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anti shiahIl suffit qu’on intercède pour une cause ne serait-ce que du bout des lèvres pour que ça soit illico interprété comme une adhésion et un reniement. Pour avoir adressé quelques bribes de compliments à l’Islam dans ses mémoires, Napoléon Bonaparte s’y serait soi-disant converti. Et la rumeur a couru également pour Victor Hugo, Goethe, le Commandant Cousteau, Neil Armstrong, Anthony Quinn, Lady Diana, le Prince Charles, Barack Obama, Collin Powell, Michael Jackson, Will Smith, Rowan Atkinson (= Mr Bean), Madonna, Lindsay Lohan, Laure Manaudou, etc. Donc, afin de rassurer mes « admirateurs », je préciserai d’emblée et sans taqia[1] que je suis résolument Chaféite, catalogué Sunnite – comme mon professeur le Docteur Hamidullah (que DIEU lui fasse miséricorde) – et que, bien qu’ayant de l’estime pour certains de ses adeptes, le Chiisme ne me convient pas.[2]
La plupart de ceux qui abordent les différences entre le Sunnisme et le Chiisme, y compris moi, ne savent pas vraiment de quoi il retourne : Les critiques des Sunnites et des Chiites sont plus souvent basées sur les ragots réciproques colportés par des détracteurs que sur les déclarations des intéressés. Les deux familles ne peuvent être condamnées en bloc pour les conduites hétérodoxes de certains de leurs membres alors qu’elles sont désavouées par les autres. Ensuite, tout comme le Sunnisme est composite, avec ses écoles Malikite, le Hanéfite, le Hanbalite ou Chaféite, avec du Soufisme, du Mouridisme, de l’Ikhwanisme, du Wahhabisme ou du Salafisme, et des déviances notables par rapport à l’orthodoxie, il faut concéder au Chiisme cette même diversité avec ses propres déclinaisons et dérives. Les croyances, les pratiques et les comportements incongrus sont à blâmer des deux côtés.
Comme requis par l’Islam, les Chiites attestent qu’il n’y a de Dieu qu’ALLAH et que Mohammad est l’Envoyé d’ALLAH. Ils effectuent les cinq offices de Prière prescrits, jeunent le mois de Ramadan, s’acquittent de la taxe Zakat et accomplissent le Pèlerinage à La Mecque. Bon nombre de Sunnites ne sont-ils pas reconnus Musulmans alors qu’ils n’exécutent pas les quatre cinquièmes de ce contrat ? Et, logiquement, est-ce que le libre accès des Chiites aux Lieux Saints de l’Islam (La Mecque, Médine) – interdit de nos jours aux non-Musulmans et aux sectes para-islamiques Bahaï et Qadiani – ne laisse pas entendre que les gestionnaires actuels des dits Lieux Saints les considèrent comme pleinement Musulmans ? En résumé, en dehors des considérations politiques relatives à la succession du Prophète (ص) il y a quatorze siècles, il n’y a aucun motif pour excommunier l’ensemble des Chiites.
