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burkinisN’autoriser que ce qu’on affectionne et interdire ce qu’on exècre (au détriment d’autrui), c’est de l’égoïsme pur et simple, et est-il nécessaire de préciser que ce n’est pas une qualité. C’est pourtant de cette tare dont souffrent aujourd’hui les citoyens français en majorité les uns envers les autres et notamment à l’encontre de leurs compatriotes musulmans. Et les Pouvoirs en place, de quelque tendance qu’ils soient, non seulement ne font pas grand-chose pour atténuer cet état de fait mais au contraire encouragent hypocritement et servilement les plus bas instincts. Plus précisément, et en ce qui nous concerne ici, les régimes « totalitaires » qui se sont succédé ces trente dernières années à la tête du prétendu pays des libertés et de droits de l’homme, semblent s’être accordés pour imposer aux Musulmanes le choix de ne pas se voiler, à coup de lois et de décrets faute d’être convaincants.
L’épisode estival de la chasse aux burkinis, non pas sur des plages désertes mais sur des rivages publics truffés d’impudiques, est des plus insolites et des plus révélateurs. « Mais qu’allaient-elles faire dans cette galère ? » pour paraphraser Molière.[1] À la faveur des très prochaines élections, les excités politiques de droite comme de gauche, en campagne pour les primaires (selon la définition péjorative)[2], ne pouvaient trouver meilleur prétexte pour hurler à la provocation islamiste et ressortir leurs projets de loi contre le port du voile islamique dans l’espace public. Il ne leur reste qu’à imaginer un motif plausible pour légiférer. La liberté d’exprimer sa religion en privé ou en public garantie par les droits de l’homme[3] et la constitution[4] n’a-t-elle pas été contournée en 2004 pour faire interdire le dit voile (hijab) dans les écoles publiques afin de soi-disant protéger les adolescentes, et en 2010 celle du voile intégral (niqab) dans l’espace public prétendument pour assurer la sécurité publique. Quel artifice invoquera-t-on cette fois pour proscrire les foulards dans la rue ? Le prosélytisme, l’incitation à la radicalisation, l’égalité homme-femme ou l’atteinte à la dignité humaine ? Et ensuite ce sera le tour des djellabas et des barbes trop longues, à condition de trouver l’angle d’attaque.
Pas question d’oublier ou d’entériner ce qui est arbitraire et inique ! Ce 11 octobre 2016, il y aura déjà six ans que cette loi scélérate contre le port du niqab aura été promulguée en France[5] par ceux qui ont confisqué et dévoyé sans vergogne les droits de l’homme et la laïcité. La tolérance et la liberté d’expression ont été circonscrites au respect exclusif de leurs inclinations. Les lois contraignantes qu’ils ont concoctées par pure démagogie, sans jamais assumer ouvertement leurs véritables motivations, participent à démontrer leur infériorité idéologique et religieuse et leur impuissance face à un islamisme des plus prospères. Il est néanmoins assez jubilatoire de constater que les acteurs politiques les plus islamophobes n’ont aucun scrupule à renier leurs « convictions » et à ravaler leurs vomis par clientélisme à chaque élection locale, régionale ou nationale.
Si de nombreuses verbalisations ont eu lieu pour sanctionner les contraventions à la loi « interdisant la  dissimulation du visage dans l’espace public », étonnamment aucun cas de contrainte à porter le niqab[6] n’a été relevé depuis l’instauration de la loi en question. C’est donc bien de leur plein gré que des centaines de Musulmanes persistent obstinément à satisfaire aux notions de pudeur exigées par leur foi – partagées par des millions de femmes dans le monde – en bravant la discrimination franchouillarde. Cette loi liberticide est une injustice qui mérite de n’être pas seulement critiquée mais combattue. Nonobstant, hormis quelques rares mécènes qui règlent à leur place les amendes qu’on leur inflige, les Musulmanes qui continuent d’arborer le niqab ne peuvent malheureusement guère compter sur leurs frères musulmans pour les supporter puisque la plupart sont des incapables, des paresseux ou des trouillards. En l’absence de soutien contre les persécutions et les condamnations dont elles sont régulièrement l’objet, elles ont bien du mérite à persister dans leur courageuse attitude. Que DIEU leur facilite, les assiste dans leurs difficultés et les récompense pour leur ferveur religieuse et leur ténacité !
[1] « Les fourberies de Scapin ». (Jean Baptiste Poquelin dit Molière – 1671).
[2] « B1 : Qui fait montre d’un dogmatisme simpliste, d’idées toutes faites et d’une culture limitée. B2 : Qui est de peu de portée, qui manque de réflexion, d’approfondissement. B3 : Qui montre un sectarisme étroit, de courte vue. » (http://www.cnrtl.fr/definition/primaire).
[3] « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi »  (Article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789). « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites. »  (Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 – Art. 18).
[4] « La France assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. » (Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 – Art. 1).
[5] Loi n° 2010-1192 du 11 octobre 2010 (Journal officiel du 12 octobre 2010) interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public dont l’article 1er pose le principe général selon lequel « nul ne peut, dans l’espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage ».
[6] « De la dissimulation forcée du visage : « Art. 225-4-10.-Le fait pour toute personne d’imposer à une ou plusieurs autres personnes de dissimuler leur visage par menace, violence, contrainte, abus d’autorité ou abus de pouvoir, en raison de leur sexe, est puni d’un an d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende. « Lorsque le fait est commis au préjudice d’un mineur, les peines sont portées à deux ans d’emprisonnement et à 60 000 € d’amende. »
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@DYLeclercq RÉPONDRE A L'ISLAMOCLASTIE PAR L'IRONIE IRRESPECTUEUSE

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