Télécharger l’article en pdf ici.
.
SoldatesCompte tenu de leur « fragilité »,[1] les Musulmanes sont les victimes privilégiées des agressions islamophobes mais aussi, malheureusement, des pressions communautaires. Pour pouvoir riposter efficacement aux critiques de ceux qui ne voient dans leurs apparences et leurs attitudes qu’obscurantisme et servage, il leur faut d’abord récuser les « souteneurs » (tuteurs et dominateurs) qui parlent et agissent en leur nom. L’Islam leur a accordé d’indéniables avancées sociales, mais c’est à elles seules qu’il incombe de les faire appliquer. Leur situation ne s’améliorera pas tant qu’elles ne se révolteront pas contre les injustices dont elles sont l’objet à l’intérieur et à l’extérieur de leur communauté, que ce soit contre les hiérophantes les plus fondamentalistes ou les islamophobes chevronnés.
Rappelons avant tout aux misogynes invétérés parmi les nôtres que des milliers de Traditions Prophétiques (hadiths) ont été rapportées par Aïcha, l’épouse du Prophète (ص), laquelle dispensait à d’illustres Compagnons ce qu’on appelle aujourd’hui des consultations juridiques (Fatwas).[2] Mentionnons également Bilqis, Reine de Saba, qui régna sur ses sujets (masculins et féminins) après son union avec le Prophète Salomon (Suleymane). Et citons encore cette femme exceptionnelle, Oum Waraqa bint Nawfel, qui fut autorisée par le Prophète (ص) à diriger l’Office de Prière de ses gens de maison.[3] Cependant, faute d’encouragements – masculins surtout –, les femmes de poigne de l’envergure de Mère Theresa, de Sœur Emmanuelle, d’Indira Gandhi, de Margaret Thatcher, d’Angela Merkel voire de Golda Meir ont toujours fait cruellement défaut au sein du monde musulman.
Le droit de siéger avec les hommes dans les tribunes islamiques, même pour traiter des sujets qui les concernent spécifiquement, est généralement dénié aux Musulmanes, même convenablement couvertes, pour des raisons spécieuses de bienséance. À croire que dans la vraie vie, question promiscuité, celles-ci ne fréquentent ni les transports en commun ni les salles d’attente publiques ! Certains prédicateurs stars ne rechignent cependant pas, eux, à « courtiser » les femmes politiques susceptibles de faciliter leur pratique du culte ou à se produire devant des assemblées essentiellement féminines, pour rappeler à leurs ouailles les servitudes conjugales et les châtiments encourus en cas de défection. On ne s’étonnera donc pas que, pour compenser la docilité excessive de leurs groupies, des Fémen interviennent, scandaleusement convenons-en, pour sanctionner certains prêches outranciers.
Les Musulmanes sont en principe assez grandes pour défendre leur croûte toutes seules. Au sein de leur foyer, il n’y a pas que « casseroles et chiffons ». La plupart d’entre elles mènent la barque[4] – pour ne pas dire portent le pantalon – et décident pratiquement de tout, de la couleur des rideaux et du papier peint à l’achat du lave-vaisselle, en passant par la gestion du précieux compte en banque, sans pour autant solliciter la moindre Fatwa. Allez donc, pour voir, essayer de les dissuader d’employer telle crème de beauté, telle couleur de teinture de cheveux ou de suivre telle cure minceur quand elles l’ont décrété ![5] Hormis ces stéréotypes à faire hurler les féministes, bon nombre d’entre-elles ont des savoirs et des aptitudes dans des domaines où leurs pères, leurs maris, leurs frères ou leurs fils sont ignorants ou incapables.
Les Musulmanes doivent néanmoins être pragmatiques et réalistes concernant la domination masculine et leurs possibilités d’émancipation. Pour déroger aux dispositions générales islamiques qui leur sont opposées, lesquelles préconisent leur régence par les hommes,[6] il leur suffirait seulement de démontrer qu’elles sont capables de les égaler et même de les surpasser. Être discrète et pudique sous un voile protecteur et respecter les limites fixées par les Textes ne veut absolument pas dire pour le « sexe faible » s’effacer ou ramper devant le « sexe fort ». En leur demandant de se voiler devant eux et de se placer derrière eux durant les Offices de Prière, DIEU et Son Prophète (ص) ont surtout souligné le sérieux des femmes et la faiblesse des hommes. Sans se sous-estimer ni se surestimer, elles ont tous les atouts (et les atours) pour faire. Encore faut-il qu’elles en usent, et pour la bonne cause !
[1] « Au cours d’une expédition du Prophète un jeune homme, nommé Andjacha, conduisait les chamelles des femmes. « Doucement, ô Andjacha, lui cria le Prophète, tu as un chargement de verreries ». Il voulait parler des femmes. » (Boukhary 78/116/1-3 – 78/90/5 – 78/95/3 – 78/111/2).
[2] « Masrouq rapporte qu’il se rendit chez `Aïcha et lui dit : « 0 mère des Croyants, un homme qui envoie une victime à la Mecque, tout en demeurant dans la ville qu’il habite, et qui recommande d’enguirlander cette victime, ne doit-il pas, à partir de ce jour, rester en état d’ihram (sacralisation) jusqu’au moment où les pèlerins reprennent leur état normal ? » J’entendis battre des mains derrière la portière et `Aïcha me dire : « Je tressais les guirlandes des victimes de l’Envoyé de DIEU ; il envoyait ces victimes à la Ka’ba et ne s’interdisait rien de ce qui est licite aux hommes envers leurs femmes jusqu’au retour des pèlerins »». (Boukhary 73/15/1).
[3] Abou Daoud 2/61/1,2.
[4]« …l’homme est un berger pour sa famille et il est responsable ; la femme est une bergère pour la maison de son mari et de ses enfants et elle est responsable… » (Boukhary 67/86/1 – 67/90/1 – 55/9/2 – 43/20/1 – 93/1/2).
[5] « Les femmes des Arabes du désert enseignaient à leurs filles à mettre leurs maris à l’épreuve. La mère disait à sa fille : « Expérimente ton mari avant de faire la fière et l’insolente avec lui : enlève le fer à la partie inférieure de sa lance, s’il se tait, use de son bouclier pour y couper la viande ; s’il se tait encore, casse les os avec son sabre et s’il garde encore le silence, mets-lui un bât sur le dos et monte dessus, car il n’est alors autre chose que ton âne » (Al Ghazali – Vivification des sciences de la foi 17/3/4).
[6] « Les hommes sont des directeurs pour les femmes, à cause de l’excellence qu’entre eux DIEU accorde aux uns sur les autres, ainsi que de la dépense qu’ils font de leurs biens. Les femmes de bien sont celles qui sont de dévotion, qui protègent, même dans l’invisible, ce que DIEU a protégé. » (Coran 4 :34). «…elles ont des droits équivalents à leurs obligations, conformément au bon usage. Mais les hommes ont le pas sur elles. Et DIEU est Puissant, Sage. » (Coran 2 :228).
Advertisements

À propos de integritydyl

@DYLeclercq RÉPONDRE A L'ISLAMOCLASTIE PAR L'IRONIE IRRESPECTUEUSE

Les commentaires sont fermés.