Les bons Croyants s’occupent « de leurs oignons », sont compréhensifs envers ceux qui ne partagent pas leurs convictions et se gardent bien d’agresser ceux qui s’avèrent inoffensifs envers la collectivité. Pour autant, ceux qui invoquent la liberté d’expression à tous crins ne doivent pas en profiter pour se défouler sur les autres en insultant leurs valeurs outre mesure.

On doit être intransigeant envers ses défauts et ses insuffisances mais faire preuve d’indulgence et de patience envers autrui, en particulier envers les faibles et les ignorants.[1] On peut s’astreindre personnellement à n’importe quelle règle ou pratique religieuse pour atteindre tel ou tel objectif matériel ou spirituel, sans exagérer naturellement,[2] mais on ne doit en aucun cas l’exiger des autres.[3] La sagesse ne consiste pas à ressasser des préceptes (aussi essentiels soient-ils) et à faire étalage de ses connaissances en humiliant ses congénères à coups d’objurgations religieuses mais à expliciter, de façon intelligente et diplomatique, ce qu’on a expérimenté et qu’on pratique effectivement.[4]
Les Musulmans doivent se distinguer par l’excellence de leur comportement envers DIEU, envers le dernier des Avertisseurs dépêchés à l’humanité (ص) et envers leurs prochains.[5] Soulignons ici que, loin d’imposer ses règles aux non-Musulmans,[6] l’Islam leur a concédé un statut plus enviable que celui des minorités en Occident aujourd’hui. Les dérogations spécifiques qui leur sont accordées ne se limitent pas seulement à la liberté de culte, de circulation ou d’activité ;[7] ils jouissent d’une autonomie juridique totale[8] qui permet aux intéressés de recourir à leurs propres tribunaux communautaires pour régler n’importe quel différend civil ou pénal. Dans l’intérêt général, les comportements qui pourraient se révéler préjudiciables à la collectivité seront évidemment dissuadés voire empêchés, en veillant à ne jamais user de moyens disproportionnés par rapport aux menaces.[9]
Les tenants des deux « géantes aux pieds d’argile », la démocratie et la laïcité dévoyées, peuvent remballer leurs leçons de tolérance d’autant que leur protectionnisme culturel, leurs contrevérités et leur coercition ont largement contribué à saper l’espoir, le civisme et la paix sociale dans les banlieues défavorisées et pas seulement au sein des populations issues de l’immigration. En l’absence de véritables nuisances et même si on considère que ce sont des sornettes, quand on est puissant et sûr de ses valeurs, on peut se permettre de laisser les autres croire et pratiquer ce que bon leur semble. Il n’y a rien de très glorieux, bien au contraire,[10] à invoquer des prétextes puérils pour interdire à des adolescentes de se couvrir les cheveux au sein des écoles publiques financées par leurs parents ou pour assigner à résidence des dames qui ne désiraient, par leurs grands voiles, que se soustraire aux regards lubriques.
Les Musulmans convaincus, qui connaissent et pratiquent effectivement leur religion, n’ont pas à se disculper des critiques infondées et des comportements extrémistes en tous genres. Ils n’admettent cependant pas l’antithéisme offensif de ceux qui prennent un malin plaisir à bafouer tout ce qui a un caractère sacré. La bienséance veut qu’on ne se gausse pas des handicapés, des races, des morts, etc. et la loi qu’on n’injurie pas les chefs d’états, les drapeaux et les hymnes nationaux.[11] Puisque les pamphlétaires et les caricaturistes refusent obstinément de s’autocensurer, les parlements occidentaux et les tribunaux sont donc contraints de faire respecter par le droit ce qui tombe pourtant sous le sens, à savoir le bon goût et la dignité des individus. Curieusement, les offenses faites aux Croyants et à ce qui leur est cher demeurent libres d’expression et ne sont pas sujettes à condamnation, DIEU sait pourquoi.

