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Le marché du Halal est jugé trop envahissant par certains alors qu’il n’est absolument pas crédible pour les intéressés. Les identitaires invoquent sa visibilité, au même titre que les hijab/niqab, les prières de rue et autres minarets, pour pouvoir allégrement pester contre l’invasion islamique de « leur » espace public. Les consommateurs musulmans les plus stricts, contrairement aux muzz placebos qui n’en ont cure, déplorent eux la généralisation des tromperies et l’incapacité des nombreux organismes certificateurs à instituer une norme acceptable par tous[1] et à garantir efficacement tout ce qui se prétend « conforme aux normes islamiques ».
Chez les nantis de l’hémisphère nord, l’opulence, le confort et la mode ont exacerbé leurs sentiments charitables jusqu’envers les animaux de boucherie alors qu’ils méprisent les déshérités de l’hémisphère sud qui ne peuvent comme eux se permettre de faire la fine bouche. En France, à partir des années 80, les défenseurs de la cause animale ont réussi à imposer de meilleurs traitements envers les bêtes au sein des abattoirs.[2] Bien que leur argumentation ne soit pas probante, il a été décidé que les abattages dits traditionnels seraient désormais précédés d’étourdissements divers[3] et dérogatoires ceux opérés à vif par les Juifs ou les Musulmans, toutefois conditionnés à une contention appropriée des bêtes et à une habilitation professionnelle des sacrificateurs. Des pressions de plus en plus importantes sont régulièrement exercées sur les Pouvoirs Publics pour que ces étourdissements soient imposés à tous les abattages sans exception. En ce qui concerne le Casher, les autorités religieuses juives ne sont pas disposées à céder et ne seront guère inquiétées mais il n’en va pas de même pour le Halal dont les brebis galeuses se foutent pas mal de contaminer le troupeau, tant qu’elles peuvent en croquer.
Jusqu’en 1994, en ce qui concerne l’Islam, seules les Préfectures de département de l’Etat français pouvaient habiliter les sacrificateurs (sur proposition musulmane) jusqu’à ce que, par copinage, le Ministre de l’Intérieur Charles Pasqua en attribue l’exclusivité à la Grande Mosquée de Paris. En 1996, Son successeur Jean-Louis Debré a étendu la prérogative à deux autres Grandes Mosquées (d’Evry et de Lyon).[4] Les heureux bénéficiaires ont spontanément transformé ces agréments d’habilitation en autorisation de délivrer à tour de bras des labels Halal qui leurs assurent de confortables rentes en ne finançant pas (uniquement comme il se devrait) que les abattages rituels et leurs contrôles mais surtout leurs « bonnes œuvres discrétionnaires». De plus en plus régulièrement, les médias se font l’écho de supercheries au Halal, bien connues des consommateurs musulmans les plus éclairés, où ces Grasses Mosquées ont tour à tour été compromises, consciemment ou pas, sans que personne ne se préoccupe de mettre un terme à la duperie généralisée. L’Etat français, réputé laïc, qui ne se gène pas pour interférer dans le culte musulman en désignant arbitrairement comme représentants ceux qu’il considère les plus aptes à servir ses intérêts politiques ou commerciaux, se garde bien d’intervenir dans ce domaine précis pour faire cesser la publicité mensongère et les fraudes sur les qualités substantielles[5] pourtant manifestes.
Récemment, des identitaires malintentionnés ont sommé les Pouvoirs Publics français pour qu’ils fassent en sorte que les produits carnés issus d’abattages rituels soient clairement identifiés. Quel culot quand on sait que, depuis près de quarante ans et sous prétexte de laïcité, aucune action n’a été jugée recevable par les tribunaux de la République contre les escrocs qui abusent les consommateurs musulmans de France et du bled en distribuant ouvertement du faux Halal. Les Musulmans ne peuvent qu’être favorables aux étiquetages informatifs et aux labels qui certifieraient strictement le processus d’abattage utilisé. Néanmoins, pour en garantir l’authenticité, encore faudrait-il qu’ils soient délivrés par une autorité islamique incontestable et non par ces associations de contrôle autoproclamées voire fictives qui ont rendu indispensable le contrôle des contrôleurs.[6] Une toute nouvelle fédération du Halal s’annonce comme la panacée,[7] une sorte de melting-pot qui réunirait industriels, mosquées, et certificateurs, tous unis pour le vrai de vrai cette fois !!! Pourquoi pas ? A condition que toutes les sensibilités islamiques soient représentées et qu’on satisfasse les plus exigeants en proscrivant du rituel musulman tout abattage mécanisé et tout étourdissement, fussent-ils légitimés par des fatwas de complaisance.
En fait, le véritable problème c’est l’industrialisation massive des abattages, qu’ils soient rituels ou traditionnels, qui a totalement déshumanisé un acte pourtant indispensable aux carnivores que nous sommes. En acceptant les cadences imposées par la modernité, la rentabilité et le profit, les Musulmans urbains en sont malheureusement venus à omettre l’essentiel : l’aspect religieux du sacrifice. En procédant machinalement et hâtivement aux abattages, la demande de permission préalable au Créateur de supprimer une vie (que nous sommes bien incapables de susciter) est par trop souvent négligée. Il est évidemment utopique de songer à faire marche arrière mais on devrait au minimum faire en sorte, en invoquant le nom de DIEU,[8] que chaque mise à mort soit avant tout une offrande au Créateur et pas seulement le hors d’oeuvre d’un bon gueuleton. Bon appétit, quand même !

[1] Abattage non-mécanisé et absence d’étourdissement.
[2] Décret 80-791 du 1er octobre 1980 et 81-606 du 18 mai 1981.
[3] Assommage, asphyxie, électronarcose.
[4] Arrêté en date du 27 juin 1996.

[5] Loi n° 73-1193 du 27 décembre 1973 contre1a publicité mensongère et loi du 1er août 1905 sur les fraudes et falsifications en matière de produits et de services.
[6] http://www.asidcom.org/Enquete-2009-sur-la-certification.html
[7] http://www.saphirnews.com/A-l-approche-du-Ramadan-une-federation-du-halal-appelle-au-rassemblement_a14864.html?preaction=nl&id=21099768&idnl=117454&
[8] En préalable à tout abattage rituel, le Musulman doit consciencieusement invoquer : « Au nom d’ALLAH, ALLAH est le plus grand ! »
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À propos de integritydyl

@DYLeclercq RÉPONDRE A L'ISLAMOCLASTIE PAR L'IRONIE IRRESPECTUEUSE

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