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paletteÀ condition de ne pas contrevenir aux préceptes islamiques et de ne pas être excessif, la religion n’empêche pas de s’exprimer et de se divertir. Toutefois la liberté d’expression a ses limites et les artistes, quels que soient leurs talents, n’ont pas plus de droit à l’irrespect et à l’immoralité que le commun des mortels.

En Islam tout ce qui n’est pas explicitement interdit est implicitement autorisé. Les artistes peuvent donc donner libre court à leur inspiration, en se gardant cependant de toute provocation, grossièreté, obscénité et immoralité. Il leur est loisible de s’exprimer dans de nombreuses disciplines, et cela quand bien même ce serait sous les formes les plus grotesques et les plus pitoyables. Petite restriction, légitime pour un culte qui se veut monothéiste et iconoclaste, les représentations figurées sont nettement désapprouvées en particulier pour les statues et autres icônes qui furent bien souvent à l’origine de dérives idolâtres conscientes ou pas.[1] Si la photo, le cinéma et la vidéo, utilisés correctement pour informer, agrémenter voire distraire, échapperont à une stricte prohibition, leurs déclinaisons vicieuses, érotiques voire pornographiques, faisant l’apologie de la violence, de la fripouillerie et du culte de la personnalité resteront condamnables.
Si la poésie et la musique incitant à l’immoralité sont condamnées sans appel,[2] leurs autres formes sont l’objet de controverses parmi ceux qui ont fait ou font autorité au sein de la Communauté Islamique.[3] À l’inverse d’une interprétation approximative d’un verset coranique,[4] le philosophe musulman Avicenne et les disciples de Faghrabi ont souligné les propriétés tranquillisantes et bénéfiques de la musique. Les grands esprits ne furent-ils pas souvent des mélomanes proclamés, et établissements hospitaliers comme élevages de poulets ou de bovins n’usent-ils pas de musiques d’ambiance pour remonter le moral de leurs pensionnaires ou augmenter la productivité ? Dans un autre domaine, l’humour a aussi ses partisans et ses détracteurs, selon que la dérision est aux dépens des guignols que nous côtoyons ou qu’elle ridiculise intolérablement la religion.
Sont évidemment désapprouvées les distractions susceptibles de corrompre la bonne moralité des Croyants[5] ou contribuant à les détourner de leurs obligations religieuses. À titre d’illustration, le visionnage en direct de matches de football (même patriotiques) et de séries télévisées, qui incitent à différer l’accomplissement des Offices de prières, seront aussi dans le collimateur.[6] En bref, l’essentiel c’est de ne jamais négliger DIEU et de toujours garder à l’esprit les réalités eschatologiques, de sorte à Lui plaire et en aucun cas encourir Son mécontentement sous quelque forme que ce soit.
