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likeLa conception de l’honnêteté et de l’intégrité est fort différente chez ceux qui prétendent servir l’Islam. Pour devenir célèbres ou tout simplement pour se goinfrer, d’aucuns plagient sans scrupules les travaux des autres et se les attribuent en en modifiant sommairement les contenus. Néanmoins, à décharge, pour favoriser la diffusion d’œuvres surprotégées sans rechercher de profit personnel, il sera à la rigueur possible de passer outre les exigences injustifiées voire mercantiles des légataires des grands auteurs.

Respecter les engagements des auteurs. Les écrivains donnent généralement des consignes claires, à l’oral ou par écrit, en ce qui concerne la diffusion de leurs œuvres et les bénéficiaires des droits d’auteur. Même lorsqu’ils ne demandent rien en retour, les auteurs peuvent être liés par contrat avec ceux qui ont financé leurs travaux lesquels ont ainsi acquis des droits d’exploitation inaliénables. Naturellement, les termes de ces accords doivent être formellement respectés par tous, aussi bien du vivant des contractants qu’à titre posthume, sauf quand les œuvres sont menacées de disparition parce que les ayant-droits n’en assurent pas la promotion.
Publier, voire pirater avec l’accord manifeste de l’auteur. Afin de ne pas contrarier un vieil éditeur de ses amis, qui pensait détenir les droits exclusifs de son livre « Initiation à l’Islam », le Professeur Muhammad Hamidullah[1] permit aux Étudiants de la Mosquée d’Alger de le rééditer « sous le manteau » en leur communiquant même ses mises à jour. Après avoir renégocié la clause d’exclusivité avec « le Club Français du Livre », éditeur initial de sa traduction du « Saint Coran », le Docteur Hamidullah autorisa une association islamique à la republier à l’étranger. Pour l’anecdote, quelques années plus tard, alors même qu’il avait donné son assentiment à la Société Al-Rajhi pour rééditer la dite traduction aux USA à fin de diffusion gratuite (waqf) dans les pays francophones, la dite association menaça de poursuites le mécène en se prétendant détentrice exclusive des droits.
Ne modifier le contenu d’une œuvre qu’avec l’assentiment de l’auteur.  Dans la fable de La Fontaine qui les met en scène,[2] personne ne songerait à faire descendre le corbeau de son arbre ou à forcer le renard à y grimper, ni même à rectifier leurs propos (« perché sur un arbre » au lieu de « sur un arbre perché », « alléché par l’odeur » au lieu de « par l’odeur alléché »). Alors, même quand un écrivain se trompe ou se fourvoie, si son style voire son orthographe sont improbables, par honnêteté intellectuelle on ne retouche pas son texte (à son insu et à son détriment) en y substituant en douce sa propre version. Rédiger un ouvrage de réfutation voire un « remake » sera une démarche plus loyale ou, à la rigueur, faire figurer des notes explicatives/correctives bien distinctes (entre parenthèses ou dans la marge) dans le texte original.
Bannir les « copier-coller » avec remplacement d’un mot sur dix pour faire croire à de l’inédit. Les « manutentionnaires » du Complexe du Roi Fahd de Riyad en Arabie ont honteusement plagié la traduction du « Saint Coran » du Professeur Muhammad Hamidullah ; en fait, ils n’ont fait qu’inverser les phrases et remplacer méticuleusement « DIEU » par « ALLAH », en prenant soin de faire scrupuleusement disparaître la totalité des indispensables notes explicatives de ce grand érudit parce que certaines d’entre-elles déplaisaient à leurs « savants ». Quand bien même il est suivi d’une distribution gratuite de grande envergure, le procédé reste critiquable car il s’agit là non seulement d’une indéniable violation de la propriété intellectuelle mais d’un irrespect total de l’auteur et de son œuvre.
Ne pas s’attribuer illégalement ce qui ne nous appartient pas. Certains éditeurs indélicats, en mal de profit et partisans du moindre effort, écument « Internet » à la recherche d’ouvrages appréciés par le public pour se les approprier sans vergogne. Ils les contrefont partiellement et grossièrement, en escomptant que leurs propriétaires ne s’apercevront de rien et ne les traduiront pas en justice pour plagiat. Néanmoins, ils n’hésitent pas à menacer tous ceux qui s’avisent de faire de même avec leurs productions voire ce qu’ils se sont indûment arrogés.
Ne pas faire du business à tous prix avec l’Islam. Propager sa religion est louable surtout quand on le fait gracieusement. Malheureusement, dans beaucoup de domaines comme la culture, l’alimentation, l’habillement, l’information et même l’exercice du culte, la religion est devenue un créneau commercial comme un autre permettant aux « industriels » de se remplir les poches à bon compte, en s’auréolant de piété ostentatoire. Mauvais plan car, comme le stipule l’Envoyé de DIEU (ص), les actes ne valent que par les intentions qui les motivent[3]

[1] Éminent historien, chercheur et savant musulman (1909-2002), (رحمة الله علبه) originaire du Hyderâbâd (Sultanat annexé par l’Inde en 1947). Dignitaire en exil, le Docteur Hamidullah résida cinquante ans en France, conservant volontairement son statut de réfugié politique. Auteur d’une considérable littérature islamique polyglotte, originale et influente, il en fut l’ardent praticien.
[2] http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Corbeau_et_le_Renard
[3] « Les actes ne valent que par les intentions ; Il ne sera tenu compte à chaque homme que de ses intentions. Pour celui qui a émigré en vue de DIEU et de Son Envoyé, son émigration lui sera comptée pour DIEU et Son Envoyé. Quant à celui qui aura émigré en vue de biens terrestres, ou afin de trouver une femme à épouser, l’émigration ne comptera que pour le but qui aura déterminé son voyage. » (Boukhary 2/41/1 – 1/1/1 – 49/6/2 – 67/5/1). « Un homme vint trouver le Prophète (ص) et lui dit : « Il y a des hommes qui combattent pour le butin, d’autres pour la gloire, d’autres par ostentation. Mais quel est celui qui se trouve dans la voie de DIEU ? » Le Prophète (ص) répondit : « Celui qui combat pour que la parole de DIEU soit au-dessus de tout, celui-là est dans la voie de DIEU ». » (Boukhary 56/15/1). « Celui qui prie avec ostentation est un associateur[3], celui qui jeûne avec ostentation est un associateur, celui qui fait la charité avec ostentation est un associateur » (Musnad d’Ibn Hanbal 4/126)
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@DYLeclercq RÉPONDRE A L'ISLAMOCLASTIE PAR L'IRONIE IRRESPECTUEUSE

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