur le Directeur,
J’ai l’honneur de vous faire part des doléances et des réactions de vos auditeurs musulmans, à propos de votre émission du mardi 4 novembre 1980, 21h15-22h30, où les Profs Bammate et Jacques Berque ont participé. Les musulmans sont inquiets d’autant plus qu’on a appris que vous allez produire des cassettes de cette émission et les distribuer commercialement.
Selon M. Bammate :
« Dans le Coran il est seulement dit que les femmes du Prophète doivent porter des vêtements qui empêchent de voir leurs chevilles et leurs bracelets. »
Et M. Jacques Berque d’ajouter :
« Je crois que votre réponse est parfaitement cohérente, et je vais y ajouter quelque chose qui sera moins pondéré. »
Puis il pensa que le terme coranique « qui protègent de la chose cachée » concerne les « Mystères ».
Pour ce qui est de l’affirmation de M. Bammate, faite sans doute par distraction, elle implique qu’il n’y a pas de voile pour les femmes musulmanes de commun. C’est inexact, et il ne faut pas offenser l’opinion publique musulmane en répandant de telles inexactitudes. Je dirais qu’il faut corriger sur les ondes ce qui a été dit, et il faut arrêter la reproduction de cassettes de cette émission, tout au moins en retranchant cette partie. Je vous cite pour appui les passages du Coran :
1. Concernant les femmes du Prophète, cf Coran XXXIII, 32-34 :
« Femmes du Prophète ! Vous n’êtes pas comme de quelconques femmes. Si vous voulez vous comporter en piété, alors, ne vous abaissez pas en parole, afin que ne vous convoite pas celui au cœur de qui est al maladie. Et parlez parole convenable.
Tenez-vous dignes dans vos foyers ; et ne vous montrez pas de la façon dont on se montrait lors de l’ancienne ignorance. Et établissez l’Office, et acquittez l’impôt-zakât, et obéissez à Dieu et à Son Messager. Dieu ne veut autre chose, en vérité, que faire partir de vous la souillure, gens de la Maison, et vous purifier de purification.
Et rappelez-vous ce qui, dans vos foyers, est récité des signes de Dieu ainsi que de la Sagesse, oui, Dieu demeure doux, informé ».
Il n’y a arien de chevilles et de bracelets, mais il y’en aura à propos de Musulmanes du commun. Mais avant d’y venir, signalons que dans la même sourate 33, verset 53, il est encore une fois question des femmes du Prophète :
« Ho, les Croyants ! N’entrez pas aux demeures du Prophète, à moins qu’invitation e vous soit faite à un repas, et encore pas dans le temps qu’on le cuisine… Et quand vous demandez à ses femmes (du Prophète) quelque chose, demandez-leur alors, derrière un rideau ; et c’est, pour vos cœurs et leurs cœurs, plus pur… »
Pour ce qui est des Musulmanes en général, la même sourate 33 en a parlé une première fois dans le verset 59 :
« Ho, le Prophète ! Dis à tes épouses, et à tes filles, et aux femmes des Croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles (djalâbîb, qui vont de la tête jusqu’aux chevilles) : elles en seront plus vite reconnues et exemptes de peine ; et Dieu reste Pardonneur, Miséricordieux. »
Puis dans une sourate révélée un peu plus tard, XXIV, 31) :
« Et dis aux Croyantes qu’elles baissent leurs regards, et qu’elles gardent leur chasteté, et qu’elles ne montrent de leurs parures que ce qui en paraît, et qu’elles rabattent leurs voiles (khumur, qui cachent le visage) que leur poitrine, et qu’elles ne montrent leurs parures qu’à leur mari, ou à leur père, ou au père de leur mari, ou à leur fils, ou au fils de leur mari, ou à leurs frères, ou à leurs compagnes, ou aux esclaves que leur maris possède, ou aux domestiques mâles qui n’ont pas le désir ( : eunuques), ou aux garçons qui n’ont pas encore puissance sur les parties cachées des femmes. Et qu’elles ne fassent pas sonner leurs pieds de façon que l’on sache de leurs parures ce qu’elles cachent. Et repentez-vous tous devant Dieu, Ô Croyants, peut-être serez-vous gagnants. »
Dans ce dernier verset, il y a en effet allusion aux ornements de chevilles, pas uniquement ceux des femmes du Prophète. Du couvre-visage sont exemptées les vieilles, (cf sourate 24, verset 60) :
« Et quant aux femmes atteintes par la ménopause, qui n’espèrent plus mariage, nul grief à elles, alors, de déposer leurs étoffes, mais pas de se faire voir en parure ; et si elles cherchent la chasteté, c’est mieux pour elles ! Dieu entend, cependant, il sait ».
En ce qui concerne la remarque du Prof. Jacques Berque, je cite le passage visé, et l’on verra s’il y’aura lieu de trouver les mystères mystiques. Dit le Coran (IV, 34) :
« Les hommes sont les directeurs, pour les femmes, à cause de l’excellence qu’entre eux Dieu accorde aux uns sur les autres, ainsi que de la dépense qu’ils font de leurs biens. Les femmes de bien sont celles qui sont de dévotion, qui protègent, même dans le secret, ce que Dieu a protégé. Et quant à celles dont vous craignez l’infidélité, exhortez-les, abandonnez-les dans leurs lits, et battez-les. Si elles viennent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voies contre elles. Dieu demeure haut, grand, vraiment ! »
En vous remerciant d’avance des mesures que vous allez prendre à ce sujet, je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de mes sentiments très respectueux.
(Muhammad Hamidullah) Maître de recherche (honoraire) au CNRS

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