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IMAG0920La vie et la santé sont des dons de DIEU qui doivent être préservés autant que faire se peut. Il faut soulager par tous les moyens disponibles ceux qui sont touchés par la maladie en leur prodiguant remèdes et réconfort. Lorsque la mort survient, on doit faire preuve de déférence envers tous les défunts quels qu’ils soient, amis ou ennemis.
Nous disposons tous, en location de plus ou moins longue durée, d’un corps destiné à matérialiser par des actes déterminant nos pensées les plus impénétrables.[1] DIEU a sur nos enveloppes corporelles un droit de propriété inaliénable et il n’appartient qu’à Lui d’en disposer en retour,[2] en mettant un terme aux existences. Les locataires sont tenus d’en prendre soin et de les réparer à chaque fois que cela s’avère nécessaire, pour en garantir le bon fonctionnement et l’intégrité jusqu’à leur restitution contractuelle. Se suicider, s’adonner à l’euthanasie[3] ou appeler la mort de ses vœux[4] seront donc légitimement considérés comme autant d’atteintes à la propriété d’autrui. Au contraire, ceux qui respectent ce dépôt et prennent leur mal en patience verront leur peine récompensée et leurs péchés effacés.[5] Le fait de s’en remettre à Celui Qui guérit toutes les affections n’empêche nullement de consulter les meilleurs spécialistes médicaux et de se conformer aux traitements les plus efficaces : pour les maladies bénignes, on se tournera vers les médications conformes aux normes islamiques et lorsque l’état de santé le nécessite on pourra recourir à n’importe quel remède.[6]
Toutes les vies sont précieuses et tout ce qui peut les sauver est admis sans réserves par l’Islam ; en cas de nécessité impérieuse, il est licite même d’user de greffons provenant d’animaux interdits de consommation comme le porc. Autant un Musulman peut bénéficier de transfusions sanguines et de transplantations de quelque origine que ce soit, autant il est louable de sa part de donner son sang ou ses organes : les greffes effectuées du vivant du donneur volontaire (comme celles de moelle osseuse, de rein ou de peau) ou post-mortem (cœur, etc.) sont parfaitement autorisées.[7] Et ceux qui sont réfractaires à concéder physiquement de leur personne pourront toujours favoriser la guérison des malades, Musulmans ou pas,[8] en les visitant,[9] en leur apportant du réconfort et en les épaulant.
Chacun sans exception doit accomplir le grand voyage vers l’au-delà,[10] après les jours et les nuits qui lui ont été contractuellement alloués.[11] Au cours de leur périple terrestre, certains auront eu à cœur de multiplier les actes de dévotion envers leur Créateur et d’altruisme envers leurs semblables pendant que d’autres se distrayaient en plaisirs éphémères. Quand les capacités physiques et intellectuelles viennent à décliner, les Croyants convaincus ont à cœur d’intensifier la méditation et le recueillement, dans l’attente du moment où DIEU rappellera leurs âmes.[12]
La mort d’un proche est un moment pénible auquel chacun réagit à sa façon, en fonction de son tempérament et de la considération portée au défunt. La résignation est de mise et le chagrin naturel mais les lamentations sont réprouvées. Quelle que soit la personne décédée, on doit lui témoigner le plus grand respect,[13] quand bien même on ne l’appréciait pas de son vivant[14] ou il professait d’autres croyances.[15] Dans ces circonstances douloureuses, il faut manifester de la compassion aux familles endeuillées voire les assister matériellement. L’Islam, comme le Judaïsme et le Christianisme, préconise des obsèques dignes par enterrement, après un office religieux solennel auquel il est hautement recommandé de participer[16] et au cours duquel on invoque la miséricorde divine sur le disparu.[17] Les crémations, héritées des traditions bouddhiste et hindouiste, sont devenues très en vogue en Occident où on y recourt surtout par souci économique, en faisant abstraction de toute injonction religieuse et de toute déférence pour les êtres chers. Les Musulmans considèrent ces « grillades » comme des commémorations indignes et les tas de cendres qui en résultent comme des liquidations sommaires…

[1]  « DIEU laissera de côté (sans les punir) toutes les conceptions des âmes de mon peuple, tant qu’elles ne se traduiront ni en actions, ni en paroles ». (Bukhary 68/11/1).