[1]  « Orwa-ben-Ez-Zobair rapporte, d’après `Aïcha, que Omm Habîba et Omm-Salama parlèrent d’une église qu’elles avaient vue en Abyssinie et dans laquelle il y avait des peintures. Comme elles racontaient cela au Prophète (ص) celui-ci dit : « Ces gens-là, lorsqu’un de leurs personnages pieux vient à mourir, construisent une église sur sa tombe et décorent cette église de ces sortes de peintures. Ces gens-là seront les pires des êtres aux yeux de DIEU le jour de la Résurrection ». » (Boukhary 63/37/2 – 8/48/1 – 8/54/1 – 8/55/2 – 23/71/1). « D’après Ibn-`Abbâs, lorsque le Prophète (ص) vit les figures dans le Temple (la Ka’ba), il n’y entra pas avant qu’on n’eût exécuté son ordre de les effacer. En voyant la figure d’Abraham et celle d’Ismaël, ayant entre leurs mains les flèches augurales, il s’écria « DIEU les maudisse (les peintres) ! Par DIEU, ces deux personnages n’ont jamais tiré d’augures au moyen de flèches ». » (Boukhary 60/8/3 et 4). « Abou-Zor`a a dit : « Comme j’entrais dans une maison à Médine, accompagné de Abou-Horeira, celui-ci vit au sommet de la maison un peintre qui peignait : « J’ai entendu, dit-il, l’Envoyé de DIEU (ص) prononcer ces mots (venant de DIEU) : « Et qui donc est plus criminel que ceux qui ont à dessein de créer des êtres pareils à ceux que j’ai créés ! Qu’ils essaient donc de créer un grain de blé ! Qu’ils essaient de créer une fourmi !  » » (Boukhary 77/90/2). « Mouslim a dit : « Comme nous étions avec Masrouq dans maison de Yasar-ben-Nomaïr, Masrouq vit sur sa banquette des dessins ; or j’ai entendu ‘Abdallah dire qu’il avait entendu lui-même ces mots du Prophète (ص) : « Au jour de la Résurrection les hommes qui éprouveront de la part de DIEU les plus terribles châtiments seront les fabricants de figures (peintres, sculpteurs, dessinateurs et autres) « . » (Boukhary 77/89/1). « …- Les auteurs de ces images, s’écria l’Envoyé de DIEU (ص), seront châtiés au jour de la Résurrection. On leur dira : Donnez la vie à ces êtres que vous «avez créés ». Ensuite il ajouta : « La maison où se trouvent des images, les Anges n’y entrent jamais ». » (Boukhary 67/76/1 – 77/89/2 – 77/91/1 – 77/95/1 et aussi 77/88/1 – 77/92/1,2 – 77/94/1 – 59/7/2,3,4). « Said-ben-Abou-‘l-Hassan a dit : « J’étais auprès d’Ibn Abbas quand un homme vint le trouver : « Ô`Abba’s, dit cette personne, je suis un homme qui n’a d’autre ressource pour vivre que le travail de mes mains ; je fabrique ces images. — Je ne te donnerai d’autre tradition, répondit Ibn Abbas, que celle que j’ai entendue moi-même de l’Envoyé de DIEU (ص). Or, je l’ai entendu dire : « Celui qui représente une figure, DIEU le torturera jusqu’à ce qu’il ait insufflé une âme à cette figure ; or il sera à jamais incapable de la lui insuffler ». Vivement atterré par cette réponse, l’homme pâlit. Alors Ibn Abbâs lui dit : « Malheureux ! Si tu ne cesses pas ton métier, tu dois plutôt choisir (pour tes dessins) ces arbres et toute chose qui n’aura pas d’âme ». » (Boukhary 34/104/1).
[2] « Et quant aux poètes, les errants les suivent. Ne vois-tu pas qu’ils divaguent, oui, dans chaque vallée, et qu’en vérité ils disent ce qu’ils ne font pas ? À part ceux qui croient et font œuvres bonnes et se rappellent Dieu beaucoup, et qui se portent secours à eux-mêmes quand on leur a manqué… » (Coran 26 :224-227 ). « Tel, parmi les gens, achète le passe-temps du conte, en sorte qu’à son insu il égare du sentier de DIEU que cependant il prend en moquerie. À ceux-là le châtiment avilissant ! » (Coran 31 :6). ).  « Ibn Abbas rapporte qu’un bédouin vint au Prophète (ص) et lui déclama un texte. L’Envoyé de DIEU dit : « Il y a une magie dans le discours et une sagesse dans la poésie ». » (Abou Dawoud 40/87 – Boukhary 67/48/1).
