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Par facilité ou pour faire du zèle, la  Direction Générale de la Sécurité Intérieure (D.G.S.I.), semble avoir donné crédit aux affabulations d’un certain Joachim Véliocas qui affirme avoir recensé les Mosquées Radicales de l’Hexagone dans son livre éponyme.[1] Dans ce brûlot approximatif, retors et surtout antimusulman, les Tablighis, les Salafis, les Ikhwanis, les islamistes Turcs, – à peu près tout le monde – est mis dans le même panier de la radicalité. Il lui suffit qu’on désavoue la législation locale, qu’on émette des doutes sur les versions officielles de certains événements ou qu’on sollicite le moindre aménagement raisonnable pour être suspecté de pouvoir basculer dans le terrorisme. Ce que le sieur Véliocas ne saisit pas, c’est qu’on est en droit de préférer d’autres modèles de société, avec des usages différents des siens mais en accord avec plusieurs milliards d’individus, sans pour autant être un délinquant tant qu’on n’enfreint pas les lois du pays dans lequel on se trouve.
En période électorale, l’état d’urgence s’est révélé primordial pour le régime qui s’est abaissé à coller tout et n’importe quoi sur le dos de paisibles Musulmans, en espérant engranger le plus possible de voix xénophobes en retour. Certes, en vertu du principe de précaution, à partir du moment où de réels faisceaux de présomptions sont réunis, les individus suspects doivent incontestablement être neutralisés pour éviter le pire. Cependant, en ordonnant la fermeture administrative de ces lieux publics que sont les Mosquées, sous prétexte de radicalisme, les Autorités ont confirmé leur net penchant pour le grand n’importe quoi démagogique. Condamner des lieux de culte fréquentés par les fidèles les plus disparates qui soient, au lieu de simplement en écarter les administrateurs ou les prédicateurs « litigieux» qui, vu de l’extérieur, les « contamineraient », est non seulement une injustice manifeste mais un aveu de complète impuissance face au véritable terrorisme.
Dans la plupart des cas constatés, les fermetures administratives de Mosquées ne sont que des arnaques populistes, mais à plus fortes raisons en ce qui concerne la Mosquée Rahma de Torcy : je la connais personnellement, ainsi que ses dirigeants, pour y avoir tenu à plusieurs reprises des réunions et des conférences dans leurs préfabriqués. C’est d’ailleurs dans des locaux y attenant, qui nous ont été gracieusement prêtés, qu’ont eu lieu nombre de séances de travail, réunissant des Musulmans de toutes obédiences, pour disculper l’Islam des calomnies dont les identitaires l’affuble. C’est ainsi que se sont côtoyés des Soufis, des Ikhwanis (des Frères Musulmans), des Salafis, des Barelvis, des sans étiquette comme celui qui tient cette plume, et j’en passe, de toutes nationalités, au sein d’une Islamic Reply Task Force (I.R.T.F.) pour concocter un ouvrage de réfutation des attaques islamophobes qui n’a rien de radical et dont tout un chacun, ami ou ennemi, ferait bien de prendre connaissance.[2] Je rends d’ailleurs hommage à tous ceux qui ont contribué, activement ou en dilettante, à ce nécessaire travail de réhabilitation de leur foi, à la Mosquée Rahma de Torcy et ailleurs.
Alors, quant aux accusations de propagation d’idéologie radicale, d’incitation au Djihad voire de soutien à des cellules terroristes exprimées contre la Mosquée Rahma de Torcy, les centaines de fidèles qui la fréquentent peuvent témoigner qu’elles n’ont aucun fondement crédible. La justice fera certainement la clarté sur les accusations mensongères portées contre la dite Mosquée et ses administrateurs. Néanmoins, en attendant, la liberté de culte est durablement entravée et spécialement durant le mois de Ramadan où un lieu de prières s’avère indispensable. Et c’est sans compter aussi sur le préjudice causé à la réputation des principaux dirigeants et à la construction d’un nouvel édifice religieux plus adapté. Ce nouveau projet de Centre Islamique est sans doute ce qui a motivé le sieur Véliocas, identitaire frustré de son état, à inclure Torcy dans ses élucubrations et ses délations éhontées.
Cette petite retouche s’imposait, par solidarité envers ceux qui sont nos frères en religion et qui ont grandement besoin de la compassion et du soutien de leurs coreligionnaires pour mieux pouvoir endurer les épreuves qui leur sont imposées aujourd’hui. Une par une, les Mosquées citées comme radicales (autrement dit orthodoxes) par le sieur Véliocas, c’est-à-dire ne reniant pas les enseignements islamiques entrant en contradiction avec la loi française, sont susceptibles de subir le même sort par simple décision préfectorale dictée par la raison d’Etat. Comme le chacun pour soi et le reniement ne font pas défaut au sein d’une communauté musulmane française autant divisée que disparate et désespérément amnésique sur les outrages infligés par ses véritables ennemis, les fermetures administratives ne sont pas près de passer de mode.
[1] https://www.youtube.com/watch?v=0PjP6QqwiTY – et –  https://lc.cx/UvKG
[2] Consultable ici : https://lc.cx/UrKS et version imprimable ici : https://lc.cx/UrK5
 
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À propos de integritydyl

@DYLeclercq RÉPONDRE A L'ISLAMOCLASTIE PAR L'IRONIE IRRESPECTUEUSE

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