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idif vallsIl est assez significatif de constater que la majorité de ceux qui critiquent la nouvelle Instance de Dialogue avec l’Islam de France mitonnée par le Ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve (sous la supervision directe du Premier Ministre Valls) sont ceux qui n’ont pas été retenus pour en faire partie. Il est également notable que leur récusation n’est pas due à leur islamisme, à leurs exigences ou à leur esprit de résistance mais à leur incompétence ou à leur équivalence avec les détenteurs actuels de leurs tares à venir, énumérées de façon non exhaustive ci-après (en vous laissant le soin de les classer).
  • Recherche de notoriété, de notabilité voire d’enrichissement personnel,
  • Occuper la place sans avoir l’intention de faire quoi que ce soit,
  • Rétivité à toute rigueur (y compris morale), à toute efficacité, à toute organisation et administration,
  • Inaptitude, médiocrité, inactivité, bricolage, tractations, combines et sabotages,
  • Commander et ne jamais obéir,
  • Déconsidérer les opinions et les actions des autres,
  • Complicité avec des escrocs ou des individus non respectables,
  • Subordination à des nations étrangères ou à des partis (nationaux ou extranationaux).
À force de les débiner, on va finir par croire que je suis jaloux de tous ceux qui ont été invités ou pressentis au cours de ces trente dernières années par les gouvernements, de droite ou de gauche, pour figurer l’islam de France. Que nenni car, comme disait fort justement le compositeur Erik Satie concernant une certaine distinction nationale, « il ne suffit pas de refuser la Légion d’Honneur, encore faut-il ne pas la mériter ! » ou plus élégamment l’humoriste Jean Yanne, « la légion d’honneur c’est comme les hémorroïdes, n’importe quel cul peut l’avoir ». Pour moi, il en est de même en ce qui concerne le racolage raté du Pouvoir à mon encontre, lequel me confère un inégalable droit de critique.
Ça ne date pas d’hier mais, pour ne rien vous cacher – et il n’y a pas de quoi en être fier – j’ai également été sollicité il y a trente-cinq ans par le truchement des Renseignements Généraux de la Préfecture de Paris[1] pour faire de la figuration de haut vol. Ces derniers, dépêchés par Pierre Joxe, le Ministre de l’Intérieur de l’époque, m’ont innocemment fait entrevoir que je pourrais intégrer son Conseil de Réflexion sur l’Islam de France (CORIF)[2] alors que je présidais la Fédération Nationale des Musulmans de France (FNMF).[3] Tandis que je déclinais poliment l’invitation ministérielle par une fin de non-recevoir, la jugeant déplacée, d’autres cassaient traitreusement la dynamique fédératrice en se réjouissant d’être sélectionnés pour aller se pavaner et se bâfrer sous les ors de la République.
Et depuis plus d’un quart de siècle, les hommes de droite et de gauche qui se sont succédé à la tête du Ministère de l’Intérieur et des Cultes ont eu pour dénominateur commun le camouflage des réalités islamiques en s’attachant les services des bouffons les plus serviles et les plus manipulables. Leurs politiques en la matière n’ont fait sans discontinuer que desservir les aspirations des Musulmans en limitant autoritairement leur pratique religieuse, en bannissant un par un tous les accommodements raisonnables pour y substituer des lois scélérates.[4] Comme il est révélateur de voir tous ces diplômés de préfectures (présidents, secrétaires, trésoriers,) incapables de s’organiser et de se fédérer spontanément ! Comme il est méprisable que les Ministres de la République en soit périodiquement réduits à les convoquer pour les forcer à s’accorder artificiellement et à se faire des bisous hypocrites !
Vu le peu de considération que l’État accorde à la « sous-culture musulmane », il n’est évidemment jamais question de faire passer le moindre examen de capacité cultuelle, culturelle ou même temporelle – et encore moins de légitimité – à tous les braves gens qu’il enrôle pour façonner son islam DE France allégé. Le sémillant Manuel Valls a beau déclarer la main sur le cœur qu’« il n’y aura pas de loi, il n’y aura pas de décret, pas de circulaire pour dire ce que doit être l’islam »,[5] en persistant à intervenir dans l’organisation du culte musulman, en décrétant ce qui est religieusement licite ou pas et en désignant ses interlocuteurs en fonction de ses fantaisies, l’État laïc qu’il dirige montre bien qu’il persiste à transgresser ses propres règles. Tant que cette attitude perdurera, inutile de préciser que tous ceux qui nous prodigueront des Conseils, qu’ils soient de Réflexion (CORIF) ou du Culte (CFCM) ou encore des prétendues Instances de Dialogue (IDIF), pourront se les carrer bien profonds. Oh, pardon !
[1] Les Inspecteurs Melon et Goumey, pour être précis et ne pas passer pour un mytho.
[2] L’ancêtre du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) imaginé par le Ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy.
[3] Je parle ici de la FNMF canal historique, première fédération composite, que j’ai eu l’honneur de concevoir et de piloter durant cinq ans et non de la succursale marocaine qu’elle est devenue après la désertion de ses principales composantes. Elle réunissait quelques 170 associations d’horizons différents, allant des représentations du Tabligh à celles des Frères Musulmans (UOIF, AEIF) en passant par le Milli Gorus turc, le Hizb Islami afghan, des personnalités Soufies, et rallia même les grandes Mosquées de Paris et d’Évry.
[4] Les musulmanes étaient jusque dans les années 80-90 autorisées à porter le Hijab sur leurs pièces d’identité, au sein des écoles publiques jusqu’en 2004 et le Niqab dans l’espace public jusqu’en 2010, ce qui est devenu impensable aujourd’hui.
[5] En déplacement à Strasbourg le 3 mars 2015.
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@DYLeclercq RÉPONDRE A L'ISLAMOCLASTIE PAR L'IRONIE IRRESPECTUEUSE

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