Télecharger l’article en pdf ici

.

justicePour repousser la criminalité et garantir la sécurité, l’Islam encourage la bonne moralité et le civisme, sans pour autant négliger la dissuasion. L’humanisme prétendu altruiste, qui consiste à minimiser les torts des malfaiteurs sans les inciter au repentir et qui s’ingénie à culpabiliser ceux qui demandent réparation des méfaits, est non seulement inapproprié mais profondément injuste.

Pour l’Islam, toutes les agressions délibérées envers les personnes, leurs propriétés ou leur réputation[1] sont passibles de sanctions. Les lourds châtiments qu’il préconise sont autant destinés à rebuter les malfaiteurs qu’à les mettre hors d’état de nuire. C’est également pour dissuader et frapper les esprits que les sentences seront exécutées promptement et publiquement. Les inculpés, quels que soient leur statuts, ami ou ennemi, puissant ou misérable, Musulman ou pas,[2] seront jugés équitablement, sans traitement de faveur ni discrimination.[3] Les magistrats seront particulièrement précautionneux pour rendre leurs verdicts et tiendront compte non seulement des preuves et des témoignages portés à leur connaissance, à charge ou à décharge, mais surtout des circonstances atténuantes ou aggravantes.
« Textuellement » la loi juive est impitoyable, imposant implacablement le talion à tous les responsables de dommages corporels ou matériels, fussent-ils accidentels.[4]La loi chrétienne est par rapport à la Torah non seulement antithétique mais d’une énorme naïveté car, en conseillant de ménager les malfaisants, elle encourage les comportements nuisibles.[5] Cette mansuétude des utopistes n’ayant enduré aucun préjudice est d’autant plus exaspérante que rares sont les malfaiteurs à exprimer des regrets et à dédommager les victimes.[6] La Loi islamique se veut à la fois pragmatique et équilibrée en adoptant en principe la loi du talion mais en privilégiant la charité et l’indulgence.[7]
En ce qui concerne le vol, contrairement à une idée largement répandue basée sur des usages régionaux abusifs, le recours aux spectaculaires ablations de la main n’est pas systématique.[8]En effet, seuls les larcins d’une valeur conséquente sont passibles d’une telle peine et non ceux commis par nécessité, pour se nourrir par exemple.[9] Considérant qu’on ne peut ôter la vie sans raison,[10] le Coran et la Bible ont légiféré de sorte à dissuader quiconque de commettre des meurtres,[11]  Par souci de justice, seuls les proches des victimes de crimes (ces dernières étant évidemment incapables de demander réparation) seront habilités à infléchir les sentences mortelles. Il leur est loisible d’amnistier les criminels bénéficiant de circonstances atténuantes,[12] en leur pardonnant généreusement ou en exigeant d’eux une indemnisation financière autrefois appelée « prix du sang ».
Dans les pays qui se veulent « modernes », non seulement les peines infligées sont de plus en plus légères mais elles ne sont jamais purgées totalement, la bonne conduite des détenus en univers carcéral étant considérée par les « altruistes » comme une résipiscence et un gage de réinsertion. Compte tenu de la cohabitation entre malfrats et du nombre croissant de récidives, les établissements pénitentiaires s’apparentent désormais plus à des écoles de banditisme qu’à des centres de rééducation. L’Islam préfèrera donc effrayer les bandits en les menaçant de châtiments corporels plutôt qu’avec des peines d’enfermement nullement dissuasives. Le Prophète (ص)semble avoir épargné une telle promiscuité aux prisonniers de guerre en les détenant au sein même des mosquées.[13]
Un véritable Musulman sera enclin à respecter spontanément les lois qu’il estime logiques et fondées car il sait que, s’il peut abuser la police et la justice, rien n’échappe à DIEU. S’il venait à succomber à la moindre tentation, il lui serait conseillé de se ressaisir, d’en manifester du regret et de réparer au plus vite avant d’être interpellé, inculpé et condamné. Le repentir[14] était tellement poussé à l’extrême chez les Compagnons de Mohammed (ص)que, pour expier leurs fautes, certains s’obstinaient à les avouer quitte à encourir de graves châtiments.[15] Pour les leur épargner, l’Envoyé de DIEU (ص) tentait avec véhémence de dissuader les fautifs de se dénoncer car, tout aveu de culpabilité encourant des sentences irrévocables, il ne pouvait plus infléchir les décisions judiciaires, y étant lui-même astreint.[16]