[2] « Oui, nous sommes à DIEU ; oui, et nous retournons vers Lui. » (Coran 2 :156).
[3] « Et ne vous jetez pas de vos propres mains dans la destruction. » (Coran 2 :195). « II y avait, parmi ceux qui vous ont précédés, un homme qui avait été blessé. Ne pouvant supporter sa douleur, il prit un couteau avec lequel il s’amputa la main. Le sang alors ne cessant de couler, il mourut. DIEU dit à ce sujet : « Mon serviteur m’ayant devancé pour l’époque de sa mort, je l’ai privé du paradis. » (Boukhary 60/50/11).
[4] « Que personne de vous ne souhaite la mort quand la maladie l’atteint. S’il ne peut s’en empêcher qu’il dise alors : « ô mon DIEU, fais-moi vivre si la vie est préférable pour moi, fais-moi mourir si la mort doit m’être plus favorable ». » (Boukhary 75/19/1). « Faites le bien, cherchez le rapprochement (avec DIEU) et qu’aucun de vous ne souhaite la mort ; s’il est vertueux (sous-entendre : et a aussi une vie plus longue) il aura l’espoir de voir accroître sa récompense ; s’il a fait le mal il pourra espérer obtenir l’indulgence (sous-entendre : par la repentance). » (Boukhary 75/19/3).
[5] « Tout ce qui atteint le Musulman : épuisement, maladie, chagrin, douleur, souffrance, angoisse, même une simple piqûre d’épine lui vaut de la part de DIEU la rémission d’une partie de ses péchés. » (Boukhary 75/1/1,2). « Aucun Musulman ne sera atteint d’une piqûre d’épine ou d’un mal plus grave sans que DIEU lui efface à cause de cela ses péchés qui tomberont comme les feuilles d’un arbre. » (Boukhary 75/3/1 – 75/2/2 – 75/13/2 – 75/14/1 – 75/16/3). « Lorsque le Musulman est malade ou en voyage, il est inscrit à son compte les mêmes bonnes oeuvres qu’il avait coutume d’accomplir étant dans sa demeure, ou jouissant de sa santé. » (Boukhary 66/134/1).
[6] Celui qui est en détresse mais ni rebelle ni transgresseur, pas de péché sur lui. Oui, DIEU est pardonneur, miséricordieux ». (Coran 2 :173 et aussi 6 :145).
[7] « C’est pourquoi Nous avons prescrit sur les Enfants d’Israël que quiconque tuerait une personne, – à moins qu’en échange d’une autre ou à cause d’un désordre commis sur la terre -… rien d’autre, alors : c’est comme s’il avait tué tous les gens ensemble. Et quiconque lui fait don de la vie, c’est comme s’il faisait don de la vie à tous les gens ensemble. » (Coran 5 :32)
[8] « Un jeune Juif, qui était au service du Prophète (ص), tomba malade. Le Prophète (ص) vint le voir, s’assit au chevet de son lit et lui dit : « Embrasse l’Islam. Alors, comme le jeune homme regardait son père qui était présent, celui-ci lui dit : « Obéis à Abou-l-Qasim (surnom du Prophète (ص). Le jeune homme se fit donc Musulman ». Et, en sortant, le Prophète (ص) s’écria : « Louange à DIEU qui l’a sauvé de l’enfer ». El-Mosayyab dit que lorsque Abou-Tâlib (oncle non Musulman du Prophète (ص)) fut à l’agonie il reçut la visite du Prophète (ص). » (Boukhary 23/80/2 – 75/11/1).