Toutes les généralisations sont idiotes et détestables. On ne peut cataloguer, en totalité et sans aucune distinction, les Occidentaux, les Arabes, les Asiatiques, les Blancs, les Noirs, les Juifs, les Chrétiens, les Musulmans, les Sunnites, les Chiites etc. (la liste est loin d’être exhaustive), en fonction de préjugés ou des généralités. Il est excessif de condamner tous les « autres » en interprétant à sa fantaisie les agissements outranciers d’une partie des leurs et en les extrapolant sur tous les membres de leur communauté. Et les différends temporels qui poussent à abominer et à massacrer autrui, en se prévalant de nationalismes, de vendettas inter-ethniques ou en invoquant de prétendus mobiles religieux, sont encore plus exécrables.[3]
On peut préférer le thé au café, privilégier ses proches par rapport à ceux qui le sont moins, aimer ceux qui sont gentils avec nous et détester ceux qui sont méchants, mais on n’a pas le droit d’être injuste et de haïr viscéralement ceux qui ne partagent pas nos convictions politiques, religieuses, etc.[4] Sachant que les ennemis d’hier peuvent devenir des amis voire des frères en religion,[5] il est méritoire de montrer l’exemple en se comportant mieux qu’eux. Il y a plus de quarante ans, à la veille de ma conversion à l’Islam n’étais-je pas moi-même un mécréant méprisable aux yeux de certains des nôtres aujourd’hui ? Comment aurais-je réagi si les Musulmans que j’ai côtoyés alors et ensuite, dont des Chiites exemplaires, m’avaient déconsidéré au lieu de m’accueillir gentiment, fraternellement ? À méditer, donc…
[1] Mensonge de circonstance. « Celui qui réconcilie les gens n’est pas un menteur, car il provoque un bien – ou il dit une bonne chose » (Boukhary 53/2/0,1) ; « Le mensonge est permis dans trois (circonstances) : quand un mari veut rassurer son épouse, pendant la guerre et pour établir la concorde entre les gens » (Tirmizhy 25/26 – 2003). Le Musulman est le frère du Musulman. Il ne le trahit pas et ne lui ment pas. (Tirmizhy 25/18 – 1992).
[2] En particulier le dogme de l’infaillibilité des Imams, des descendants du Prophète (ص) qui n’était pas lui-même infaillible.
[3] « Celui qui porte les armes contre nous n’est pas des nôtres. » (Boukhary 92/7/1,2). « Injurier un Musulman, c’est commettre un forfait ; le tuer, est faire acte d’infidélité. » (Boukhary 92/8/1 – 87/2/8). « Quand je ne serai plus là, ne revenez pas à la mécréance en vous tuant les uns les autres. » (Boukhary 86/9/1 – 64/77/8,10,11 – 92/8/3,4,5 – 97/24/12 – 87/2/2,3 – 3/43/1 – 25/132/1,3). « Toutes les fois que deux Musulmans armés d’un sabre en viennent aux mains, tous deux iront en enfer. — C’est bien pour celui qui tue, lui dit-on, mais pourquoi en est-il ainsi de celui qui est tué ? — C’est, répliqua-t-il, parce qu’il voulait tuer son adversaire ». » (Boukhary 92/10/1 – 87/2/9). « Et si deux groupes de croyants se combattent, alors faites la paix entre eux. Puis, si l’un d’eux se rebelle contre l’autre, alors, combattez celui qui se rebelle, jusqu’à ce qu’il s’incline devant l’ordre de DIEU. Puis, s’il s’incline, alors faites la paix entre eux avec justice, et jugez à la balance. Oui, DIEU aime ceux qui jugent à la balance. Rien d’autre : les croyants sont des frères. Faites donc la paix entre vos deux frères, et craignez DIEU. Peut-être vous ferait-on miséricorde ? » (Coran 49 :9,10). « C’est pourquoi Nous avons prescrit sur les Enfants d’Israël que quiconque tuerait une personne, -à moins qu’en échange d’une autre ou à cause d’un désordre commis sur la terre -… rien d’autre, alors : c’est comme s’il avait tué tous les gens ensemble. Et quiconque lui fait don de la vie, c’est comme s’il faisait don de la vie à tous les gens ensemble. » (Coran 5 :32).
[4] « Dis : « Mon Seigneur a commandé la justice ». » (Coran 7 :29). « Ho, les croyants ! Allons ! Debout, témoins pour DIEU avec justice ! Et que la haine d’un peuple ne vous incite pas à ne pas faire l’équité. Faites l’équité : c’est plus proche de la piété. Et craignez DIEU. Oui, DIEU est bien informé de ce que vous faites. » (Coran 5 :8).
[5] « Or, bien et mal ne sont pas égaux. Riposte par quelque chose qui soit plus joli ; alors celui avec qui tu étais en inimitié deviendra comme s’il était ami chaleureux. (Coran 41 :34 et aussi 23 :96).
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@DYLeclercq RÉPONDRE A L'ISLAMOCLASTIE PAR L'IRONIE IRRESPECTUEUSE

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