[1] « « ….DIEU, qu’IL soit sans cesse béni et exalté, a déclaré sacrés votre sang, vos biens, votre honneur, sauf en cas de crime…» (Boukhary 86/9/1 – 78/43/2– 92/8/3 – 97/24/12 – 64/77/8)
[2]  « Dis : « Mon Seigneur a commandé la justice ». » (Coran 7 :29). « Ho, les croyants ! Allons ! Debout, témoins pour DIEU avec justice ! Et que la haine d’un peuple ne vous incite pas à ne pas faire l’équité. Faites l’équité : c’est plus proche de la piété. Et craignez DIEU. Oui, DIEU est bien informé de ce que vous faites. » (Coran 5 :8). « Ho, les croyants ! Allons ! Debout, témoins pour DIEU avec justice ! Fût-ce contre vous-mêmes ou contre père et mère ou proches parents, et qu’il s’agisse d’un riche ou d’un besogneux ; car DIEU a priorité sur les deux. Ne suivez donc pas les passions, afin d’être justes. Si vous louvoyez ou si vous devenez indifférents, alors oui, DIEU demeure bien informé de ce que vous faites. » (Coran 4 :135). « Oui, DIEU commande la justice, et la bienfaisance. » (Coran 16 :90) « DIEU vous commande, en vérité, de rendre aux gens leurs dépôts, et quand vous jugez entre des gens, de juger avec équité. » (Coran 4 :58)  « Et si tu juges, alors juge entre eux à la balance. Oui DIEU aime ceux qui jugent à la balance. » (Coran 5 :42)
[3] « Ceux d’antan ont péri, car ils renonçaient à punir le noble lorsqu’il volait, tandis qu’ils s’empressaient de sanctionner le misérable, s’il volait. Je jure par celui qui détient l’âme de Mohammad entre ses mains, si Fatima, fille de Mohammad, s’avérait être une voleuse, je lui couperais moi-même la main ! ». (Boukhary 60/54/11 – 62/18/2)
[4] « Tu ne jetteras aucun regard de pitié : oeil pour oeil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied » (Deutéronome 19 :21). « Si quelqu’un blesse son prochain, il lui sera fait comme il a fait : fracture pour fracture, oeil pour oeil, dent pour dent; il lui sera fait la même blessure qu’il a faite à son prochain. Celui qui tuera un animal le remplacera, mais celui qui tuera un homme sera puni de mort. » (Lévitique 24 :19-21)« Mais s’il y a un accident, tu donneras vie pour vie, oeil pour oeil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied, brûlure pour brûlure, blessure pour blessure, meurtrissure pour meurtrissure, Exode  21 :23-25 et suivants).
[5]« Vous avez appris qu’il a été dit : oeil pour oeil, et dent pour dent. Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre. Si quelqu’un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Si quelqu’un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui. Donne à celui qui te demande, et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi. Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, ».  (Matthieu 5.38-44, Epître de Jude 6 :27-30)
[6] « Ibn-`Abbâs a dit : « Le talion existait chez les Benou-Israïl, non le dédommagement. Le Coran (2 :178) a dit aux Musulmans : « Ho, les Croyants ! On vous a prescrit le talion au sujet des tués: libre pour libre, esclave pour esclave, femme pour femme Contre celui, donc, à qui son frère aura pardonné quelque chose, une poursuite au mieux de la coutume, et un dédommagement de bienfaisance ». Ce « dédommagement«  consiste, dit Ibn-`Abbâs, à accepter le prix du sang pour le meurtre intentionnel. Et ces mots « de bienfaisance » signifient qu’il doit demander une somme raisonnable et que le coupable doit payer généreusement (Boukhary 87/8/2)
[7] « Et Nous y avons prescrit pour eux : vie pour vie, oeil pour oeil, nez pour nez, oreille pour oreille, dent pour dent. Le talion aussi pour les blessures. Après, quiconque en fait charité, cela lui vaut expiation. Et quiconque ne juge pas d’après ce que DIEU a fait descendre, eh bien les voilà les prévaricateurs. ». (Coran 5 :45). « Et pour ceux qui, atteints par la rébellion, se portent secours à eux-mêmes, car un mal a pour paiement un mal, son pareil, mais quiconque pardonne et réforme, son salaire alors est à DIEU. Vraiment, IL n’aime pas les prévaricateurs ! Quant à celui qui se porte secours à lui-même après avoir été lésé…. Alors pas de voie contre ceux-là ; il n’y a de voie que contre ceux qui lèsent les gens et se rebellent sans droit sur terre : à ceux-là le châtiment douloureux. Et certes, celui qui endure et pardonne… Voilà bien là, en vérité, de la résolution dans les affaires. ». (Coran 42 :36-43)« Et si vous poursuivez, poursuivez alors selon qu’on vous a poursuivis. Si vous endurez, c’est mieux, certes, pour les endurants. » (Coran 16 :126)
