Télécharger l’article en pdf ici
.
pognon2Les jeux d’argent brassent des sommes colossales à longueur d’année et ne sont plus réservés aux riches et aux oisifs. Bon marché, à portée de main et n’exigeant aucune aptitude, ils sont aisément disponibles à tous. Ils se présentent sous diverses formes : casinos, bingos, loteries, courses de chevaux, lotos, millionnaire, et il s’en crée régulièrement de nouveaux pour soutenir l’intérêt des gogos ou en attirer de nouveaux. Les sociétés occidentales les laissent proliférer pour distraire les populations qui espèrent par-là s’enrichir sans efforts et pour améliorer les finances publiques. Prétendument afin de réduire les jeux « illégaux », l’État les supervise et en tire de gros profits, au détriment de ceux qui risquent de devenir des joueurs invétérés.
Logiquement, puisqu’il n’y a qu’une poignée de gagnants pour des millions de perdants, la meilleure chance de gagner serait de ne pas jouer. Aux jeux de hasard les seuls à se remplir les poches sans prendre de risques sont les administrateurs des dits jeux et l’État. Ces « proxénètes » suscitent l’intérêt des joueurs au moyen de publicités qui mettent en lumière la facilité de souscription et les possibilités de richesse instantanée, à tel point que ceux qui misent régulièrement de petites sommes ne se considèrent même pas comme des joueurs. Ce qui est ni plus ni moins qu’un vice se trouve ainsi banalisé et personne ne se méfie vraiment de ces « amusements » qui en poussent pourtant certains à se suicider après y avoir perdu tous leurs biens.
Les gens faibles aspirent à faire fortune aux jeux de hasard et autres concours tout en prétendant risquer leur argent pour le plaisir. Sérieusement, qui paierait pour jouer s’il n’y avait rien à empocher ? Et qui peut prétendre que cette véritable obsession que constitue chez certains le désir de gagner est inoffensive ? Car s’il en est qui se contentent de parier de petites sommes, qui s’amoncellent malgré tout à la longue, d’autres perdent plus qu’ils ne peuvent se le permettre ; pour récupérer leur mise ou encouragés par de petits rapports, beaucoup de mordus n’ont pas la volonté de s’arrêter.
Le fait d’empocher des gains aux dépens de ses semblables ne contribue certainement pas à rendre plus charitable mais encouragerait plutôt la cupidité. Pour les gagnants au jeu, le fait de n’avoir pas travaillé dur pour acquérir cette soudaine richesse aura tendance à en déprécier la valeur. Par ailleurs, doutant de la sincérité des attentions qui leur sont portées par de nouveaux amis qui les aident à dilapider leur subite fortune, ils deviendront fatalement suspicieux envers tout leur entourage. Et ce n’est pas par hasard si l’Islam a prohibé les jeux de hasard au même titre que les boissons alcooliques,[1] car cet argent-là ne fait pas le bonheur ni dans le près ni dans l’éloigné.
Quant aux jeux de chance/malchance réputés gratuits, de type concours ou tombolas, d’aucuns les trouveront acceptables puisque rien n’a été misé et donc que rien ne sera perdu. D’autres ne sont pas de cet avis, considérant que d’une part la cagnotte a été ponctionnée à l’insu de tous pour être reversée à une minorité, et que d’autre part on met le pied à l’étrier des novices qui pourraient ensuite être incités à miser de l’argent. De plus, ils estiment que même lorsque c’est au bénéfice d’œuvres charitables, cela pervertit les intentions désintéressées des donateurs lesquels escomptent ainsi récupérer une partie de leurs donations. Et en sus, ils  font remarquer que, puisque une part non négligeable sera ponctionnée avant toute distribution pour être affectée aux promoteurs des jeux, aux vendeurs de billets et aux gagnants, les sommes recueillies ne seront pas reversées en totalité aux dites œuvres. Alors, comme dit le proverbe :  « Dans le doute, abstiens-toi ! »[2]
[1] « Ils t’interrogent sur le vin et le jeu de hasard. — Dis : « Dans les deux il y a un grand péché et quelques avantages pour les gens ; mais dans les deux, le péché est plus grand que l’utilité. » (Coran 2 :219). « Ho, les croyants ! Oui, le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu’ordure, œuvre du Diable. Donc, à écarter. Peut-être serez-vous gagnants ? Oui, le Diable ne veut que jeter parmi vous dans le vin et le jeu de hasard, inimitié et haine, et vous empêcher du Rappel de DIEU et de l’Office. Eh bien, vous abstiendrez-vous ? » (Coran 5 :90-91).
[2] « Est évident ce qui est licite comme est évident ce qui est illicite. Entre ces deux, il est des choses qui suscitent le doute et que bien peu de gens connaissent. Aussi, celui qui se garde des choses douteuses préservera-t-il alors sa religion et son honneur. Car celui qui s’aventure dans les domaines du doute s’aventure en fait dans l’illicite ». (Boukhary 2/39/1 – Nawawy/40 Hadiths/ 6). « Laisse ce qui occasionne ton doute pour ce qui ne l’occasionne pas. » (Tirmizhy 35/59 – Nasa’y 51/50 – Mousnad d’Ahmad Ibn Hanbal 1/200).
Advertisements

À propos de integritydyl

@DYLeclercq RÉPONDRE A L'ISLAMOCLASTIE PAR L'IRONIE IRRESPECTUEUSE

Les commentaires sont fermés.