[1] « Un Bédouin s’était mis à uriner dans la mosquée. Comme tous les fidèles se précipitaient sur lui pour le maltraiter, l’Envoyé de DIEU (ص) leur dit : « Laissez-le achever, et alors vous répandrez sur son urine un seau d’eau. La révélation vous a été faite pour vous faciliter les choses et non pour les rendre difficiles ».» (Boukhary 78/80/5 et aussi  4/58/3 – 4/57/1 – 78/35/2).
[2] « Trois personnages vinrent dans les demeures des femmes du Prophète (ص) afin de s’informer des pratiques du culte du Prophète (ص). Quand on les eut renseignés, ils les trouvèrent peu nombreuses et dirent : « Toutefois il y a cette différence entre nous et le Prophète (ص), c’est que DIEU a pardonné à celui-ci toutes ses fautes passées et futures. – Aussi moi, dit l’un d’eux, je veux prier toutes les nuits. – Moi, ajouta un autre, je veux jeûner toujours et ne jamais rompre le jeûne. — Quant à moi, s’écria le troisième, je veux me priver de femme et ne jamais me marier. Survenant à ce moment, l’Envoyé de DIEU (ص) leur dit : « Comment, c’est vous qui dites telle et telle chose ? Mais moi, par DIEU, qui plus que vous craint et révère DIEU, je jeûne et j’interromps le jeûne, je prie et je dors, et j’ai épousé des femmes. Quiconque se détourne de la voie que j’ai tracée n’est pas des miens ». » (Boukhary 67/1/1). « `Abdallah-ben-`Amr-ben-El-Às fit ce récit : « L’Envoyé de DIEU (ص) me dit : « Ne vient-on pas de m’annoncer que tu passes (toute) la nuit en Prières et que tu jeûnes le jour ? – Oui (c’est vrai), répondis je. – Si tu continues ainsi, répliqua le Prophète (ص), tu vas perdre la vue et affaiblir ta personne. Jeûne donc trois jours par mois, ce qui équivaudra à un jeûne perpétuel – ou suivant une variante — ce sera comme un jeûne perpétuel. -Mais, repris je, je m’en trouve [la force]. (C’est Mis`ar qui ajoute ce mot.) – Alors, ajouta le Prophète (ص), jeûne, comme le faisait (le Prophète) David (ع), de deux jours l’un, et David (ع) ne fuyait pas quand il rencontrait l’ennemi ». (Boukhary 60/37/2,3).
[3]  « Ho, les croyants ! Occupez-vous de vous-même ! Point ne vous nuira celui qui est égaré, si vous êtes dans la guidée. Vers DIEU est votre retour à tous; et puis IL vous informera de ce que vous faisiez. » (Coran 5 :105). « Et ne chasse pas ceux qui, matin et soir, appellent leur Seigneur. Ils cherchent Son visage. Leur compte ne te pèse en rien, et ton compte ne leur pèse en rien. En les chassant, donc tu serais du nombre des prévaricateurs. » (Coran 6 :52). « Fait partie du bel Islam de quelqu’un le fait d’éviter pour lui de se mêler de ce qui ne le regarde pas ». (Tirmizhy – Nawawy/40 Hadiths/12). « Anas a dit : « Quand l’Envoyé de DIEU (ص) arriva à Médine, il n’avait pas de domestique. Abou-Talha (qui avait épousé la mère d’Anas) me prit par la main, me conduisit vers l’Envoyé de DIEU (ص) et lui dit : « Anas est un garçon rangé, qu’il te serve de domestique ».  Je fus employé à son service en voyage et en station, ajoute Anas, et jamais le Prophète (ص) ne m’a dit : « Pourquoi as-tu fais cela ainsi ? » quand j’avais fait quelque chose, ni : « Pourquoi n’as-tu pas fait cette chose ainsi ? » quand il s’agissait d’une chose que je n’avais pas faite. » (Boukhary 55/25/1 et aussi 78/39/6).
