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Tonnerre de BrestJ’estime, jusqu’à preuve du contraire, être plus fondamentaliste que réformiste. Entre autres exigences islamiques, je souscris au port volontaire du Hijab et du Niqab par les Musulmanes, sans restriction et au sein de n’importe quel espace, j’exige du véritable Halal issu d’abattages effectués manuellement et sans étourdissement (à la juive) et j’adhère à la vision physique du Hilal de Ramadan néanmoins calculé astronomiquement. Je suis donc, logiquement, dans le camp de ceux pour qui, de quelque doctrine (minhaj) qu’ils soient et quelles que soient leurs particularités dogmatiques, l’esprit ne doit qu’expliciter la lettre de la Loi divine sans jamais s’y substituer. Et, en mettant les points sur les « i », je préciserai que cette position réputée conservatrice ne m’incline ni à l’obscurantisme ni au terrorisme.
Néanmoins, le fait de se conformer strictement aux préceptes islamiques clairs (Coran et Traditions prophétiques (Hadith)), ne signifie pas qu’il faille souscrire à la moindre « sous-tradition » sans raisonner. Car, à ce propos, nombre de donneurs de leçons dépassent parfois les bornes en enjoignant à tous, y compris à ceux qui n’en veulent pas, des règles et des extrapolations religieuses mineures voire exubérantes. Au lieu d’insister sur l’amélioration des caractères et des comportements, sur le respect des engagements et des droits des individus, sur l’engagement désintéressé au service de sa religion et de ses congénères et la répression de ses mauvais penchants, ils ne font que rabâcher des évidences et exagérer l’importance canonique de certains usages accessoires, des djellabas, des couvre-chefs, des tailles de pantalons, des poils de barbe et des vertus médicinales de l’urine de chamelle.
Et on en vient donc naturellement à la condamnation outrancière de la musique par certains « savants », et au tollé quasi unanime (hormis la solidarité salafiste de bon aloi mais néanmoins inappropriée) déclenché par les propos inconsidérés de Rachida Bou Hodeyfa qui l’a qualifiée de paroles de Chaytane (Diable) et a traité ses amateurs de futurs singes et porcs. « Tonnerre de Brest », comme dirait le Capitaine Haddock. On ne tire pas sur les ambulances à condition qu’elles ne transportent que des blessés et des hommes désarmés. Ce n’est pas le cas ici avec le prétentieux imam brestois qui non seulement ne regrette ni ses élucubrations éhontées ni ses citations coraniques et prophétiques mensongères[1] mais réitère ses divagations en fustigeant hargneusement et non moins orgueilleusement ses détracteurs, y compris votre serviteur dont il ne pouvait que déclencher l’ire.
Comme pour la télé, le cinéma ou le foot, la musique est de ces sujets tabous dont les Musulmans, sans bien savoir pourquoi, doivent faire hypocritement semblant de se désintéresser alors qu’ils en sont grands amateurs. En Islam, ce qui n’est pas expressément interdit est autorisé, alors inutile de se retrancher derrière de grandes figures musulmanes qui l’ont légalisée, comme Ghazali ou Ibn Hazm, pour légitimer la musique. Hormis un commentaire (Tafsir) tiré par les cheveux d’un verset de la sourate Luqman[2] relatif à la poésie impie, il n’y a aucun verset dans le Coran qui bannisse explicitement la musique, et hormis des interprétations contestables, rien non plus de décisif dans le Hadith. Charité bien ordonnée commence par soi-même, pourquoi donc vos muftis préférés bien inspirés ne condamnent-ils pas les hymnes nationaux en fanfare de leurs bleds respectifs ? Et tant qu’on y est, interrogez-les aussi sur les petites guéguerres fratricides que déclenchent périodiquement leurs dirigeants ?[3]
Comme quatre-vingt-dix pour cent de mes semblables, Musulmans ou pas, j’écoute de la musique, involontairement ou pas, sans en avoir honte et sans jamais avoir constaté les conséquences diaboliques évoquées par notre histrion breton. Avant l’Islam, j’ai chanté dans un groupe de pop music pendant plusieurs années et je n’ai jamais cessé d’apprécier les belles mélodies. Je travaille encore aujourd’hui en musique, et je me console de mes petits malheurs comme de la bêtise humaine en musique. Et, la musique étant censée adoucir les mœurs, mes coreligionnaires les plus sanguinaires feraient mieux d’y recourir pour être plus positifs et productifs, au lieu de guerroyer à tort et à travers pour faire valser les têtes humaines.
[1] « Ho, les croyants ! Pourquoi dites-vous ce que vous ne faites pas ? C’est en grande détestation auprès de DIEU, de dire ce que vous ne faites pas. » (Coran 61 :2,3). « Ne mentez pas car le mensonge mène à l’impiété et l’impiété mène à l’Enfer. L’homme qui use régulièrement de mensonge en viendra à être inscrit auprès de DIEU comme un grand menteur. Soyez véridiques car la véracité mène à la piété et la piété mène au Paradis. L’homme qui dit toujours la vérité en viendra à mériter le nom de très véridique ». (Boukhary 78/69/1 – Abou Daoud 40/80 – Tirmizhy 25/46).
[2] « Tel, parmi les gens, achète le passe-temps du conte, en sorte qu’à son insu il égare du sentier de DIEU que cependant il prend en moquerie. À ceux-là le châtiment avilissant ! » (Coran 31 :6).
[3] « Celui qui porte les armes contre nous n’est pas des nôtres. » (Boukhary 92/7/1,2). « Injurier un Musulman, c’est commettre un forfait ; le tuer, est faire acte d’infidélité. » (Boukhary 92/8/1 – 87/2/8). « Quand je ne serai plus là, ne revenez pas à la mécréance en vous tuant les uns les autres. » (Boukhary 86/9/1 – 64/77/8,10,11 – 92/8/3,4,5 – 97/24/12 – 87/2/2,3 – 3/43/1 – 25/132/1,3). « Toutes les fois que deux Musulmans armés d’un sabre en viennent aux mains, tous deux iront en enfer. — C’est bien pour celui qui tue, lui dit-on, mais pourquoi en est-il ainsi de celui qui est tué ? — C’est, répliqua-t-il, parce qu’il voulait tuer son adversaire ». » (Boukhary 92/10/1 – 87/2/9). « Et si deux groupes de croyants se combattent, alors faites la paix entre eux. Puis, si l’un d’eux se rebelle contre l’autre, alors, combattez celui qui se rebelle, jusqu’à ce qu’il s’incline devant l’ordre de DIEU. Puis, s’il s’incline, alors faites la paix entre eux avec justice, et jugez à la balance. Oui, DIEU aime ceux qui jugent à la balance. Rien d’autre : les croyants sont des frères. Faites donc la paix entre vos deux frères, et craignez DIEU. Peut-être vous ferait-on miséricorde ? » (Coran 49 :9,10).
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@DYLeclercq RÉPONDRE A L'ISLAMOCLASTIE PAR L'IRONIE IRRESPECTUEUSE

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