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fion-brutIl n’y en a que pour les « fions » en ce moment[1] et toujours, semble-t-il, pour « matraquer » le petit peuple de façon analogue, au propre comme au figuré. En français vulgaire, le « fion » désigne l’anus alors, en dépit du cadre cognitif qui défie de ne pas penser à un éléphant rose, je vous recommanderai de ne pas imaginer quoi que ce soit qui s’y rapporte. D’ailleurs, pourquoi avoir l’esprit mal tourné en se focalisant sur une signification typiquement franchouillarde puisqu’en Asie (attention, pas nazi non plus !) FION est une marque de maroquinerie hongkongaise chic et réputée.
Commençons donc par le gars Fillon, l’ex-troufion de Sarkozyzy (ils sont autant interchangeables que Poutine et Medvedev), qui a le culot de revenir tortiller du fion pour les Présidentielles de 2017. Après avoir donné un bon coup de fion aux retraites à soixante ans, entre autres, François Pignon,[2] pardon Fillon, ne mérite pourtant qu’un bon coup de pied électoral au fion de la part de tous ceux qui n’ont pas le fion de « travailler moins pour gagner plus » comme sa Pénélope et ses rejetons. Après avoir été porté aux nues par les primaires de la droite, notre filou n’en finit plus de se dépêtrer dans des affaires de pognon (ou de Pignon) – et ne sera sans doute pas sanctionné par les Tribunaux – mais les électeurs français auront eu le temps d’apprécier le cynisme de ces représentants du peuple qui exigent des efforts de leurs administrés alors qu’ils abusent eux-mêmes des avantages de leurs fonctions.
Et venons-en maintenant à cette autre affaire de « fion » relative au jeune Théo L. qui a été brutalisé et sodomisé avec une matraque télescopique (accidentellement paraît-il) au cours de son interpellation policière dans une cité d’Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis (93). On l’a opéré d’un sphincter anal sectionné et d’une lésion de dix centimètres de profondeur du canal du même nom et lui a prescrit 60 jours d’incapacité totale de travail (ITT). Son contrôle d’identité rectifié en malencontreux contrôle rectal a déclenché de nombreuses marches et manifestations ici et là censées réclamer justice pour cette présumée nouvelle victime de brutalités policières. Et les débordements irresponsables et destructeurs qui s’en sont ensuivis – c’est tellement intelligent de brûler les bagnoles des riverains – ne risquent guère de dissuader les forces de l’ordre d’user de leurs matraques comme bon leur semble sur les fauteurs de trouble.
Attention ! Qu’on ne se méprenne pas sur mon propos qui ne cherche nullement à minimiser les comportements policiers violents voire violeurs. Mais je ne mettrai quand même pas ma main à couper que le Théo de la fable soit cet inoffensif samaritain qui était là et a subi ça uniquement parce qu’il avait vu de la lumière. Je connais personnellement plein de gens qui habitent dans ce 9-3 tant décrié lesquels n’en ont jamais décousu avec la maréchaussée, mais il est vrai qu’ils ne trempent dans aucun trafic illégal. Pour en venir à être caressé à rebrousse-poil et calmé « involontairement » avec un toucher rectal télescopique, notre innocent les mains pleines a certainement dû sérieusement énerver la flicaille par son arrogance et son vocabulaire châtié.
Passée la médiatisation de sa coloscopie et sa victimisation, notre Théo n’ira vraisemblablement pas signer des autographes dans ces quartiers où on le traitera plus facilement d’enculé que de théo-logien. Et je doute fort qu’il explique un jour à ses descendants la véritable raison pour laquelle on le surnomme désormais Théo la matraque. Parmi ses rares soutiens, on ne trouvera d’ailleurs que les récupérateurs de polémiques à deux balles, les mobilisateurs de désœuvrés et de casseurs et ceux qui excellent à faire passer les faits divers, le droit commun et la répression de la délinquance pour de l’islamophobie. Et si les fidèles des Mosquées ne se mobilisent absolument pas pour le jeune homme, c’est sans doute parce personne ne peut se porter garant de la rectitude de cette « innocente victime ». « Il est normal que nous nous fions uniquement à ceux que nous connaissons ! » qu’ils disent.
[1] Contraction du patronyme « Fillon » définissant vraisemblablement le plus jeune fils d’une famille.
[2] François Pignon est le nom donné aux nigauds par Francis Véber (le cinéaste et non Olivier Wéber l’écrivain grand reporter) à certains de ses personnages dans plusieurs comédies dont notamment  « l’emmerdeur », « les compères », « la chèvre » et « le dîner de cons ».
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@DYLeclercq RÉPONDRE A L'ISLAMOCLASTIE PAR L'IRONIE IRRESPECTUEUSE

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