[4] « et quand ils entendent la vanité, ils s’en détournent et disent : « A nous nos actions, et à vous vos actions. Paix sur vous ! Nous ne recherchons pas les ignorants ». Non, tu ne guides pas qui tu aimes : mais c’est DIEU qui guide qui IL veut. IL sait mieux, cependant, les bien-guidés. » (Coran 28 :55-56). « DIEU ne fera pas disparaître la science en l’enlevant directement aux hommes, mais il la fera disparaître en faisant disparaître les savants, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus un. Alors les hommes prendront pour chefs des ignorants qui, interrogés, répondront sans la moindre science, s’égarant eux-mêmes ainsi et égarant les autres ». (Boukhary 3/34/1- 96/7/1).
[5] « Personne ne goûtera la douceur de la  foi tant qu’il n’aimera pas son prochain, pourvu qu’il ne l’aime qu’en DIEU, tant qu’il ne préférera pas être jeté au feu plutôt que de retourner à l’infidélité lorsque DIEU l’en a délivré, et tant qu’il ne préférera pas DIEU et son Envoyé (ص) à toute autre personne ». (Boukhary 78/42/1 et aussi 2/6/1)
[6] Le Prophète (ص) appelait affectueusement les sujets non-Musulmans ses protégés (Dhimmis) : « sachez que celui qui opprime quelqu’un avec qui nous avons une convention, qui le méprise, qui le charge au-delà de ses capacités ou qui le prive de quelque chose sans son consentement, je serais son adversaire le Jour de la Résurrection. » (Abou Daoud)
[7] Les Juifs et les Chrétiens ont toute latitude de fabriquer, de consommer et de commercer l’alcool (dont le fameux vin de messe) alors que cela est totalement prohibé aux Musulmans.
[8] « S’ils viennent chez toi, donc, juge entre eux ; ou laisse-les. …Mais comment peuvent-ils te prendre pour juge, – ils ont près d’eux la Thora où est le jugement de Dieu, …Que les gens de l’Evangile jugent d’après ce que Dieu y a fait descendre ! » (Coran 5 :42, 43, 47)
[9]  « Celui qui d’entre vous aperçoit une chose répréhensible qu’il la redresse de la main; s’il ne le peut, de sa langue; s’il ne le peut, de son coeur; cette dernière attitude constituant le degré le plus faible de la foi ». » (Muslim – Nawawy/40 Hadiths/34). « II en est de ceux qui violent les prescriptions de DIEU et tombent dans le péché comme des gens qui tirent au sort un navire, les uns ayant pour leur lot la partie inférieure, les autres la partie supérieure. Ceux qui occupent la partie inférieure, empêchés par ceux qui ont la partie supérieure d’aller chercher de l’eau, prennent une hache et se mettent à faire un trou au fond du navire : Que faites-vous là, leur disent les gens (de la partie supérieure) ? – Vous nous empêchez de passer et nous avons absolument besoin d’eau. Si ceux de la partie supérieure retiennent la main de ceux qui font le trou, ils les sauveront et se sauveront eux-mêmes; si, au contraire, ils les laissent faire, ils les feront périr et périront eux-mêmes ». (Boukhary 47/6/1 – 52/30/4).
[10] « Oui, DIEU et Ses Anges se penchent sur le Prophète. Ò Croyants penchez-vous sur lui, et saluez-le de salutation. Oui, ceux qui font de la peine à DIEU et à Son messager, DIEU les a maudits ici-bas, dans l’au-delà aussi, et leur a préparé un châtiment avilissant. Et ceux qui font de la peine aux croyants et aux croyantes sans qu’ils l’aient méritée, ces gens-là se chargent alors d’une calomnie et d’un péché manifeste. » (Coran 33 :56-58)
Advertisements

À propos de integritydyl

@DYLeclercq RÉPONDRE A L'ISLAMOCLASTIE PAR L'IRONIE IRRESPECTUEUSE

Les commentaires sont fermés.