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boxing-halalEn France, la question du Halal c’est l’Arlésienne.[1] Il y a plus de monde pour en parler, en faveur ou en défaveur, que pour trouver des solutions. Depuis des décennies, le marché des viandes dites musulmanes est ravagé par les fraudes sur les qualités substantielles, mais rares sont ceux qui ont œuvré de façon désintéressée pour y mettre bon ordre. Si les organisations de contrôle de barbaque et dérivés ont proliféré par dizaines au cours de ces vingt dernières années, elles n’ont pas donné pour autant plus de garanties aux consommateurs musulmans qui désespèrent de la bouffe qu’on leur propose. En fait, ce sont uniquement les retombées financières de ce souk juteux – estimé à des milliards d’Euros – qui ont suscité l’intérêt, bien plus que la recherche de conformité aux normes islamiques.
A l’instar du Cachère juif, le Halal qualifie les bêtes égorgées vives par un sacrificateur qualifié ayant invoqué le nom de DIEU pour ce faire. Par commodité ou complaisance forcée envers les organisations de protection animale, des « musulmans progressistes » en sont pourtant venus à permettre la consommation d’animaux abattus de façon robotisée et/ou ayant subi un étourdissement préalable ou postérieur à leur sacrifice. Les puristes considèrent ces méthodes « modernes » comme extra-islamiques sauf nécessité impérieuse.[2] Du fait de l’absence de définition consensuelle, le Halal n’est pas reconnu par les Autorités (et les Tribunaux) et, comme personne ne le garantit strictement ni ne le protège, les filous ont beau jeu de commercialiser impunément des produits non conformes.
L’Etat français a arbitrairement octroyé aux Mosquées de Paris, d’Evry et de Lyon un agrément exclusif pour habiliter les sacrificateurs musulmans. Celles-ci s’en prévalent pour monnayer des certifications de viandes et produits Halal censées financer leurs « bonnes œuvres ». En l’absence de législation normative (réprimant les abus), des dizaines d’autres organisations – dont certaines sont plus commerciales que religieuses et sortent d’on ne sait où – ont émergé pour profiter elles aussi de la manne. Résultat, aujourd’hui tout le monde peut s’improviser contrôleur de Halal sans pour autant être obligé de faire le boulot convenablement. Et même quand les tromperies sont manifestes, volontaires ou pas, non seulement les actions en réparation échouent mais le boycottage organisé des contrevenants est irréalisable puisque passible de poursuites judiciaires.[3]
Les islamo-réfractaires, qui ne souhaitent pas consommer Halal, et encore moins financer indirectement ce qui touche à la religion musulmane, réclament qu’il soit clairement fait mention des modalités d’abattage des bêtes de boucherie sur l’emballage des produits. Quand bien même elles sont malintentionnées, leurs récriminations sont légitimes et rejoignent involontairement celles des consommateurs musulmans qui souhaitent que leurs normes religieuses soient respectées. Et en ce sens la Charte du Halal[4] ratifiée récemment par le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) et les Mosquées de Paris, d’Evry et de Lyon constitue une énorme avancée en définissant précisément les conditions du sacrifice rituel et en proscrivant explicitement les étourdissements pré ou post abattage ou toute méthode dépourvue du rituel requis. Poursuivre les escrocs sera dorénavant faisable.
Venons-en maintenant à la fausse bonne idée, irréfléchie et arbitraire, de subventionner les œuvres islamiques avec une taxe prélevée sur les abattages rituels ou sur la distribution de viande Halal. Déjà, si l’Etat supposé laïc s’avise de s’en mêler, il sera renvoyé illico dans ses propres frontières laïques. Ensuite, les professionnels, les identitaires – et moi, et moi, et moi – y sont opposés car ils ne veulent pas financer du cultuel, quel qu’il soit, que ce soit ouvertement ou à leur insu. Et encore, il est injuste qu’on extorque en surcroît aux consommateurs des offrandes qu’ils n’ont pas eux-mêmes décidées, alors qu’ils supportent déjà le surcoût du contrôle des abattages rituels et d’une distribution certifiée. Et enfin, il est abusif de prodiguer cette collecte à d’obscurs bénéficiaires – selon quels critères ? – qui n’auront occasionné aucune plus-value dans la filière Halal mais dilapideront le butin à leur guise, sans surveillance. Alors du Halal garanti, oui, mais pas à n’importe quel prix !
[1] Une « arlésienne » est une chose ou un événement dont on parle souvent mais qui n’aboutit pas.
[2] « Celui qui est en détresse mais ni rebelle ni transgresseur, pas de péché sur lui. Oui, DIEU est pardonneur, miséricordieux ». (Coran 2 :173 et aussi 6 :145 – 16 :115).
[3]  L’Association de Sensibilisation et de Défense des Consommateurs Musulmans (ASIDCOM) a été condamnée en référé en 2013 pour avoir appelé au boycottage des produits certifiés par l’ARGML (Association Rituelle de la Grande Mosquée de Lyon) qu’elle jugeait non conformes.
[4] https://integritydyl.files.wordpress.com/2016/12/charte-du-halal.pdf
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@DYLeclercq RÉPONDRE A L'ISLAMOCLASTIE PAR L'IRONIE IRRESPECTUEUSE

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