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menottesEn terme de culpabilité, surtout pénale, le droit[1] distingue entre la complicité active et la complicité passive. Est réputé co-auteur celui qui collabore de manière directe à un crime ou à un délit. Est déclaré complice actif celui qui contribue indirectement aux méfaits, à l’instar des sentinelles, des receleurs ou des faux témoins. Est considéré comme complice passif celui qui est informé de méfaits et qui les « couvre » intentionnellement, que ce soit par affection ou par intérêt. On est incriminable, même islamiquement parlant,[2] à partir du moment où, sciemment, on n’intervient pas pour faire cesser des agissements délictueux, quand bien même on n’en profiterait pas directement ou on nierait l’évidence d’en être connaisseur.
En Islam, la responsabilité d’un acte répréhensible incombe surtout à celui qui le commet mais n’en dédouane jamais totalement ceux qui y participent à quelque niveau que ce soit.[3] Il est évident que certains agissements ne peuvent avoir lieu ou perdurer qu’en bénéficiant d’une logistique incitative ou complaisante, en l’occurrence d’une collaboration active ou passive. D’où l’absence de circonstances atténuantes pour ceux qui simulent délibérément la méconnaissance des conduites exécrables, minimisent les mauvais comportements ou cherchent des excuses à des exactions impardonnables voire poussent le culot à proposer leurs bons offices pour des médiations inconcevables entre les bandits et leurs victimes. L’attitude de ces diplomates approximatifs est d’autant plus incompréhensible qu’ils se prétendent croyants et probes.[4] On imagine que leur posture serait toute autre si eux-mêmes ou leurs proches devenaient victimes de telles canailles. Qui sait ce que réserve l’avenir ?
Entendons nous bien, il n’est absolument pas question ici d’encourager la délation chez ceux qui veulent se venger de je ne sais qui ou je ne sais quoi. D’ailleurs, les amateurs de diffamation et de calomnie n’ont nul besoin d’incitation car non seulement ils se dispensent de toute permission religieuse (fatwa), mais ils parcourent même des kilomètres pour s’y vouer. Donc, il ne s’agira pas ici de dénoncer les infractions à la législation française[5] ou de dévoiler les péchés et les manquements personnels[6] de ceux que d’aucuns considèrent légitimement comme leurs « ennemis », mais de mettre un terme aux nuisances graves qui sont causées à autrui par ceux qui prétendent être des « nôtres ». Pour ceux (dont je fais partie) qui aiment qu’on mette les points sur les « i », citons entre autres bandits, ceux qui se livrent au trafic de drogue, qui commettent des braquages et autres vols qualifiés, qui projettent de perpétrer des actes terroristes aveugles, qui recourent aux manipulations, au chantage et à l’intimidation, qui s’adonnent à l’escroquerie ou à l’extorsion de fonds, qui font des faux en écritures, qui se livrent à des attouchements et viols pédophiles, qui exercent des violences morales et physiques sur les dames en les harcelant et en les abusant sexuellement, qui procèdent à des « sexorcismes » (roqya) sur des femmes fragiles, etc. Comme les délits de calomnie et de diffamation ne sont constitués que lorsqu’on révèle explicitement et publiquement l’identité de bandits, si ceux-ci venaient à se reconnaître partiellement ou totalement dans cette énumération, qu’ils sachent que leurs plaintes n’auront pour effet que de les dévoiler.
A raison, les puristes opposeront qu’on ne doit pas, en principe, recourir aux lois « mécréantes » pour régler des différends entre Musulmans.[7] La question fera légitimement débat tant qu’il ne s’agira que de petites querelles de voisinages mais, à défaut de tribunaux spécifiques, les plaignants sont bien obligés de se tourner vers d’autres cours de justice pour châtier les forfaits. Ce qui est condamnable, c’est de porter devant des juridictions non-islamiques des affaires où la Charia concèderait un verdict moins favorable (par ex, pour la garde des enfants de divorcés). Et DIEU seul est Savant ! Nous L’invoquons pour qu’IL nous guide vers ce qu’IL aime et agrée !

[1] « Sera puni comme auteur le complice de l’infraction… Est complice d’un crime ou d’un délit la personne qui sciemment, par aide ou assistance, en a facilité la préparation ou la consommation. Est également complice la personne qui par don, promesse, menace, ordre, abus d’autorité ou de pouvoir aura provoqué à une infraction ou donné des instructions pour la commettre.». (Articles 121-6 et 121-7 du code pénal français).
[2] « Celui qui voit une chose répréhensible doit la redresser de la main (par la force), s’il ne le peut pas, de la langue (verbalement) et s’il ne le peut pas, du cœur (réprouver), mais c’est le moindre de la foi » (Mouslim 1/78 –Tirmizhy 31/11 – Nasa’y 47/17 – Abou Daoud 2/242, 36/17 – Ibn Majah 5/155 – Nawawy 40H/34.) « Assiste ton frère, qu’il soit oppresseur ou opprimé…  – assister un oppresseur ? – En l’empêchant de commettre une injustice. » (Boukhary 46/4/1,2 et 89/7/2).
[3] « DIEU a maudit l’alcool, celui qui le boit ou le fait boire,  celui qui le vend ou le fait vendre, celui qui le fabrique ou le fait fabriquer et celui qui le transporte ou le fait transporter. » (Abou Dawoud 25/2)
[4] « Ho, les croyants ! Allons ! debout, témoins pour Dieu avec justice ! fût-ce contre vous-mêmes ou contre père et mère ou proches parents, et qu’il s’agisse d’un riche ou d’un besogneux ; car Dieu a priorité sur les deux. Ne suivez donc pas les passions, afin d’être justes. Si vous louvoyez ou si vous devenez indifférents, alors oui, Dieu demeure bien informé de ce que vous faites. » (Coran 4 :135).
[5] Comme vivre d’expédients, travailler au noir, télécharger illégalement, frauder auprès de l’Administration fiscale ou pour profiter des aides sociales, ne pas régler ses contraventions, etc.
[6] « Celui qui cache les fautes d’un Musulman, DIEU cachera les siennes dans ce monde (au Jour de la Résurrection) et dans l’autre. »  (Ibn Majah 0/17 et 20/5 – Ibn Hanbal 4/62, 104 et 5/375).
[7]Et quiconque ne juge pas d’après ce que DIEU a fait descendre, eh bien, les voilà les mécréants… …Et quiconque ne juge pas d’après ce que DIEU a fait descendre, eh bien les voilà les prévaricateurs… …Quiconque ne juge pas d’après ce que DIEU a fait descendre, eh bien, les voilà les pervers. Et vers toi Nous avons fait descendre le Livre (le Coran) avec vérité, en tant que confirmateur du Livre qui était devant lui et en tant que son protecteur. Juge donc parmi eux d’après ce que DIEU a fait descendre, et ne suis pas leurs passions, loin de la vérité qui t’est venue… …Et que tu juges parmi eux d’après ce que DIEU a fait descendre. Et ne suis pas leurs passions. Et prends garde qu’ils ne te tentent de t’éloigner d’une partie de ce que DIEU a fait descendre vers toi.» (Coran 5 :44-50)
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@DYLeclercq RÉPONDRE A L'ISLAMOCLASTIE PAR L'IRONIE IRRESPECTUEUSE

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