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envie« L’envie (dans le sens de jalousie) dévore les récompenses (divines) comme le feu dévore le bois ».[1]  Cette mise en garde du Prophète Mohammad (ص) mérite d’être rappelée car, compte tenu de la pénible réalité, il semble que celle-ci soit présentement plus que négligée. De surcroît, les envieux ne font que témoigner contre eux-mêmes d’un complexe d’infériorité par rapport à ceux qu’ils envient puisque, logiquement, personne ne jalouse les loosers ou celui qui est pire que soi. D’expérience, je pourrais donner ici maints exemples nominatifs – qui ne font certes pas défaut – mais je vous en épargnerai les noms, ne serait-ce que pour qu’ils ne me taxent pas de jaloux en retour…
La jalousie et les rivalités sont particulièrement répandues dans le milieu associatif musulman où les divers acteurs  – le plus souvent d’anciens partenaires – s’appliquent consciencieusement à se combattre et à se neutraliser. Au début de toute aventure, et plus précisément des projets de mosquées, d’organisations religieuses, d’écoles musulmanes, voire de business à spécificité islamique, les différents co-équipiers se jurent amour et fidélité dans ce monde et dans l’autre et s’accordent des lunes de miel autant énamourées qu’ostensibles. Puis les individualités éclosent, les différends apparaissent et les conflits se manifestent jusqu’à devenir réciproquement insupportables. Et c’est la rupture, le divorce, voire le déchirement pour se partager les acquis, en usant de procédés trop souvent méprisables, et tous les moyens sont alors bons afin de l’emporter sur les nouveaux plus chers « ennemis ».
Combien de fois avons-nous pu constater de ces surenchères « fraternelles » visant à conquérir le leadership dans un domaine ou un autre, dans une  structure ou une autre, avec dénigrements et autres cochonneries à la clé ? « J’étais là avant » ou « je l’ai fait (ou dit) en premier », sont les leitmotive de tous ceux qui estiment plus glorieux de semer la discorde que d’établir la concorde. Sur les sites Web, par exemple, ça se traduit par des prétendus « scoops » et autres « headlines » jusqu’au colportage de potins et de ragots à l’intérêt islamique des plus improbables, en passant par les annonces dominatrices de début et de fin de Ramadhan, le tout savamment ou scientifiquement documenté selon les affects. Et tous ces grands projets de fédérations associatives ou d’alliances musulmanes qui ont capoté à cause de la jalousie et de la suffisance des ex-futurs-associés, en vertu du « c’est moi qui commande sinon je me retire, et après moi le déluge ! ». Coitus interruptus à satiété, en quelque sorte !
« Il y a pour chacun une direction vers quoi tourner son visage. Concourez donc aux œuvres bonnes. Où que vous soyez, DIEU vous rassemblera tous. DIEU est capable de tout, vraiment. »[2] Pour être plus féconds et plus profitables à leurs coreligionnaires, les « entrepreneurs » musulmans ne devraient chercher à rivaliser que dans les bonnes actions et feraient mieux d’avoir pour devise de « ne faire que ce que les autres ne peuvent pas ou ne veulent pas faire ». Au lieu de cela, chacun s’applique à copier sur le voisin pour lui piquer des parts de marché ou pour se substituer à lui en anéantissant ses affaires. D’où cette rivalité stérile entre les individus, les associations, les fédérations, les organisations et les mosquées, entre les tendances dogmatiques (Salafis, Ikhwanis, Soufis, Tablighis, et Compagnie), entre les librairies islamiques, entre les sites Internet, entre les producteurs et les contrôleurs de Halal, entre les exploiteurs du Pèlerinage à la Mecque voire entre les agences funéraires.
Par contre, dans des domaines capitaux comme l’éducation, la formation professionnelle, la création d’entreprises islamo-compatibles, le caritatif désintéressé, la communication radio-télévisuelle ou la politique, c’est l’indigence la plus totale et quasiment tout reste à faire. En attendant, faute de prise en charge en temps et en heure, les gosses des quartiers s’émancipent, basculent en autodidactes dans la délinquance et le banditisme, et finissent même par s’imaginer que de pratiquer le terrorisme en freelance, au nom d’un Islam qui ne leur a rien demandé de tel, pourra racheter leurs inconduites et leur garantir le Paradis par-dessus le marché. Entre nous, finir en tôle ou en terre, et avec une damnation éternelle en prime,[3] ça ne devrait vraiment donner à personne l’envie d’en avoir l’envie…
[1] Sunan Abou Daoud 40/44.
[2] Coran 2 :148.
[3] « Quiconque intentionnellement tue un croyant, sa récompense alors est la Géhenne, d’y demeurer éternellement. Et sur lui la colère de DIEU, ainsi que Sa  malédiction, tandis qu’IL lui a préparé un énorme châtiment. » (Coran 4 :93)
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À propos de integritydyl

@DYLeclercq RÉPONDRE A L'ISLAMOCLASTIE PAR L'IRONIE IRRESPECTUEUSE

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