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Islamic-divorceLes époux musulmans doivent tout faire pour s’entendre mais sont autorisés à se séparer lorsque leur vie de couple devient insupportable. Décision partagée ou pas, rien ne sert de s’obstiner quand on ne peut plus se sentir. Autant s’arranger à l’amiable, tourner la page et aller voir ailleurs si l’herbe est plus tendre.

Dans la tradition biblique, le mariage est un engagement à vie, « jusqu’à ce que la mort nous sépare », et la répudiation est une violence voire un adultère.[1] Plus conciliant et réaliste en la matière, l’Islam désapprouvera fortement les divorces mais les admettra, ne serait-ce que pour mettre un terme aux relations conflictuelles.[2] Avant d’en arriver à cette pénible extrémité, le Coran recommandera aux couples en crise de tout mettre en œuvre pour s’accorder, en faisant intervenir tous ceux, parents ou amis, qui sont susceptibles de les aider à régler leurs différends.[3] Lorsque l’entente s’avère impossible, les époux tâcheront de se quitter « bons amis », en évitant de s’entredéchirer devant leur entourage et en ménageant surtout les enfants.[4]
Les divorces sont implicitement des constats d’échecs matrimoniaux qui n’honorent personne et où, contrairement aux noces, les tambours,[5] les faireparts, les cérémonies officielles et les festivités ne sont pas opportuns. Les séparations se décident évidemment assez rarement par consentement mutuel et les conjoints se retrouvent bien souvent devant les tribunaux pour régler leurs désaccords. Alors, il ne sera sans doute pas inutile de rappeler que, quelles que soient les rancœurs et quand bien même d’autres lois (Taghout ?) seraient plus favorables, les justiciables musulmans ne doivent jamais outrepasser les droits que leur confère leur foi.[6]
Divorce et répudiation étant parfois employés comme synonymes, précisons que la répudiation est la capacité unilatérale à quitter son conjoint sans fournir de motif : une simple énonciation de rupture conjugale rend effective la décision, quelles que soient les conditions dans lesquelles elle est exprimée, y compris la colère ou la bravade. Énoncée à trois reprises, elle rend la désunion définitive – en deçà elle est réversible – et une vie maritale avec l’ex-époux ne sera autorisée qu’après remariage et divorce avec un autre partenaire.[7] Les hommes disposent par défaut de cette dangereuse faculté mais l’épousée qui souhaite également en disposer peut légalement la faire explicitement mentionner dans son contrat de mariage,[8] à ses risques et périls…
La loi islamique nommera « divorces » les séparations plus formelles faisant appel à des accords bilatéraux ou à des jugements. Par exemple, une  femme pourra « racheter sa liberté »[9] en dédommageant son époux si celui-ci exige le remboursement des débours occasionnés par son union ratée. Par ailleurs, au nombre des compétences des Tribunaux Islamiques figure l’examen des plaintes à l’encontre de ceux qui n’assurent pas leurs obligations matrimoniales. Les cadis (juges) sont fondés à sanctionner les fautifs voire à dissoudre les mariages pour absence d’entretien de la maisonnée, disparition anormale et prolongée, apostasie, maladie contagieuse ou invalidante et même insuffisance sexuelle. On est loin de l’arbitraire machiste généralement attribué à l’Islam !

[1] «Je hais la répudiation, dit le Seigneur, le Dieu d’Israël, c’est se rendre coupable de violence. ». (Malachie 2:16). « Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a uni… …Si quelqu’un répudie sa femme – sauf en cas d’union illégale – et en épouse une autre, il est adultère.» (Matthieu 19:6 et 9).
[2] « Le plus détestable du licite pour DIEU est la répudiation. » (Abou Dawoud 13/3).
[3] « Si dans un couple vous craignez la séparation, convoquez alors un arbitre dans sa famille à lui, et un arbitre dans sa famille à elle. Si le couple veut la réconciliation, DIEU rétablira l’entente entre eux deux. DIEU demeure savant, bien informé, vraiment. » (Coran 4 :35).
[4] « Et si une femme craint de son mari infidélité ou indifférence, alors on ne leur fera pas grief qu’ils se réconcilient, – et la réconciliation est meilleure, car les âmes sont portées à l’avidité. Et si vous agissez en bien et vous comportez en piété, alors, oui, DIEU demeure informé de ce que vous faites. Or vous ne serez jamais capables de faire l’égalité entre les femmes, quand bien même vous en seriez avides. Ne déviez donc pas d’un si complet dévoiement que vous en laissiez une comme en suspens. Mais si vous vous réconciliez et vous comportez en piété, alors oui DIEU demeure pardonneur, miséricordieux. Si les deux (époux) se séparent, DIEU, de par Sa largesse, mettra chacun à l’abri, et DIEU demeure immense, sage. » (Coran 4 :128-130).
[5] « La distinction entre le licite et l’illicite c’est le son du tambour dans le mariage. » (Nasa’y 26/72).
[6] «Et quiconque ne juge pas d’après ce que DIEU a fait descendre, eh bien, les voilà les mécréants… …Et quiconque ne juge pas d’après ce que DIEU a fait descendre, eh bien les voilà les prévaricateurs… …Quiconque ne juge pas d’après ce que DIEU a fait descendre, eh bien, les voilà les pervers… …Qu’y a-t-il de meilleur que DIEU, en matière de jugement, pour le peuple qui croit avec certitude ? » (Coran 5 :44-50). « Et ce n’est pas à un Croyant ou à une Croyante quand DIEU décide d’une affaire, et aussi Son Envoyé, de se donner le choix sur leur affaire. Et quiconque désobéit à DIEU et à Son Messager, s’égare alors, certes, d’un égarement manifeste. » (Coran 33 :36) et aussi 4 :64,  9 :71).
[7] « …Quant à elles, elles ont des droits équivalents à leurs obligations, conformément au bon usage. Mais les hommes ont le pas sur elles (« l’époux et l’épouse ont des droits et devoirs identiques sauf en matière de divorce où le mari a une préséance », commente le Docteur Muhammad Hamidullah). Et DIEU est puissant, sage. On peut divorcer jusqu’à deux fois. Alors, ou c’est la reprise conformément au bon usage, ou un renvoi avec bonté. Et il ne vous est pas permis de reprendre quoi que ce soit de ce que vous leur aviez donné, —à moins que tous deux ne craignent de ne point garder les bornes de DIEU. Si donc vous craignez que tous deux ne puissent garder les bornes de DIEU, alors on ne leur fera pas grief de ce avec quoi la femme se rachète. Voilà les bornes de DIEU. Ne les transgressez donc pas. Et quiconque transgresse les bornes de DIEU… c’est eux qui sont les prévaricateurs. S’il divorce d’avec elle, alors elle ne lui est plus permise tant qu’elle n’a pas épousé un autre. Et si l’autre divorce d’avec elle, alors on ne leur fera pas grief à tous deux de se reprendre, pourvu qu’ils pensent pouvoir tous deux garder les bornes de DIEU. Voilà les bornes de DIEU, Qu’IL expose à un peuple qui comprend. »  (Coran 2 :228-230).
[8] « L’homme a le droit de divorcer ; la femme peut, elle aussi, obtenir ce droit de par son contrat de mariage. » (Dr. Muhammad Hamidullah – Initiation à l’Islam – § 405).
[9] « Si donc vous craignez que tous deux ne puissent garder les bornes de DIEU, alors on ne leur fera pas grief de ce avec quoi la femme se rachète. » (Coran 2 :229).
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@DYLeclercq RÉPONDRE A L'ISLAMOCLASTIE PAR L'IRONIE IRRESPECTUEUSE

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