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jupe longueQuel que soit l’endroit où on se trouve sur le globe terrestre, les chauvins pensent qu’ils sont au centre du monde, et les « Frenchies » de la France d’en bas aux hautes sphères gouvernementales ne font pas exception en ne perdant pas une occasion de se ridiculiser outre frontières. Aveuglés par leur fatuité et leur nombrilisme, ils sont loin de se rendre compte que leur protectionnisme culturel est de plus en plus lourdingue. À l’heure de la mondialisation et d’Internet, dont les libres échanges se moquent bien des velléités nationalistes, toute mesure d’exception culturelle, comme le fait d’imposer des quotas musicaux et cinématographiques aux différents médias de l’Hexagone pour endiguer la régression de la francophonie,[1] est dépassée et saugrenue.
Les textes législatifs protectionnistes sont des aveux désespérés de faiblesse qui, à l’instar des lois martiales et des couvre-feux, finissent par être levés lorsque leur maintien au-delà du raisonnable exaspère les populations. Les lois anti foulard, anti voile intégral, – probablement anti jupe longue et pourquoi pas anti kébab pendant qu’on y est – sont dans la droite ligne de cette vaine quête d’identité nationale laïco-franchouillarde aux relents racistes et xénophobes. Elles ne font qu’attester de l’intolérance crasse de leurs promoteurs et ô combien la doctrine laïque est vulnérable face au moindre signe extérieur supposé d’une expression présumée de triomphalisme islamique. (N.B. Les lourdeurs de style du présent paragraphe sont volontaires.).
Injustes et illogiques, les lois contraignantes à l’encontre des minorités – religieuses en ce qui nous concerne ici – et les mesures répressives qui les accompagnent sont des solutions de facilité (des 49.3 de circonstance en quelque sorte) pour venir rapidement à bout des problèmes estimés insolubles autrement. Pour légiférer valablement et durablement, la difficulté consiste à trouver un prétexte plausible et/ou une justification sociale avantageuse. Pour ce faire, on n’a que l’embarras du choix au niveau de la sécurité publique, de la lutte anti-terroriste, du respect de l’ordre public, de la laïcité et de la liberté d’expression (à sens unique), de la condamnation du racisme et de l’antisémitisme, du vivre-ensemble et, en bons derniers, de l’écologie et des bonnes mœurs…
Pour abattre précisément la cible, en préservant les us et coutumes et en évitant toute mesure impopulaire pour la majorité de l’opinion voire d’être condamné par ses propres principes éthiques, il faut trouver l’angle de tir parfait de sorte à ne neutraliser que le « parasite » et éviter les dommages collatéraux. En clair, il faut être particulièrement vicieux. Ainsi, pour interdire le foulard islamique (Hijab) au sein de l’école publique, la mesure n’a visé que les « signes et tenues ostensibles d’appartenance religieuse ».[2] Pour proscrire le voile intégral (Niqab) dans l’espace public où les manifestations religieuses sont libres,[3] c’est la sûreté publique qui a été invoquée dans l’interdiction de « dissimulation du visage ».[4] Dans ces deux affaires, les pseudos « représentants » musulmans ont servilement collaboré au démantèlement de la foi qu’ils prétendent servir, en admettant que le foulard des collégiennes était islamique (alors qu’il était surtout pudique) et en relativisant le caractère religieux du voile intégral, en clair que ces tenues étaient des détails de l’histoire…
Mais revenons-en à ce qui se passe aujourd’hui sous les jupes longues, exagérément qualifiées d’islamiques puisque les quelques gamines qui les arborent orgueilleusement ont sans doute bien d’autres émois. Étant tous passés par l’âge bête, nous savons qu’il y a plus de provocation et de désir de reconnaissance que de conviction religieuse chez des ados qui en piquent généralement plus pour la sulfureuse Madonna que pour la pieuse Madone, Marie, la mère du Prophète Jésus (ع). Mais, voilà qui ne sera pas du goût des commentateurs sportifs en chambre qui « islamophobisent » à plaisir ces situations inespérées pour gonfler leurs statistiques et les enveniment en donnant des leçons de sédition, sans voir ni aller plus loin que le bout de leur clavier. Quitte à radoter, répétons que la seule solution à ces conflits idéologiques à répétition passe par la création accrue d’établissements islamiques d’enseignement général où on foutrait enfin une paix laïque aux islamophiles. Nonobstant, comme il faudrait pour cela consacrer une partie non négligeable du budget familial réservé aux mondanités, la préférence des trois quarts des Musulmans de l’Hexagone (estimation optimiste) ira à l’école gratuite du quartier, républicaine et laïque jusqu’au trognon, et tant pis pour la sainte vierge…
[1] Le décret Tasca du 17/01/1990 a fixé des quotas de production et de diffusion en français (40%) pour le cinéma et l’audiovisuel et la loi du 1er février 1994 a imposé aux radios de diffuser 40 % de chansons d’expression française.
[2] Loi de 2004 sur les signes religieux dans les écoles publiques (= article L.141-5-1 du code de l’éducation).
[3] « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites. »  (Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 – Art. 18).
[4] Loi n° 2010-1192 du 11 octobre 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public.
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@DYLeclercq RÉPONDRE A L'ISLAMOCLASTIE PAR L'IRONIE IRRESPECTUEUSE

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