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Tous les actes de dévotion sont estimables, même lorsqu’ils se cantonnent au minimum requis. L’Islam incite abondamment les Croyants à accomplir des oeuvres surérogatoires, ne serait-ce que pour compenser leurs imperfections et leurs manquements. Indubitablement, les actions spontanées et sincères seront toujours préférables à celles réalisées sous influence.
DIEU s’est engagé à récompenser au delà de leur simple valeur les bonnes actions qui LUI sont exclusivement consacrées.[1] Comme nous y engage le Prophète (ص), on ne doit reprocher à personne[2] de n’effectuer que l’indispensable parmi les recommandations islamiques.[3] D’un côté il y a les partisans du moindre effort, pour lesquels faire le minimum est plus que suffisant, et de l’autre les adeptes de l’exagération cultuelle qui ne sont pas vraiment raisonnables.[4] Comme dit l’adage, « quand on aime on ne compte pas » et l’idéal musulman consistera à en faire un peu plus que le nécessaire, ne serait-ce que pour compenser les insuffisances de pratique et les inévitables loupés.[5]
Ainsi, des Offices de Prières surérogatoires pourront être réalisés avant, après ou indépendamment de ceux qui sont obligatoires : On sait qu’il est louable d’en accomplir en guise de salutation (respectueuse) à la Mosquée ou en préparation aux Offices en commun mais également pour rendre les derniers hommages aux morts, pour solliciter DIEU avant de prendre une décision importante, pour LUI témoigner sa reconnaissance pour tel bonheur accordé ou tel malheur évité, pour solliciter de LUI la pluie ou une faveur, ou encore pour conjurer telle ou telle circonstance extraordinaire comme les éclipses. En ce qui concerne le jeûne, on peut s’y adonner en des circonstances autres que celle du mois de Ramadhan, comme c’est le cas pour les six jours du mois de Chawwal,[6] ou pour commémorer le jour de Achoura où le Peuple Hébreu est sorti d’Egypte sous l’autorité de Moïse,[7] ou encore en d’autres périodes propices de l’année comme les jours blancs du mois (pleine lune) ou le jour de Arafa qui culmine le Pèlerinage à La Mecque, mais aussi en guise d’expiation ou pour se mortifier.[8] La taxe Zakat qui pénalise la thésaurisation à raison de 2,5 % de l’épargne annuelle, ne dispense pas de faire spontanément la charité à ceux qui sollicitent valablement notre générosité.[9] Si le véritable Pèlerinage aux Lieux Saints de l’Islam doit être effectué au moins une fois au cours de son existence, par ceux qui ont les moyens physiques et financiers et durant le seul mois sacré de Zhul Hijja, les visites pieuses (Oumra) pourront quant à elles s’effectuer à n’importe quel moment de l’année. Etc.…
Sous la pression populaire, certaines traditions islamiques quoique optionnelles sont devenues pratiquement incontournables, comme le jeûne de Chawwal, les Offices de Prières facultatifs quotidiens et spécialement l’Office de Prière de Tarawih.[10] Tout le monde s’y astreint, de bonne ou de mauvaise grâce, sans doute moins spontanément que de crainte de passer pour de mauvais Musulmans, en ne se posant même pas la question si ces dévotions « forcées » ne sont pas un tant soit peu entachées d’ostentation.[11] En résumé, faut-il se contenter de peu ou en rajouter des tonnes ? Quel dilemme !

[1] «Quiconque se propose d’accomplir une bonne action et ne l’effectue pas, DIEU lui inscrit, à son actif une bonne action complète. S’il se propose de la faire et l’accomplit, DIEU lui inscrit à son compte de dix à sept cents fois sa valeur, et même plus encore. Quiconque médite une mauvaise action et ne l’accomplit pas, DIEU lui inscrit à son compte une bonne action complète. S’il la médite et l’accomplit, DIEU lui inscrira une seule mauvaise action ». (Boukhary 81/31/1 – Nawawy/40 Hadiths/37)
[2] « Je fus employé à son service en voyage et en station, ajoute Anas, et jamais le Prophète (ص) ne m’a dit : « Pourquoi as-tu fais cela ainsi? » quand j’avais fait quelque chose, ni  « Pourquoi n’as-tu pas fait cette chose ainsi ? » quand il s’agissait d’une chose que je n’avais pas faite. » (Boukhary 55/25/1 et aussi 78/39/6).
