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traite negriereSi l’Islam n’a pas totalement aboli l’esclavage, il y a largement contribué en incitant aux émancipations. En attendant, il l’a considérablement humanisé, en exigeant des « maîtres » un traitement généreux.

En Occident, le mérite de l’abolition de l’esclavage ne revient pas aux enseignements judéo-chrétiens, bien au contraire,[1] mais aux Parlements modernes. Pendant plus de trois siècles, les négriers occidentaux ont enchaîné, entassé, parqué et élevé les esclaves en batterie comme des animaux et les ont fait crever à la tâche par millions.[2] La traite des Africains a été perpétrée en masse, sans pitié dans l’indifférence générale jusqu’à y compris le siècle des Lumières, sous l’œil indulgent des « civilisés ».[3] L’Islam désavoue vigoureusement ces trafics ignominieux où des Musulmans ont malheureusement trempé et qui perdurent au sein des sociétés rétrogrades.
Il est complètement anachronique de reprocher aujourd’hui à l’Islam de ne pas avoir aboli l’esclavage alors que, pour les mentalités passées, c’était faire preuve de pitié que d’asservir ses ennemis au lieu de les exécuter pendant ou à l’issue des combats. À l’époque, pour rééduquer les prisonniers de guerre, les mercenaires et autres petits malfaiteurs, et leur éviter le cachot ainsi que la proximité avec les criminels, les placements « familiaux » en esclavage constituaient un aménagement de peine appréciable. Ce qui est également indéniable, c’est que le Coran et le Prophète (ص) ont multiplié les processus d’émancipation[4] (énumérés ci-après) et humanisé cette pratique avilissante plurimillénaire ; obligation a été faite aux « maîtres » musulmans d’avoir des égards envers leurs serviteurs et même de les considérer quasiment comme des membres de leur famille.[5]
Dans l’Arabie d’il y a quatorze siècles, à l’époque où Mohammed (ص) a délivré le message divin, une libération massive des esclaves du jour au lendemain, sans ressources ni défense, aurait été totalement inconsidérée. Inéluctablement, c’eût été livrer des personnes sans défense à la misère, à la délinquance, à la prostitution et aux aigrefins sans scrupules qui les auraient à nouveau asservis. Pour éviter des conséquences aussi regrettables, le Prophète (ص) a préféré faire évoluer graduellement les mentalités et encourager les affranchissements par divers moyens pédagogiques, comme le rachat de leur liberté pour les intéressés, les expiations de fautes, la charité personnelle et étatique, le mariage, etc.[6] Entre deux maux la sagesse recommande de toujours choisir le moindre.

