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Contrairement aux professionnels de la déradicalisation qui, comme on a pu le constater récemment, excellent plus dans les détournements financiers que dans la psychologie réparatrice, je vais vous parler de vécu, de mon vécu, en tant que « converti » à l’Islam de longue date, à une époque où le pacifisme de cette religion prédominait. La médiatisation outrancière et les interprétations politiques de la révolution islamique iranienne à l’orée des années 1980, du printemps islamique algérien des années 90, des attentats du 11 septembre 2001 et de la pagaille qui s’en est suivie depuis au sein du monde arabo-afghano-musulman, ont transformé une religion considérée autrefois comme une particularité exotique en une menace planétaire et incité à la suspicion envers la totalité de ses adeptes.
Il est vrai que lorsque l’on se consacre sincèrement à sa religion ou que l’on se convertit à une autre, on s’applique à la respecter du mieux possible en en exécutant minutieusement les moindres détails. En ce qui me concerne, à mes débuts, certains de mes coreligionnaires me cataloguaient « trop Musulman » ; il est vrai que, par mimétisme outrancier, j’étais trop rapidement passé du statut de hippy hyper chevelu en jean délavé à pattes d’éléphant à celui de bédouin avec crâne rasé, barbichette, turban, djellaba et canne. Bien que convaincu de la prééminence de l’Islam par rapport aux autres religions, j’étais profondément ignorant de la doctrine islamique (Coran et Hadith) et ai donc été un temps assez perméable aux influences, bonnes comme mauvaises, de ceux qui étaient censés être plus « savants » que moi. Et au fur et à mesure où j’ai enregistré des bribes de savoir, je suis devenu imbu de moi-même, estimant que ceux que je côtoyais alors n’avaient pas la chance d’avoir aussi bien compris que moi. Rassurez-vous, depuis quarante-cinq ans j’ai quelque peu évolué.
Il est étonnant de se focaliser outre mesure sur des détails et des pratiques extérieures (barbes, longueur de vêtements, attitudes, non-serrage de mains, etc.)[1] plus que sur des recommandations essentielles comme tenir ses engagements ou ne pas mentir,[2] entre autres, sur lesquelles insistent le Coran et le Hadith et qui sont bien souvent négligées. Les prémisses de la marginalisation et de la radicalisation c’est quand, en invoquant le strict respect des injonctions islamiques et en faisant abstractions des tolérances et des facilités accordées par la religion,[3] on refuse de serrer la main du DRH femme lors des entretiens d’embauche ou qu’on veut absolument faire la prière sur son lieu de travail. Se prenant pour des modèles de piété et attribuant leurs échecs à la discrimination voire à l’islamophobie, nos « dévots » n’ont par contre pas le moindre scrupule à profiter abusivement des assistances sociales et des allocations de chômage, quand bien même l’Islam répugne à cette forme de mendicité.[4] Et le comble c’est quand, pour solutionner leurs problèmes, ils sollicitent effrontément l’aide de ceux qu’ils méprisent parce qu’ils ont consenti, eux, à faire ces concessions qu’ils abhorrent.
La croyance constituant normalement un progrès spirituel par rapport à la mécréance, les néophytes ont  parfois tendance à idéaliser leurs fautes ou à en minimiser l’importance. En interprétant librement les textes et en étant convaincus que c’est pour la bonne cause, certains en viennent ainsi à mentir, voler voire tuer en pensant servir l’Islam… Je réalise donc, sans l’admettre évidemment, que, par ignorance, des jeunes musulmans (jeune dans le sens de récent) ne voient pas de mal à « islamiser » leurs méfaits et délits en se persuadant que ceux-ci sont légitimés ou compensés par leur pratique religieuse, à plus fortes raisons quand le cursus de ces « égarés » est plus carcéral qu’universitaire ; certains délinquants ont renoué avec le religieux, de façon superficielle, en passant par la case prison. Toutefois, si traitement il y a, il ne peut être que dans la justification de l’Islam et non dans sa proscription car la déradicalisation ne s’opérera réellement que si les sujets acquièrent deux facultés : le raisonnement et le sens critique. Le seul remède valable constituera à substituer une argumentation logique et cohérente basée sur l’ensemble des enseignements islamiques à l’ingestion brute et simplette des bribes d’anecdotes ou de traditions, fussent-elles sponsorisées par les « Savants de Marseille » spécialistes en lavage de cerveaux.
[1] Dont on ne trouve aucune mention dans le Coran et qui sont rarissime dans les recueils de Hadith. Par nécessité, et non volontiers, en ce qui concerne le serrage de main homme-femme, cela s’entend.
[2] « Ho, les croyants ! Remplissez les engagements. » (Coran 5 :1). « Quatre choses, lorsqu’elles se rencontrent chez un individu, en font un parfait hypocrite : Mentir quand il parle, manquer à sa promesse, trahir les engagements pris, être de mauvaise foi lorsqu’il pactise. Celui chez qui se trouve une seule de ces quatre choses sera atteint de quelque hypocrisie jusqu’au moment où il s’en sera débarrassé ». (Boukhary 58/17/1 et aussi 46/17/1 – 52/28/2 – 55/8/1).  « DIEU, vraiment, ne guide pas celui qui est outrancier, mensonger ! » (Coran 40 :29). « Ho, les croyants ! Pourquoi dites-vous ce que vous ne faites pas ? C’est en grande détestation auprès de DIEU, de dire ce que vous ne faites pas. » (Coran 61 :2,3). « Ne mentez pas car le mensonge mène à l’impiété et l’impiété mène à l’Enfer. L’homme qui use régulièrement de mensonge en viendra à être inscrit auprès de DIEU comme un grand menteur. Soyez véridiques car la véracité mène à la piété et la piété mène au Paradis. L’homme qui dit toujours la vérité en viendra à mériter le nom de très véridique ». (Boukhary 78/69/1 – Abou Daoud 40/80 – Tirmizhy 25/46).
[3] « Celui qui est en détresse mais ni rebelle ni transgresseur, pas de péché sur lui. Oui, DIEU est pardonneur, miséricordieux ». (Coran 2 :173 et aussi 6 :145 – 16 :115). « DIEU veut pour vous la facilité, Il ne veut pas pour vous la difficulté.» (Coran 2 :185).
[4] « J’en jure par celui qui tient ma vie entre Ses mains, il vaudrait mieux que quelqu’un prit une corde et allât faire du bois qu’il rapporterait sur son dos (afin que DIEU sauvegarde ainsi votre dignité) plutôt que de mendier à quelqu’un, que celui-ci lui donne ou lui refuse » (Boukhary 24/50/2,3 – 34/15/5,6 – 42/13/1,2).
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@DYLeclercq RÉPONDRE A L'ISLAMOCLASTIE PAR L'IRONIE IRRESPECTUEUSE

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