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fraternité 2Le virus du nationalisme étant universellement répandu, rares sont ceux qui remettent en questions leur sujétion à leur patrie de souche ou d’adoption. Afin que personne ne soit discriminé, l’Islam recommande de relativiser les privilèges fortuits dus à la naissance et de réduire les différences humaines.

Rien de tel que le nationalisme et le patriotisme pour favoriser les discriminations, le racisme et l’ostracisme. Afin de transcender les frontières géographiques et ethniques, le Prophète de l’Islam (ص) a substitué la nationalité idéologique (islamique, évidemment) aux « accidents de la nature » que sont la race et le lieu de naissance, dont les chauvins s’enorgueillissent. La seule distinction entre les individus repose alors non plus sur la race ou la couleur de peau mais sur l’importance donnée au Créateur.[1] L’Islam souligne qu’indépendamment de leurs capacités tous les hommes ont sur terre une égalité de chances pour se réaliser.[2] Bien que biologiquement identiques et sujets de manière analogue aux aléas de la vie, la foi avantage incontestablement les Croyants pour faire face aux difficultés.[3]
L’Envoyé de DIEU (ص) fut soucieux jusqu’à son dernier souffle du bien-être de ceux qu’il appelait respectueusement ses protégés (dhimmis).[4] Au sein du premier état islamique, à Médine, les non-Musulmans bénéficiaient non seulement de la liberté de culte mais également d’un statut juridique et de tribunaux spécifiques, constitutionnellement garantis.[5] De nos jours, aucun gouvernement au monde ne consent de telles prérogatives aux minorités religieuses. A l’instar du Prophète (ص), dans toutes les affaires temporelles la législation musulmane ne fera que des discriminations positives[6] et rendra équitablement justice à tous sans exception. Les droits et les devoirs de tous les justiciables de l’Etat musulman, même s’ils diffèrent, seront pratiquement équivalents.[7]
L’Islam prohibe toute intercession de type ecclésiastique auprès de DIEU[8] et, en dehors des Messagers de DIEU, désavoue toute hiérarchie religieuse (bonzes, rabbins, prêtres, pasteurs et autres gourous). Précisons en passant que chez les Musulmans l’usage de titres « pompeux » (imam de mosquée, cheikh, mufti, ayatollah, mollah, recteur ou hadj foulane) ne figure nulle part dans les nombreux enseignements de l’Envoyé de Dieu (ص). Ce sont au contraire l’humilité et l’égalité qui doivent découler des pratiques religieuses islamiques. Les riches et les dignitaires partagent naturellement les rangs des plus humbles au sein des mosquées pour les Offices de Prière en commun. Pour se conformer aux rites du Pèlerinage à La Mecque, les pèlerins gomment humblement leur condition sociale en s’enveloppant à l’identique dans des pagnes et des châles ordinaires. Sans en arriver à la fraternisation extrême à laquelle eut recours l’Envoyé de DIEU (ص), dans cette circonstance extraordinaire que fut l’émigration (Hijra / Hégire),[9] il sera tout à l’honneur des nantis de se rapprocher fraternellement[10] de ceux qui sont moins favorisés, en leur donnant un peu d’importance à défaut d’aide matérielle, pour l’amour de DIEU.