[3] « Un Bédouin, les cheveux en désordre, vint trouver l’Envoyé de DIEU (ص) et lui dit : « O Envoyé de DIEU, informe,-moi des obligations que DIEU m’impose au Sujet de la Prière. – Cinq Offices de Prière, répondit-il, mais tu peux volontairement en ajouter d’autres. – Informe-moi des obligations que DIEU m’impose au sujet du jeûne. – Le jeûne du mois de Ramadhan, mais tu peux volontairement jeûner davantage. – Indique-moi les obligations que DIEU m’impose au sujet de la Taxe Zakat ». L’Envoyé de DIEU (ص) lui indiqua ainsi toutes les prescriptions islamiques (sur le sujet) ; alors le Bédouin s’écria : « J’en jure par celui qui t’a honoré, je ne ferai rien volontairement, mais je ne diminuerai rien des obligations que DIEU m’impose. » L’Envoyé de DIEU (ص) dit alors : « Cet homme sera un bienheureux s’il est sincère – ou, suivant une variante, il entrera dans le paradis, s’il est sincère ». » (Boukhary 2/34/1 – 3/6/4 – 24/1/3- 30/1/1 – 52/26/1 – 90/3/2 )
[4] « Jeûne puis romps le jeûne ; prie puis dors. Tu as des devoirs envers tes yeux… ta personne, ta famille ».. (Boukhary 30/55 à 59)
[5] « La première chose qui sera comptée au serviteur (de DIEU) au jour de la résurrection sera ses Offices de Prières. S’ils sont complets, ils lui seront comptabilisés sinon DIEU dira aux Anges : Regardez si mon serviteur en a accompli volontairement et complétez ceux qui étaient obligatoires avec (les surérogations). » (Tirmizhy 2/188 – Nasa’y 5/9 – Ibn Majah 5/202 – Darimy 2/91- Ibn Hanbal 2/425, 4/65, 103, 5/72,377). « Oui, les bienfaits chassent les méfaits. » (Coran 11 :114)
[6] Mois qui suit immédiatement celui de Ramadhan dans le calendrier hégirien (lunaire). « Quiconque jeûne Ramadhan, puis le fait suivre de six jours de Chawwal, ce sera (compté) comme un jeûne continu (d’une année) (Mouslim 13/204)
[7] « Moïse a jeûné ce jour-là  et moi j’ai plus de droit sur Moïse que vous ». (Boukhary 30/1/2- 30/21/1- 30/47/1- 30/69/1 à 8)
[8] « Pour  éteindre les regards lascifs et dompter les désirs charnels » (Boukhary 30/10/0,1). Cas d’expiation par le jeûne (Coran 4/92 – 5/89, 95 – 58/4)
[9]  « Si vous laissez voir vos largesses, c’est bien ; c’est mieux encore, pour vous, si vous les cachez quand vous les faites aux besogneux ; et DIEU efface partie de vos méfaits. DIEU est bien informé de ce que vous faites. » (Coran 2 :271). « Et quant au mendiant, ne repousse pas ». (Coran 93 :10)
[10] Offices de Prières collectifs spécifiques aux nuits de Ramadhan, au cours desquels le Coran est amplement récité. Le Prophète (ص) délaissa cette pratique privée « par crainte de la rendre obligatoire » (Boukhary 10/80/1 – 11/29/3 – 19/5/4 – 31/1/3) et son accomplissement en commun fut finalement avalisé par le Calife Omar comme« excellente innovation » (Boukhary 31/1/2).
[11] « Celui qui prie avec ostentation est un associateur, celui qui jeune avec ostentation est un associateur, celui qui fait la charité avec ostentation est un associateur » (Ibn Hanbal 4/126)
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@DYLeclercq RÉPONDRE A L'ISLAMOCLASTIE PAR L'IRONIE IRRESPECTUEUSE

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