[3] « Anas-ben-Mâlik a dit : « Comme l’Envoyé de DIEU (ص) était en expédition ayant avec lui un domestique nègre nommé Andjacha, qui chantait une chanson de marche ». » (Boukhary 78/95/3). « `Orwa rapporte que `Aïcha, ayant conduit une nouvelle mariée à son mari, qui était un homme des Ansâr (Médinois), le Prophète (ص) lui dit : « O `Aïcha, vous n’avez fait aucun divertissement ; or les Ansâr aiment les divertissements ». » (Boukhary 67/63/1).  « `Orwa rapporte, d’après `Aicha, qu’Abou Bakr entra chez elle durant les fêtes de Mina et y trouva deux jeunes filles qui chantaient en jouant du tambour pendant que le Prophète (ص) était là, la tête enveloppée dans sa pièce d’étoffe. Abou Bakr alla faire taire ces deux femmes quand le Prophète (ص), découvrant son visage, s’écria : « Laisse-les, Abou Bakr ; ces jours-ci sont jours de fêtes, (il s’agissait des jours de la fête du pèlerinage à Mina) ». Aïcha ajouta : « J’ai vu le Prophète (ص) me cacher (derrière lui) pendant que je regardais les Abyssins se livrer à leurs joute dans la mosquée. Et, comme `Omar voulait les chasser, le Prophète (ص) lui dit : « Laisse-les tranquilles (puis se tournant vers les joueurs, il dit) : en toute tranquillité, ô Banou-Arfida (ou Banou-Arfada), voulant dire : « Continue en toute sécurité ». » (Boukhary 61/15/1). « Aïcha a dit : « L’Envoyé de DIEU (ص) entra chez moi pendant que deux jeunes filles chantaient des chansons sur la guerre de Boats. Il s’étendit sur le lit en nous tournant le dos. Sur ces entrefaites arriva Abou Bakr qui me gronda durement, en s’écriant : « Comment, la flûte de Satan auprès de l’Envoyé de DIEU ! »  Alors le Prophète (ص), se tournant vers lui, lui dit : « Laisse-les ». Puis, pendant qu’il n’y prenait pas garde, je fis signe aux deux jeunes filles qui sortirent. C’était un jour de fête, et les nègres exécutaient leurs jeux avec le daraqa et la lance. L’Envoyé de DIEU (ص), soit que je lui eusse demandé, soit que de son propre mouvement il m’eût dit : « Veux-tu les voir, et que je lui eusse répondu : « Oui ». II me fit placer debout derrière lui, ma joue frôlant la sienne ; puis il dit : « Allez, fils d’Arfida ». Puis, quand j’en eus assez (de ce spectacle), il ajouta : Cela te suffit ? — Oui, lui répondis-je. — Eh bien ! Va-t-en » me dit-il. » (Boukhary 56/81/1- 67/82/2 – 67/114/1 – 63/46/8 – 13/2/1 – 13/3/2 – 13/25/1 – 8/69/1). « Khalid-ben-Dzekouan rapporte que Er-Robayyi`-bent-Moa’wwid-ben-`Afrà a dit : « Le Prophète (ص) vint et entra lors de la célébration de son mariage. Il s’assit sur mon lit comme tu es assis par rapport à moi maintenant. De jeunes filles à nous se mirent à jouer du tambourin et à chanter les mérites de ceux de mes parents (père et oncle) qui étaient morts le jour de Badr. Tout à coup l’une d’elles prononça ces mots : « Et parmi nous il y avait un Prophète qui savait ce qui aurait lieu demain. — Laisse ces propos, dit le Prophète, et contente-toi de ce que tu avais l’habitude de dire ». » (Boukhary 67/49/1 – 64/12/6). « Anas a dit : « Le Prophète (ص) vint à Médine… Il ordonna de bâtir la mosquée … Puis on commença à apporter des pierres en chantant, le Prophète se joignant aux autres et disant : « O mon «DIEU, il n’y a d’autre bien que celui de l’autre monde. Pardonne aux Ansâr (Médinois) et aux Mohàdjir (Emigrés) « . » (Boukhary 8/48/2). « Ô ’Aïcha, vous n’avez fait aucun divertissement ; or les Ansars aiment les divertissements. » (Boukhary 67/63/1)
[4] « Tel, parmi les gens, achète le passe-temps du conte, en sorte qu’à son insu il égare du sentier de Dieu que cependant il prend en moquerie. » (Coran 31 :6)
[5] Comme de se rendre dans des lieux de débauche pour écouter de la musique déjantée en mauvaise compagnie.
[6] « Des gens que négoce ni troc ne distraient du souvenir de Dieu et de l’établissement de l’Office…. » (Coran 24 :37) « Ho, les croyants ! Que ni vos biens ni vos enfants ne vous distraient du rappel de Dieu. Et quiconque le fait… alors, ceux-là, certes, seront les perdants. » (Coran 63 :9). « Et quiconque s’aveugle (et s’écarte) du rappel du Tout Miséricordieux, Nous lui désignons un diable qui devient son compagnon inséparable. (Coran 43 :36).
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@DYLeclercq RÉPONDRE A L'ISLAMOCLASTIE PAR L'IRONIE IRRESPECTUEUSE

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