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salat« C’était mieux avant ! ». Beaucoup de Musulmans ont connu l’Islam des caves et sont même nostalgiques de cette belle époque où débuta l’islamisation de nos contrées avec, dans le rôle des vaillants pionniers, les missionnaires Tablighis,[1] les travailleurs émigrés et les étudiants étrangers. Certes, les minuscules petites salles de prières, souvent logées en sous-sols des foyers Sonacotra, n’étaient pas du luxe, voire parfois à la limite de l’insalubrité, mais étaient malgré tout autrement plus chaleureuses que ces « mosquées cathédrales » qui prolifèrent désormais dans tous les coins de l’Hexagone. Abstraction faite de quelques petits désagréments, ces modestes lieux de culte restent spirituellement plus chers à nos cœurs que les monuments sans âmes qu’on nous inflige maintenant.
Tout le monde sait bien que les Musulmans affectionnent particulièrement de prier dans les rues par tous les temps, pour occuper ostensiblement l’espace public et déchaîner les critiques islamophobes ! Plus sérieusement, on ne peut que déplorer les débordements qu’occasionne l’exiguïté des lieux de culte de fortune dans certains endroits les vendredis midis pendant deux petites heures. Ce n’est d’ailleurs qu’à des fins électoralistes[2] que ces prétendues « nuisances » ont été invoquées puisque les populations des quartiers où se tiennent les offices hebdomadaires de Joumoua (vendredi) sont en majorité musulmanes et donc tout autant indulgentes envers ces manifestations religieuses que le sont les catholiques pour les messes en plein air et les processions dominicales se tenant dans leurs secteurs.
Pour beaucoup de Musulmans, hormis chez les Turcs et les Indopakistanais qui sont sur ce plan autrement exemplaires, mettre la main à la poche pour financer un lieu de culte, au lieu d’une maison au bled, est laborieux. Pour éviter de verser leur obole, c’est donc tout naturellement qu’ils consentent à s’inféoder à tous ceux, mouvements ou états étrangers comme collectivités locales, qui leur proposent de l’aide. Mais dans ce dernier cas, les coups de pouce municipaux se font très discrètement, à coups de baux immobiliers de très longue durée (emphytéotiques), d’aides avantageuses (prêts de locaux ou monétaires) ou de subventions pour les parties culturelles des édifices religieux, puisque la loi de 1905 (de séparation de l’Eglise et de l’Etat) interdit le financement public des religions.
Mais, est-il bien raisonnable,  pour quelques dizaines de fidèles qui prennent la peine de participer quotidiennement aux prières rituelles ordinaires, de multiplier les érections de lieux de culte disproportionnés tant à l’acquisition qu’à l’entretien ? Pour pouvoir joindre les deux bouts de ces gouffres financiers, les « propriétaires » de ces établissements démesurés sont d’ailleurs contraints de continuellement harceler pécuniairement les fidèles jusque sur les tapis de prières. Et ce gigantisme est d’autant plus absurde que la fraternité islamique se révèle inversement proportionnelle aux surfaces, ayant plutôt tendance à s’amoindrir au fur et à mesure que les superficies des mosquées s’accroissent. Alors que le Prophète de l’Islam (ص) en a magnifié la pratique collective,[3] les offices sont devenus de piètres rassemblements d’orants anonymes qui ne cherchent même plus à se connaître.
Alors, à quoi servent donc principalement ces gigantesques officines à minarets qui ne sont indispensables qu’environ une centaine d’heures par an (1% de l’année !!!) pour les cérémonies solennelles du Vendredi (Joumoua) et des deux grandes fêtes (Aïd-al-Fitr et Aïd-al-Adha) ? Est-ce pour se vanter d’avoir la plus grosse, afin d’être éligible à la course aux mètres carrés « prosternables » du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) et devenir ainsi la poupée Barbie préférée du Ministre de l’Intérieur français ? Est-ce pour métamorphoser des nullards en Recteurs et Imams prétentieux qui pètent plus haut qu’ils n’ont le cul ? Est-ce pour fournir des tribunes aux hommes politiques et aux Ministres de la République à partir desquelles ils pourront tout à leur aise délivrer leurs désobligeantes leçons de laïcité, de parité et de démocratie ? Est-ce pour encourager les khoutoub al-joumoua (sermons du Vendredi) insipides et en rallonge qui feront regretter à leurs auditeurs de s’être déplacés ? Est-ce pour servir d’exutoire à ceux qui reprochent aux Musulmans de multiplier volontairement les constructions et les rites ostentatoires au lieu de rester terrés dans leurs caves ?

[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Tablighi_Jamaat
[2] Marine Le Pen, en campagne interne pour la présidence du Front National fin 2010, a qualifié les « prières de rue » « d’occupation de pans du territoire, sans blindés ni soldats mais occupation quand même » http://www.20minutes.fr/politique/637463-politique-marine-pen-denonce-les-prieres-rue-musulmans, et « d’actes politiques… fondamentalistes » http://www.lexpress.fr/actualite/politique/marine-le-pen-s-attaque-au-financement-des-mosquees_946648.html,
[3] « L’Office de prière en commun est de vingt et quelques degrés au-dessus de l’Office de prière fait chez soi ou dans sa boutique ». (Boukhary 8/87/1, 10/30/1,2, 10/31/1, 34/49/2, 65/S17/10/1).
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À propos de integritydyl

@DYLeclercq RÉPONDRE A L'ISLAMOCLASTIE PAR L'IRONIE IRRESPECTUEUSE

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