Télécharger l’article en pdf ici

.
mamellesAvec un titre pareil on pourrait craindre le pire, mais non, cet article sera aussi sérieux qu’une paire de saints pour un soufi. « Labourage et pâturage sont les deux mamelles dont la France est alimentée, les vraies mines et trésors du Pérou ». Pour paraphraser cette célèbre expression du ministre Sully,[1] datant d’un demi-millénaire et destinée à encourager l’agriculture, on pourrait dire aujourd’hui que le Hijab et le Halal sont les deux mamelles de la France contemporaine. Et ce serait tout à fait opportun puisque les supporters et les détracteurs de ces deux fleurons incontournables de la doctrine islamique, relatifs aux attributs vestimentaires et à l’alimentation, s’affrontent sur ces questions considérées comme « vitales » depuis près de trente ans.
Comme les principales et quasi exclusives revendications musulmanes tournent autour du voile féminin[2] et des interdits alimentaires,[3] et que tout le reste semble accessoire et négociable, pourquoi ne pas satisfaire ces « fixations » une fois pour toutes et qu’on n’en parle plus ? Partout ailleurs – et pas seulement dans le monde musulman – la paix sociale n’est-elle pas préservée par des compromis sur ces sujets sans qu’il soit pour autant question de péril islamique ou d’instaurer la Charia ? L’orgueil qui consiste à bomber le torse et à considérer que les concessions aux minorités sont des atteintes à la laïcité et à l’identité nationale voire des capitulations est d’une stupidité consternante.
La pire des solutions, au sein des nations irrémédiablement multiculturelles, consiste à vouloir à tout prix faire triompher sa propre interprétation de la liberté d’expression, de la tolérance et du « vivre-ensemble » en méprisant l’avis des autres. Il est évident et logique que tant que des lois arbitraires et contraignantes seront administrées aux Musulmans comme autant de fessées, pour les réduire au lieu de les séduire, ces derniers demeureront rétifs et frondeurs. Au contraire, le fait de leur concéder gentiment quelques libéralités dans les domaines précités, en les troquant contre de la déférence, de la loyauté et de la solidarité envers la nation, témoignerait d’une toute autre aménité envers des citoyens « différents » et d’une trop rare intelligence politique.
On peut toujours rêver car la politique fiction ne va pas de pair avec les réalités, la démagogie et la petite cuisine électorale. Lorsque 80% du petit peuple français avoue ouvertement détester l’Islam et tout ce qui s’y rapporte, les Musulmans doivent traduire que non seulement quatre personnes sur cinq qu’ils côtoient les ont dans le collimateur mais que les accrocs aux suffrages et au pouvoir ne leur feront pas de cadeaux, tout cela au propre et au figuré… Et le pire, c’est que tous ces minables, au lieu d’assumer fièrement leurs préférences voire leurs tares, font mine de ne pas se reconnaitre ou s’offusquent comme des vierges effarouchées de se voir ainsi découverts !
Ce n’est pas parce que les Musulmans souhaitent qu’on les prenne pour des gens bons qu’on doit les prendre pour des jambons. Leur manque d’organisation et leurs divisions, qui nuisent à toute tentative de lobbying communautaire, ne devraient en aucun cas rassurer les élus et leurs challengers sur l’innocuité de leurs votes. Mais pour cela, il ne suffit pas d’être inscrits sur les listes électorales ou de voter blanc, comme le préconisent les mollusques. Il faut des visées voire des ambitions électorales et des consignes de vote claires pour combattre loyalement, mais sans complexes et sans merci, les ennemis idéologiques de nos convictions.
Il ne suffit donc pas de courir après deux mamelles (le Hijab et le Halal) mais il faut avoir de ce que je pense où je pense – c’est-à-dire, pour préciser et éviter toute confusion, de la cervelle dans la tête. Il faut rassembler sur les idées partagées par la plupart d’entre nous et sur les cibles électorales à dégommer en raison de leur animosité envers notre foi, en faisant abstraction des divergences secondaires, qu’elles soient ethniques ou dogmatiques. L’essentiel est d’éviter le pire en anticipant et en empêchant les mesures susceptibles d’être prises à notre encontre (lois anti-voiles prévisibles pour les nounous et lors des accompagnements scolaires). L’anticipation aurait sûrement permis d’éviter des lois iniques comme celles qui ont fait proscrire le Hijab (foulard) au sein des écoles publiques et le Niqab (voile intégral) dans l’espace public. Alors faute de refaire l’histoire, sécurisons l’avenir !
[1] Principal ministre d’Henry IV (1559-1641).
[2] « Ho, le Prophète ! Dis à tes épouses, et à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles : elles en seront plus vite reconnues et exemptes de peine. Et DIEU reste pardonneur, miséricordieux. » (Coran 33 :59 et aussi 24 :31).
[3]  « – Vous sont interdits la bête morte, le sang, la chair de porc, et ce sur quoi on a invoqué quoi que ce soit d’autre que DIEU, et la bête étouffée, et la bête assommée ou morte d’une chute ou morte d’un coup de corne, et celle qu’une bête féroce a dévorée, -sauf celle que vous égorgez avant qu’elle soit morte,- et celle qu’on a immolée sur les pierres dressées, ainsi que de tirer le partage au sort au moyen de flèches. Tout cela est perversité… » (Coran 5 :3-5 et aussi 2 :173 – 6 :145 – 16 :114 à 118).
Publicités

À propos de integritydyl

@DYLeclercq RÉPONDRE A L'ISLAMOCLASTIE PAR L'IRONIE IRRESPECTUEUSE

Les commentaires sont fermés.