[1] « Et elle est de Ses signes, la création des cieux et de la terre, et la variété de vos langues et de vos teints. Voilà bien là des signes, vraiment, pour ceux qui savent.» (Coran 30 :22). « Ho les gens ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons assignés en nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez. Oui, le plus noble des vôtres, auprès de DIEU, c’est le plus pieux des vôtres. DIEU est savant, informé, vraiment. » (Coran 49 :13). « L’Arabe n’a pas de mérite sur le non-Arabe, ni celui-ci sur l’Arabe, le blanc n’a pas de mérite sur le noir, ni celui-ci sur le blanc ; sauf par la piété » (Sermon du Prophète (ص) lors du pèlerinage d’adieu, cité par le Dr. Muhammad Hamidullah dans : Le Prophète de l’Islam, § 456 et Documents sur la diplomatie musulmane à l’époque du Prophète et des Califes orthodoxes – n°287a). « Ecoutez et obéissez, même si vous avez pour chef un esclave abyssin dont la tête est pareille à un grain de raisin sec. » (Boukhary 93/4/1 – 10/54/2 – 10/56/1).
[2] « DIEU n’oblige une personne que selon sa capacité : à elle ce qu’elle a gagné, et contre elle ce qu’elle a délibérément gagné. » (Coran 2 :286 et aussi 6 :152, 7 :42, 20 :2, 22 :63).
[3]  « Et ne faiblissez pas dans la poursuite de l’ennemi : Si vous souffrez, lui aussi souffre comme vous souffrez, tandis que vous espérez de DIEU ce que lui n’espère pas. Et DIEU demeure savant, sage. » (Coran 4 :104) « Le Croyant est comme la jeune pousse d’une céréale dont le vent, de quelque côté qu’il vienne, fait pencher les feuilles par son souffle et les agite ; puis quand le vent cesse, elle reprend sa position normale. Ainsi en est-il du Croyant éprouvé par le malheur. Le mécréant est pareil au cèdre, robuste et solide, mais que DIEU déracine quand Il le veut. » (Boukhary 75/1/4 – 97/31/3).
[4] Les détracteurs de l’Islam présente ce « protectorat » comme une humiliation au lieu d’y voir un régime de faveur garantissant respect et autonomie à ses bénéficiaires. Le Prophète de l’Islam (ص) a dit : «Si quelqu’un cause des torts à un sujet non-Musulman, ou diminue son droit, ou le force à travailler au-delà de ses capacités, ou prend de lui quoi que ce soit sans son consentement, je plaiderai pour lui le Jour du Jugement dernier. » (Abou Daoud 19/33). « (Le Calife Omar) dit : … et j’adresse encore des recommandations concernant ceux qui sont sous la protection de DIEU et de son Envoyé (Dhimmis) : « il faut observer fidèlement les engagements pris envers eux, combattre pour les défendre, et ne pas leur imposer de charges au-dessus de leurs forces »» (Boukhary 56/174/1). « Ma mère vint me voir en compagnie de son père au moment de la trêve (de Hodaybiya) conclue entre les Quraychites et le Prophète (ص) . Comme elle était polythéiste, j’allais consulter le Prophète (ص) : « Envoyé de Dieu, ma mère est venue me voir tout en n’aimant pas ‘l’Islam, puis-je lui être charitable ?  – Oui, me répondit- il, sois charitable envers ta mère (non-musulmane) ! »  (Boukhary 51/23/2 – 58/18/3).
[5]  « Comment peuvent-ils te prendre pour juge – et ils ont auprès d’eux la Thora où est le jugement de Dieu ?  » (Coran 5 :43). « Que les gens de l’Evangile jugent d’après ce que Dieu y a fait descendre. » (Coran 5 :47). « A chacun de vous Nous avons assigné une voie (législation) et un chemin (une guidée).» (Coran 5 :48).
[6] « `Abderrahman-ben-Abou-Laïla a dit : « Sahl-ben-Honaïf et Qaïsben-Sa`d étaient un jour assis à El-Qâdisiyya lorsqu’un convoi funèbre vint à passer près d’eux. Comme ils s’étaient levés, on leur dit : « C’est le convoi d’un homme du pays, c’est-à-dire un protégé (dhimmi = un Juif ou un Chrétien). – Le Prophète (ص), répondirent-ils, se leva un jour devant un convoi funèbre, et, comme on lui faisait remarquer que c’était celui d’un Juif, il répliqua : « N’est-ce donc pas une âme !  » » (Boukhary 23/50/2)
[7] Les non-Musulmans ne sont pas redevables de la Taxe Zakat imposée aux seuls Musulmans et paient en contrepartie un impôt moindre (la Jizya) qui les dispense de service militaire. Les femmes ne supportant aucune charge familiale héritent moitié moins que les hommes, etc.
[8] « Ils ont pris leurs docteurs (rabbins) et leurs moines, tout comme le Christ fils de Marie, pour des Seigneurs en dehors de Dieu, alors qu’on ne leur a commandé que d’adorer un Dieu unique. Pas de Dieu que Lui ! Pureté à Lui de ce qu’ils [Lui] associent ! ». (Coran 9 :31).
[9] «Ibrahîm-ben-Sa`d rapporte, d’après son père, que son grand-père a dit : « Lorsqu’on fut arrivé à Médine, l’Envoyé de DIEU établit un lien de fraternité entre `Abderrahman ben-`Aouf et Sa`d ben-er-Rebi`. « Je suis le plus riche des Ansâr, dit alors ce dernier à`Abderrahman, prends la moitié de ma fortune. J’ai deux femmes; vois celle des deux qui te plaît, dis-moi son nom afin que je la répudie, et, lorsqu’elle aura achevé le temps de sa retraite légale, tu I’épouseras » (Boukhary 34/1/2 – 63/3/1,2 – 67/7/1).
[10] « Rien d’autre : Les Croyants sont des frères. Faites donc la paix entre vos deux frères. Et craignez DIEU. Peut-être vous ferait-on miséricorde ? » (Coran 49 :10)
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@DYLeclercq RÉPONDRE A L'ISLAMOCLASTIE PAR L'IRONIE IRRESPECTUEUSE

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