[1] « C’est des nations qui vous entourent que tu prendras ton esclave et ta servante qui t’appartiendront, c’est d’elles que vous achèterez l’esclave et la servante. Vous pourrez aussi en acheter des enfants des étrangers qui demeureront chez toi, et de leurs familles qu’ils engendreront dans votre pays; et ils seront votre propriété. Vous les laisserez en héritage à vos enfants après vous, comme une propriété; vous les garderez comme esclaves à perpétuité. Mais à l’égard de vos frères, les enfants d’Israël, aucun de vous ne dominera avec dureté sur son frère. » (Lévitique 25 :44-46 et aussi Deutéronome 20 : 10-15). « Si ton esclave te dit : Je ne veux pas sortir de chez toi, -parce qu’il t’aime, toi et ta maison, et qu’il se trouve bien chez toi, – alors tu prendras un poinçon et tu lui perceras l’oreille contre la porte, et il sera pour toujours ton esclave. Tu feras de même pour ta servante. » (Deutéronome 15 : 16-17). « Que chacun demeure dans l’état où il était lorsqu’il a été appelé. As-tu été appelé étant esclave, ne t’en inquiète pas; mais si tu peux devenir libre, profites-en plutôt. Car l’esclave qui a été appelé dans le Seigneur est un affranchi du Seigneur; de même, l’homme libre qui a été appelé est un esclave de Christ. » (1ère Épître aux Corinthiens 7 :20-22).
[2] « Ce n’est pas par des paroles qu’on châtie un esclave; Même s’il comprend, il n’obéit pas. » (Proverbes 29 :19)
[3] « Si j’avais à soutenir le droit que nous avons eu de rendre les nègres esclaves, voici ce que je dirais : … On ne peut se mettre dans l’esprit que Dieu, qui est un être très sage, ait mis une âme, surtout une âme bonne, dans un corps tout noir… … Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes; parce que, si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous ne som­mes pas nous-mêmes chrétiens.» (Montesquieu, De l’esprit des lois, Livre XV, Chapitre V.) http://tinyurl.com/8xwtz6b
[4] « Ne s’engagera-t-il pas dans la Montée ! Et que sais-tu de ce qu’est la Montée ? Affranchir un joug [un esclave], » (Coran 90 :10-13).  « Rien d’autre, en vérité : les recettes d’État sont pour les besogneux, et pour les pauvres, et pour ceux qui y travaillent, et pour ceux dont les coeurs sont à gagner, et pour l’affranchissement des jougs, et pour ceux qui sont lourdement endettés, et dans le sentier de DIEU, et pour l’enfant de la route. Arrêté de DIEU ! Et DIEU est savant, sage. » (Coran 9 :60).
[5] « Adorez DIEU et ne LUI donnez quelque associé que ce soit. De la bonté envers les père et mère, les proches, les orphelins, les pauvres, le voisin apparenté et le voisin étranger, le proche compagnon et l’enfant de la route (voyageur) et quiconque est esclave entre vos mains ! DIEU n’aime pas, en vérité, l’incorrigible présomptueux, plein de gloriole, » (Coran 4 :36). « Quand un domestique apporte le repas à son maître, celui-ci, s’il ne le fait pas asseoir avec lui, doit lui donner à manger une ou deux bouchées, car c’est le domestique qui a eu à supporter la chaleur (pendant la cuisson) et qui a eu la peine de préparer le mets. » (Boukhary 70/55/1 – 49/18/1). « Ce sont vos frères ces serviteurs que DIEU a placés sous votre autorité. Quiconque est maître de sou frère doit lui donner à manger de ce qu’il mange lui-même et doit l’habiller comme il s’habille lui-même. N’imposez point à vos «serviteurs ce qui est au-dessus de leurs forces, et s’il vous arrive de le faire venez-leur en aide ». » (Boukhary 2/21/1 – 49/15/1 – 7/44/7).
 [6]« Et mariez celles des vôtres qui n’ont pas de mari ; et aussi les gens de bien parmi vos esclaves hommes et vos esclaves femmes. S’ils sont besogneux, DIEU de par Sa grâce, les mettra à l’abri. DIEU, cependant, est immense, savant. Et quant à ceux qui n’ont pas de quoi se marier, qu’ils cherchent à rester chastes jusqu’à ce que DIEU, de par Sa grâce, les mette à l’abri. Et quant à ceux de vos esclaves qui cherchent contrat d’affranchissement, alors passez contrat avec eux, si vous savez du bien en eux ; et donnez-leur des biens de DIEU qu’IL vous a donnés. Et, dans votre recherche des objets de la vie présente, ne contraignez pas vos esclaves femmes à la prostitution, si elles veulent le mariage. Les contraint-on ? DIEU est alors, quand elles ont été contraintes, pardonneur, miséricordieux, vraiment ! » (Coran 24 :32-33). « Un croyant qu’a-t-il à tuer un croyant, sauf par erreur ? Quiconque tue par erreur un croyant, qu’il affranchisse alors un esclave croyant, et remette à ses gens le prix du sang, sauf à eux d’en faire charité. Mais si le mort appartenait à un peuple ennemi de vous, lui-même étant croyant, qu’on affranchisse alors un esclave croyant. S’il appartenait à un peuple entre lequel et vous il y a un engagement, qu’on verse alors à ses gens le prix du sang, et qu’on affranchisse un esclave croyant. Et pour qui ne trouve pas : alors un jeûne de deux mois d’affilée, à titre de repentante devant DIEU. Et DIEU demeure savant, sage. » (Coran 4 :92). « DIEU ne s’en prend pas à vous pour la frivolité de vos serments, mais IL s’en prend à vous pour les serments que vous contractez délibérément. L’expiation en sera de nourrir dix pauvres, de ce dont vous nourrissez normalement vos familles, ou de les habiller, ou de libérer un esclave. Et pour quiconque ne le peut, alors, trois jours de jeûne. Voilà l’expiation de vos serments lorsque vous avez juré. Mais tenez vos serments ! – Ainsi DIEU vous explique Ses signes. Peut-être serez-vous reconnaissants ? » (Coran 5 :89). « Et pour ceux qui ont comparé leurs femmes au dos de leurs mères puis reviennent à ce qu’ils avaient dit, alors, affranchissement d’un joug, avant que tous deux s’entre-touchent. C’est ce dont on vous exhorte. DIEU cependant est bien informé de ce que vous oeuvrez. » (Coran 58 :3).  « Trois personnes auront une double part de récompense : l’homme qui, possédant une femme esclave, l’instruit avec soin des devoirs de sa religion, lui donne une bonne éducation, puis l’affranchit et I’épouse, aura une double récompense; un croyant des gens des Écritures qui, ayant cru en son Prophète, croira ensuite en Mohammed, aura une double récompense; enfin l’esclave qui remplira ses devoirs envers DIEU, tout en servant fidèlement son maître, aura aussi une double récompense. » (Boukhary 56/145/1 – 49/14/1 – 49/16/2 – 56/145/1). « À celui qui affranchit un esclave musulman, DIEU affranchira de l’enfer chaque membre correspondant à celui de l’affranchi, même les parties honteuses du corps. » (Boukhary 84/6/1- 49/1/1)
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@DYLeclercq RÉPONDRE A L'ISLAMOCLASTIE PAR L'IRONIE IRRESPECTUEUSE

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