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cfcm2Le Président du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) est  un « enfumeur » par excellence, à l’instar des apiculteurs qui enfument les ruches pour dérober en toute sécurité le miel des abeilles. La stratégie de Mohamed Moussaoui consiste à inonder la Communauté Musulmane de communiqués insipides ou provocateurs, en essayant de « noyer le poisson ». Quand il ne pleurniche pas sur les cochonneries qui touchent ses compatriotes musulmans (têtes de porcs, enveloppes jambonnées et tags racistes), il s’emploie désespérément à leur faire partager ses états d’âme et ses amourettes pour ceux qui exècrent les valeurs qu’il devrait défendre en priorité. Et, quand lui et ses alliés objectifs (RMF, GMP, UOIF) ne nous gratifient pas de petites innovations religieuses dont ils ont le secret (condamnation du niqab, prédictions ramadaniques, etc.), ils sélectionnent soigneusement les petites musiques destinées à asseoir durablement « leur culte » sur les chaises musicales[1] du CFCM.
Afin de s’assurer les meilleures places pour aller « Valser » au Ministère de l’Intérieur, les domestiques du Bureau des Cultes ont profité de leur actuelle prépondérance pour élaborer de nouvelles dispositions statutaires et électorales destinées à leur garantir une hégémonie permanente au sein du CFCM. Pour faire court, sous une apparence de collégialité et d’alternance, leurs « petits aménagements entre amis », sous les auspices du gouvernement français, permettront aux seuls compères en place aujourd’hui de se partager le gâteau.[2] Comme toujours en ce qui concerne sa gestion coloniale de l’Islam, les Pouvoirs Publics, qui détestent les surprises des urnes et les revers électoraux,[3] misent sur les vieux bourrins dociles plutôt que sur les destriers trop fougueux lesquels n’auront d’autre choix, en dehors des corrals, que de se transformer en mustangs indomptables…
Le CFCM préfère les grosses, « les Fédérations et les Mosquées qui comptent », quand bien même la Communauté Musulmane abomine leurs dirigeants qui font fi de leurs aspirations et ne pensent qu’à trôner dans les salons officiels de la République en quête de reconnaissance. Comme il est loin de ses déclarations d’intention et notamment de sa « réflexion sur la réforme du CFCM afin d’aboutir à un projet concret qui assure l’adhésion de la plus large majorité des composantes de l’islam de France et créer les conditions de confiance nécessaires à l’unité et à la fraternité des Musulmans de France».[4] De l’aveu même de Si Moussaoui, le taux de participation aux prochaines élections devrait atteindre son niveau le plus bas depuis l’instauration du processus électoral « superficiel[5] » du CFCM, car la révolte gronde. En effet, cinq Conseils Régionaux (CRCM) sur vingt deux, pratiquement un quart, se sont rebellés contre l’autorité centrale et lui contestent jusque devant les tribunaux certaines irrégularités et le droit de réviser à sa guise. Certains, comme Merzak El-Bekkay (Vice-Président de la Fédération Nationale des Musulmans de France (FNMF) et Président du CRCM Ile de France), affirment même que les jeux sont faits et qu’on dénie aux CRCM « le droit de décider du choix du bureau du CFCM puisque la composition de ce bureau est connue au préalable, avant les élections, désignée à l’avance ».
Les dernières élections du CFCM ont eu lieu en juin 2011 et les prochaines devaient normalement se tenir en juin 2014.  Néanmoins, comme par magie, suite à une réforme[6] dont Amara Bamba nous brosse brillamment le portrait,[7] elles auront lieu fin juin 2013 au grand dam des élus actuels qui voient se réduire leur mandature sans motif valable. L’anticipation des élections permettra surtout à l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) et à la Grande Mosquée de Paris (GMP), qui avaient boycotté le scrutin de 2011 parce que leur prééminence sur le CFCM était menacée, de réintégrer plus rapidement le gang.  Leurs bouderies et leurs tractations contre-nature semblent avoir porté leurs fruits et atteint le résultat escompté, puisque le Rassemblement des Musulmans de France (RMF) que préside Si Moussaoui a finalement accepté de faire ménage à trois plutôt que de se livrer à ses pratiques éhontées en solitaire dans les « backroom  officielles».
Il est logique qu’on s’acharne sur ce misérable CFCM puisqu’il est la partie émergée de l’iceberg islamique en France et que ses potentats mettent tout en œuvre pour éliminer, avec l’aide des Services de l’Etat (?), tout concurrent sérieux et toute véritable opposition. Le malaise est d’ailleurs général puisque, comme au bled, on se coltine des systèmes de gouvernance « familiaux » dépourvus de tout renouvellement pour administrer nos mosquées et nos associations islamiques. Pas de quoi s’étonner donc si les « Musulmans de base » rechignent à soutenir ces gestionnaires autoproclamés, incapables voire malhonnêtes, qui se maintiennent envers et contre tous dans leurs fonctions malgré leurs « casseroles », et refusent de se conformer à leurs décisions. Depuis plus de trente ans, génération après génération, déception après déception, la Communauté Musulmane est devenue de plus en plus indifférente aux gesticulations des « acteurs » qui président à ses destinées. A quand la relève ?

[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Chaises_musicales
[2] Il est prévu une présidence collégiale pour deux ans de la GMP, de l’UOIF et du RMF à tour de rôle, de prolonger le mandat des membres du bureau exécutif du CFCM à six ans au lieu de trois et une cooptation des acolytes à raison de 20 %.
[3] Pour preuve, le code électoral français ne prévoit aucune représentation dans la République pour certains partis, sous prétexte qu’ils sont extrêmes, quand bien même ils récoltent pratiquement 20 % des scrutins à chaque élection.
[4] Communiqué du CFCM en juin 2012 lors d’une réunion de son conseil d’administration au siège du Comité de Coordination des Musulmans Turcs de France à Bagnolet en Seine-Saint-Denis.
[5] Les élections du CFCM reposent sur les superficies des mosquées, en d’autres termes les « mètres carrés prosternables ».
[6] Un « accord-cadre » (?) pondu en décembre dernier et validé par une assemblée générale « extraordinaire » en février dernier et un  conseil d’administration non moins extraordinaire en mars dernier
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@DYLeclercq RÉPONDRE A L'ISLAMOCLASTIE PAR L'IRONIE IRRESPECTUEUSE

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