Télécharger l’article en pdf ici

.

ADIFAprès la Fédération Nationale des Musulmans de France (FNMF) – avant sa marocanisation- et le Bureau Officiel de la Ligue Islamique Mondiale à Paris (BOLIM), je viens de démissionner de l’Alliance de la Diversité Islamique en France (ADIF) avant sa naissance officielle prévue à la fin de cette année 2013 – alors que je m’étais pourtant engagé à ne pas le faire. Pour éviter de passer pour un guignol versatile, je me risquerai à expliquer comment, en l’espace de quatre réunions, de mai à août dernier, je suis passé de l’optimisme à la déconvenue et de l’adhésion à la démission.
Un délégué du Congrès de Mosquées de France (CMF)[1] est venu me solliciter l’an dernier, prétendument sur la base de ma « bonne réputation », pour élaborer une nouvelle représentation de l’Islam en France. En l’absence de garanties, notamment concernant un désengagement par rapport à la douteuse Mosquée d’Evry – où le CMF avait établi son siège – et surtout par rapport au bled chérifien, j’ai poliment décliné la proposition. Ayant ensuite été rassuré sur les motivations « idéalistes » du projet, j’ai finalement consenti à participer à l’aventure en avril dernier, en conditionnant ma participation à une fusion du CMF avec l’Union des Associations Musulmanes de Seine Saint-Denis (UAM-93) également partante, à l’élargissement du CMF aux associations et personnalités intéressantes issues de la diversité islamique en France et à la défense des principes islamiques les plus exigeants. J’ai en contrepartie rassuré sur le fait que, pour éviter toute conjecture et compte tenu de mon expatriation l’an prochain, je n’accepterai aucun poste officiel dans la nouvelle structure et me contenterai de participer à la mettre sur les rails sans contrepartie.
Pendant ces quatre mois de désormais vaine construction, divers acteurs de la Communauté islamique en France ont rejoint la structure et l’ensemble des documents administratifs (statuts, règlement intérieur, charte) a été élaboré. Cependant des défections rédhibitoires sont progressivement apparues : D’abord le syndrome de la coquille vide, en clair le manque total d’investissement des uns et des autres dans le projet où, de manière flagrante, deux « locomotives » seulement étaient opérationnelles, le reste du convoi restant quasi inerte. Ensuite, les exigences et agissements des grosses fédérations adhérentes au projet – elles-mêmes visiblement des coquilles vides – pour accaparer la structure et la mettre au service de leurs objectifs particuliers, à savoir des veto sine qua non sur certaines participations et une prééminence de leur groupement au sein de la structure. D’ailleurs, l’engagement des « grosses » n’est même pas officiel au sein de l’ADIF jusqu’à ce jour. Puis, les excès de susceptibilité de certains quant aux remarques ironiques relatives à leur inaction, à la non tenue de leurs engagements et à leur attachement maladif au bled et à leur souverain. Enfin ce furent certaines graves insinuations à mon encontre et autres attaques sous la ceinture de la part de ceux-là même qui étaient venus me chercher, allant jusqu’à la proposition marocaine de mon « élimination » de l’ADIF au bout de cinq mois, exactement comme ces sournois qui sont allés quérir Mohamed Boudiaf pour sauver l’Algérie.[2] L’écoeurement et la démission de l’autre « locomotive » m’ont déterminé à quitter définitivement le convoi funèbre. Et nous ne sommes pas les seuls à nous être ainsi démobilisés…
En résumé donc, je légitime cette nouvelle démission par l’absence de volonté voire l’incapacité des uns et des autres à contribuer au projet, à la divergence de vue sur sa finalité et surtout au défaut de sincérité et de réelle fraternité entre les différents partenaires. Bien que m’attendant au pire concernant la pérennité de l’ADIF, et souhaitant secrètement être agréablement surpris et contredit, j’y ai participé et m’y suis investi le plus loyalement et énergiquement possible, en essayant d’y rallier tous ceux qui me semblaient profitables au projet. Je tiens aujourd’hui à présenter mes excuses à ces derniers pour les avoir dérangés inutilement. Je n’ai pas à rougir de mes agissements ni l’impression d’avoir démérité car je ne dois ma disgrâce qu’à mon exigence et mes excès de franchise. En dehors des petites initiatives sans grande envergure, il faudra sans doute attendre à nouveau une bonne vingtaine d’années pour espérer voir émerger une nouvelle génération de Musulmans scrupuleux et volontaires, véritablement dépourvus de velléités patriotiques ou partisanes, qui tentera ce challenge mythique de représenter et défendre les valeurs intégrales de l’Islam en France. Mais on ne sera probablement plus là pour y participer et même pour le constater !!!

[1] Conglomérat d’opposants – essentiellement marocains – candidats malheureux aux élections du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) au profit de leurs compatriotes-adversaires du Rassemblement des Musulmans de France (RMF) et de la Fédération Nationale des Musulmans de France (FNMF).
Advertisements

À propos de integritydyl

@DYLeclercq RÉPONDRE A L'ISLAMOCLASTIE PAR L'IRONIE IRRESPECTUEUSE

Les commentaires sont fermés.