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D’aucuns qualifient les Musulmans d’activistes, de provocateurs, d’envahisseurs de l’espace… public, de contestataires des lois de la République, et j’en passe et des meilleures. Pourtant, vu de l’intérieur, à part de gentilles gesticulations, on ne constate rien de tout ça car, par manque de rigueur et d’opiniâtreté,[1] les moindres embryons d’initiatives islamiques sont bien souvent étouffés dans l’œuf par leurs propres géniteurs. Certes, les projets communautaires ne manquent pas mais, à moins d’être générateurs ou prometteurs d’abondants revenus, ils ne font pas longs feux, faute d’ambition, de motivation, d’obstination et surtout de coopération.
Grâces en soient rendues à DIEU, les Musulmans ne sont jamais en reste quand il s’agit d’initialiser des processus pour améliorer leurs pratiques religieuses, pour informer leurs coreligionnaires ou pour lutter contre l’adversité. Néanmoins, quand leurs réalisations reposent essentiellement sur le bénévolat, elles souffrent bien souvent d’un déficit d’envergure et finissent immanquablement par s’essouffler ou par échouer. Évidemment, les fiascos sont toujours collectifs et les échecs jamais de la faute de personne en particulier ; tout un chacun ayant une haute opinion de sa propre contribution à l’entreprise commune, l’habileté des uns consistera à reporter sur les autres la faillite de la mission dont tout le monde était pourtant solidairement et religieusement investi.
On dit communément « tout nouveau tout beau » et c’est loin d’être faux. Effectivement, quand il s’agit de se lancer dans des aventures islamiques et de créer des associations, de construire des Mosquées ou de développer des activités censées améliorer la condition des Musulmans du coin, les bonnes volontés ne viennent jamais trop à manquer, tout au moins au démarrage. Néanmoins et malheureusement, il se passe rarement des années avant que ne surviennent les inévitables premiers conflits au sein de la congrégation, relatifs à la gouvernance, au respect mutuel, à la gestion (surtout financière) ou aux orientations spécifiques. Ce sont ces désaccords, jugés insupportables pour les laissés pour compte, qui seront à l’origine des séparations « fraternelles » et qui affaibliront voire ruineront les merveilleuses aspirations de départ.
Il est déplorable que la plupart des trop fougueux « Moujahidines fissabiliLLAH »[2] finissent par se décourager et par négliger ces causes essentielles auxquelles ils promettaient pourtant de se consacrer corps et âmes. L’exaltation des premiers instants fait souvent place aux caprices de chochottes, à l’absentéisme, aux désistements et au renoncement, assurément sous d’impérieux et légitimes prétextes qui leur donnent bonne conscience et leur permettent de garder la tête haute (Occupations personnelles brusquement plus prenantes, situations familiales ou professionnelles subitement plus exigeantes, apparition soudaine d’indispensables rendez-vous et engagements de circonstances, émergence inopinée de graves problèmes de santé imaginaires, etc.).
Si on exclut les inéluctables combats d’ego entre dirigeants, ce sera finalement le bénévolat qu’on mettra en cause ici car on constate que, quand les volontaires sont rétribués ou qu’on leur fait bénéficier de certains avantages, ils sont beaucoup moins enclins à se débiner et à abandonner les navires pour un « oui » ou pour un « non ». La solution pourrait donc être de rémunérer les militants associatifs ou tout au moins de les enrôler contractuellement (en leur faisant ratifier un contrat stipulant les contreparties accordées), en prévoyant des sanctions (financières ?) en cas de rupture. En attendant, tant que rien ne sera mis en œuvre pour les dissuader de capituler prématurément, les mécontents continueront d’être démissionnaires, faute de devenir effectivement des missionnaires…

[1]«  وَإِنَّ أَحَبَّ الْعَمَلِ إِلَى اللَّهِ أَدْوَمُهُ وَإِنْ قَلَّ »« Certes, les œuvres préférables chez DIEU sont les plus durables quand bien même elles seraient modestes » (Mouslim, Abou Daoud, Nasa’y)
[2] De l’arabe : « Opérateurs dans le chemin de DIEU » dans son sens non guerrier, évidemment.
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À propos de integritydyl

@DYLeclercq RÉPONDRE A L'ISLAMOCLASTIE PAR L'IRONIE IRRESPECTUEUSE

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