[8] « Quant au voleur et à la voleuse, à tous deux coupez la main, en récompense de ce qu’ils se sont acquis, en punition de la part de DIEU. Et DIEU est Puissant, Sage ». (Coran 5 :38)
[9] « Du temps du Prophète (ص), on ne coupait pas la, main du voleur pour une chose inférieure à la valeur d’un bouclier hadjafa (bois, os et cuir) ou tors (cuir sur cuir). Et chacun d’eux devait avoir une certaine valeur … plus de 3 dirhams (environ 40-50 Euros) ». (Boukhary 86/13/1 à 11)
[10] « Et, sauf en droit, ne tuez personne que DIEU ait interdit. Quiconque est tué injustement, alors nous donnons autorité à son représentant ; – que celui-ci ne commette donc pas d’excès dans le meurtre ! – Oui, il sera secouru. » (Coran 17 :33)
[11] « Celui qui frappera un homme mortellement sera puni de mort. » (Deutéronome 19 :6,12, 21 :12, Nombres 35 :12-19et Josué 20 :3). « C’est pourquoi Nous avons prescrit sur les Enfants d’Israël que quiconque tuerait une personne, -à moins qu’en échange d’une autre ou à cause d’un désordre commis sur la terre -… rien d’autre, alors : c’est comme s’il avait tué tous les gens ensemble. Et quiconque lui fait don de la vie, c’est comme s’il faisait don de la vie à tous les gens ensemble. » (Coran 5 :32).
[12] « Un croyant qu’a-t-il à tuer un croyant, sauf par erreur ? Quiconque tue par erreur un croyant, qu’il affranchisse alors un esclave croyant, et remette à ses gens (parents) le prix du sang, sauf à eux d’en faire charité. Mais si le mort appartenait à un peuple ennemi de vous, lui-même étant croyant, qu’on affranchisse alors un esclave croyant. S’il appartenait à un peuple entre lequel et vous il y a un engagement, qu’on verse alors à ses gens le prix du sang, et qu’on affranchisse un esclave croyant. Et pour qui ne trouve pas : alors un jeûne de deux mois d’affilée, à titre de repentance devant DIEU. Et DIEU demeure savant, sage. Quiconque intentionnellement tue un croyant, sa récompense alors est la Géhenne, d’y demeurer éternellement. Et sur lui la colère de DIEU, ainsi que Sa malédiction, tandis qu’IL lui a préparé un énorme châtiment. » (Coran 4 :92-93).
[13] « Le Prophète (ص)avait envoyé un détachement de cavalerie du côté du Nedjd. Ce parti ramena un homme des Benou-Hanifa, qui s’appelait Tsomâma-ben-Otsâl et qu’on attacha à l’un des piliers de la mosquée. (Boukhary 64/70/1 et aussi 44/7/1 – 44/8/1 – 8/76/1 – 8/82/1)
[14] « DIEU est plus heureux du repentir d’un de ses adorateurs que l’un de vous ne l’est quand il retrouve son chameau alors qu’il l’a perdu dans un pays désert. » (Boukhary 80/4/2,3).
[15] « Celui qui, en ce monde, aura subi un châtiment pour ces infractions (polythéisme, vol, fornication, meurtre d’enfants, faux témoignage), ce châtiment lui servira d’expiation. Quant à celui qui aura commis une infraction que DIEU aura tenue secrète, c’est à DIEU qu’il appartiendra de le châtier s’IL le veut ou de lui pardonner s’IL LUI plaît. »  (Boukhary 93/49/1 et aussisur le fait de ne pas se vanter des fautes qu’on a commises 78/60/1,2)
[16] « Un homme des Aslam vint trouver l’Envoyé de DIEU (ص) pendant qu’il était à la mosquée s’écria en ces termes : « O Envoyé de DIEU, le dernier des derniers a commis l’adultère ». Il entendait parler de lui-même. Le Prophète (ص) se détourna, mais l’homme se porta du côté vers lequel était tournée la face du Prophète et répéta : « O Envoyé de DIEU, le dernier des derniers a commis l’adultère ». Le Prophète (ص) se détourna, mais l’homme se porta du côté vers lequel était tournée la face du Prophète (ص) et répéta ce qu’il avait déjà dit. L’homme recommença le même manège une quatrième fois. Voyant que l’homme témoignait lui-même à quatre reprises qu’il était coupable, le Prophète (ص) l’appela et lui demanda si c’était dans un moment de folie, et comme l’homme répondit : « Non », il ordonna de l’emmener et de le lapider. Cet homme était marié. » (Boukhary 68/11/2-3 – 86/22/1, 86/25/1, 86/29/1). « Vous auriez dû le laisser, peut être se serait-il repenti et Dieu lui aurait pardonné » » (Abou Daoud  37/ 23 (4257)).

À propos de integritydyl

@DYLeclercq RÉPONDRE A L'ISLAMOCLASTIE PAR L'IRONIE IRRESPECTUEUSE

Les commentaires sont fermés.