Télécharger l’article en pdf ici.
.
Les Français, à l’instar de « Guy », aiment se moquer (« Guy Môquet », LOL…, orthographié à une lettre près, « la lettre de Guy Môquet », évidemment, re-LOL…). Néanmoins, les « Fromages qui puent », ou les « froggies / bouffeurs de grenouilles », comme on les surnomme outre-frontières, sont manifestement plus enclins à se gausser de ceux qui sont différents d’eux qu’à l’autodérision. Néanmoins, leurs railleries sont de moins en moins supportées par ceux qui en sont l’objet, la moindre allusion désobligeante ou blague se rapportant à la race, à la nationalité, à la couleur de peau ou aux opinions politiques ou religieuses déclenchant illico des réactions véhémentes voire des conflits. En ce sens, pour réfréner les bravades des railleurs, ménager la susceptibilité des différents égos et éviter le pire, les parlements modernes en sont venus à promulguer des lois spécifiques, contraignantes et pénalement répressives. Sale temps donc pour les chansonniers et les amuseurs publics !
Les petites blagues, les bons mots et autres taquineries qui passaient naguère pour de l’ironie ou de l’humour noir se voient dorénavant requalifiés en propos racistes, antisémites, discriminatoires, sexistes, homophobes ou islamophobes par les bonnes consciences du politiquement correct. Et les regains de plaisanteries sur certaines populations constituent des circonstances aggravantes voire transforment instantanément les amateurs de bons mots en ségrégationnistes chevronnés. Plus question alors de se gausser des catégories auxquelles on n’appartient pas, en abusant des « Bamboula », « Banania », « négro », « bougnoule », « couscoussier », « bol de riz » et autres « souchiens », de « faire des petits fours », des « fournées » dans la « bande de gazés » ou de dire « qu’ils sont partout », de constater que « quand une femme pose une question à son mari c’est qu’elle a déjà la réponse », de traiter les gays de « tapettes », de « pédales », de « fiottes » ou « d’enculés », ou de considérer pour les « Muzz » que « quand il y en a un ça va mais c’est quand il y en a plusieurs que ça pose problème ».
Tant que c’est possible et pas encore condamnable (en tant qu’apologie de la sédition), profitons-en gaiement pour titiller la susceptibilité identitaire des cocardiers hexagonaux – jusqu’au plus haut niveau politique – lesquels n’ont que mépris pour les us et coutumes exotiques et les velléités islamiques. Ces patriotes français, qui considéraient jusqu’alors qu’à Rome (sous-entendu chez eux) on devait se comporter comme les Romains, estiment maintenant qu’à Rome (sous-entendu à l’étranger) les Gaulois doivent faire comme les Gaulois – et non plus comme les Romains. À l’avenir, ces bourricots devraient se raviser avant de faire grief aux Musulmans de ne pas vouloir se comporter en Gaule comme les Gaulois. En attendant, c’est bien fait pour leur Gaule !
Mais il n’y a pas que les « Frenchie » qui font du chauvinisme. Le virus sévit partout dans le monde où chacun agite son petit drapeau, entonne son petit hymne et soutient frénétiquement ses équipes nationales, en se considérant bien supérieur à tous ceux qui vivent au-delà des frontières de leur bled. Et il n’y a pas moyen de leur faire admettre que c’est par pur hasard, par accident, qu’ils ont été pondus dans l’endroit dont ils sont si fiers. Question racisme et préférence nationale, certains pays dits musulmans ne font pas exception, avec des slogans aussi sectaires « qu’aimer la patrie fait partie de la foi »[1] que d’aucuns ont même tenté de faire passer pour des préceptes prophétiques. AstarfirouLLAH !
Venons-en précisément à la susceptibilité des Musulmans puisque leur religion a de plus en plus mauvaise presse et qu’ils font désormais ouvertement l’objet de critiques, de plaisanteries et de caricatures. Admettons toutefois que, si tous les reproches formulés contre l’Islam sont aisément réfutables car infondés, il n’en va pas de même des travers humains, par excès ou par défaut, qui percent à jour de temps à autres. Et précisons que ceux qui n’ont pas le cul propre, comme on dit vulgairement, cherchent désespérément à faire passer leurs frasques (ou celles de leur clique) pour des agressions contre leur foi ou de l’islamophobie. Mais, quand les comportements ne coïncident pas avec les enseignements professés, seuls sont dupes ceux qui tiennent absolument à légitimer les préjugés.

[1] حب الاوطان من الايمان

Advertisements

À propos de integritydyl

@DYLeclercq RÉPONDRE A L'ISLAMOCLASTIE PAR L'IRONIE IRRESPECTUEUSE

Les commentaires sont fermés.