[9] « Le Musulman a cinq devoirs à accomplir à l’égard d’un autre : lui rendre le salut, le visiter quand il est malade, suivre son convoi funèbre, accepter son invitation,et lui dire « que DIEU te fasse miséricorde quand il éternue ». » (Boukhary 23/2/1 – 46/5/1 – 56/171/1 – 70/1/1 – 74/28/3 –75/4/1,2 – 77/36/1 –78/124/1 – 79/8/1). « Au Jour du Jugement dernier DIEU le Très Haut dira : « ô Fils d’Adam, j’étais malade et tu ne m’a pas visité ». Il répondra : « Mon seigneur, comment aurais-je pu Vous visiter alors que Vous êtes le Seigneur de l’univers ? » Il dira : « Ne savais-tu pas que Mon serviteur tel était malade et pourtant tu ne l’a pas visité ? Ne savais-tu pas que si tu lui avais rendu visite tu m’aurais trouvé auprès de lui ? » » (Mouslim 45/43)
[10] « Toute âme goûtera la mort » (Coran 3 :185 – 21 :35). « Où que vous soyez, la mort vous atteindra, fussiez-vous dans des tours fortifiées (Coran 4 :78). « DIEU achève les âmes, lors de leur mort et, celle qui ne meurt pas, dans son sommeil. Alors IL retient celle contre qui IL a décrété la mort, tandis qu’IL relâche l’autre jusqu’à un terme dénommé. Voilà bien là des signes, vraiment, pour des gens qui réfléchissent ! (Coran 39 :42).
[11] « Pas une atteinte de malheur n’atteint, – ni en la terre ni en vous-mêmes, – que ce ne soit dans un Livre, avant même que Nous l’ayons créée, – oui, c’est facile à DIEU, afin que vous ne vous tourmentiez pas pour ce qui vous échappe, ni n’exultiez de ce qu’IL vous donne. DIEU, cependant, n’aime aucun présomptueux plein de gloriole, » (Coran 57 :22-23).
[12] « Il n’est en personne de mourir, que par la permission de DIEU, d’une prescription déterminée « (Coran 3 :145).
[13] « Le Musulman a cinq devoirs à accomplir à l’égard d’un autre : lui rendre le salut, le visiter quand il est malade, suivre son convoi funèbre, accepter son invitation,et lui dire « que DIEU te fasse miséricorde quand il éternue. » (Boukhary 23/2/1 – 46/5/1 – 56/171/1 – 70/1/1 – 74/28/3 –75/4/1,2 – 77/36/1 –78/124/1 – 79/8/1). « Lorsque l’un de vous aperçoit un convoi funèbre, il doit, s’il ne l’accompagne pas, se lever et rester debout jusqu’à ce qu’il l’ait dépassé ou que le convoi l’ait dépassé, à moins que le brancard  ne soit déposé à terre. » (Boukhary 23/47/1 – 23/48/1,2).
[14] « N’insultez jamais les morts, car ils ont d’avance envoyé (leurs œuvres). » (Boukhary 81/42/7 et 23/67/2).
[15] « Un convoi funèbre venant à passer devant nous, le Prophète (ص) se leva et nous en fîmes autant; puis nous lui fîmes observer que c’était le convoi d’un Juif. « Lorsque vous verrez un convoi funèbre (quel qu’il soit), levez-vous, » dit-il. » (Boukhary 23/50/1,2).
[16] « Quiconque assiste à un enterrement jusqu’à la fin de la prière acquiert un qirat, quiconque assiste jusqu’à la fin de la mise en terre  aura deux qirat. Comme on demandait au Prophète (ص) la valeur de ces deux qirat, il répondit qu’ils équivalaient à deux énormes montagnes. » (Boukhary 2/35/1, 23/58/1 et 23/59/1).
[17] « L’Envoyé de Dieu (ص) nous annonça la mort du Négus, le souverain des Abyssins, le jour même où elle se produisit. « Venez, nous dit-il, implorer la miséricorde divine pour votre frère ». » (Boukhary 23/61/1).

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@DYLeclercq RÉPONDRE A L'ISLAMOCLASTIE PAR L'IRONIE IRRESPECTUEUSE

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