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La hantise de n’importe quel croyant, c’est que les préceptes de sa religion se trouvent contredits par des découvertes historiques irréfutables et/ou que les fondements sur lesquels il repose sa foi soient anéantis scientifiquement ou rationnellement. C’est indéniablement le cas pour l’Ancien Testament des Juifs[1] et pour le Nouveau Testament des Chrétiens (les Évangiles),[2] les « Saintes Ecritures Bibliques » étant notoirement sujettes à caution, mais aussi dans une moindre mesure pour certaines prescriptions musulmanes à portée secondaire qui, compte tenu de leur contexte, de leur sens ou de leur application, apparaissent désuètes ou insolites à la lumière du Coran, de la logique ou de la science moderne.[3]
Le Coran atteste de sa propre fiabilité en tant que parole inaltérable de DIEU,[4] et sa « biographie » le démontre du fait qu’il a été mémorisé sitôt sa révélation jusqu’à nos jours puis transcrit de façon formelle, sans aucune variante, avant la disparition de ses « mémorisateurs ». Le Hadith n’a quant à lui pas été appris par cœur et n’a commencé à être collecté qu’un siècle après la révélation prophétique donc plusieurs générations après les événements décrits.[5] Avec tout le respect qu’on doit aux illustres compilateurs, on peut quand même s’interroger sur l’intégrité de certains témoignages car question fiabilité, ce serait un peu comme récolter aujourd’hui des anecdotes sur son grand-père ou son arrière-grand-père. Quatorze siècles après, la conservation de tous les récits se rapportant au Saint Prophète (ص) reste pourtant exceptionnelle et de loin supérieure aux Textes fondateurs des autres religions.
Il faut faire preuve d’honnêteté intellectuelle. Les examens de crédibilité entrepris à diverses époques par des « experts », musulmans ou pas, ont fait apparaître des contradictions voire des contrefaçons au sein des nombreuses compilations de Hadiths, laissant tout un chacun libre d’y souscrire ou pas. Mais on ne peut pas non plus tout rejeter en bloc. Par exemple, seront considérés comme fiables les traditions et les usages qui ont débuté du temps du Saint Prophète (ص) et qui ont perduré de façon ininterrompue jusqu’à nos jours sans divergence ou rejet au sein de la Communauté Islamique. Il en va de la sorte, à quelques nuances près, de la façon de procéder aux ablutions, de prier, de jeûner, de verser sa taxe Zakat, d’effectuer le Pèlerinage à La Mecque, lesquels sont évoqués dans le Saint Coran mais pas explicités. Par contre, on aura le droit d’être plus réticent envers certaines particularités du Hadith : Par exemple, médicalement parlant, entre consommer du miel[6] et boire de l’urine de chamelle,[7] l’incitation coranique pourra être privilégiée par rapport à la supposée recommandation prophétique.
Un Hadith pourra être considéré comme fiable s’il ne contredit pas le Saint Coran, s’il contient des enseignements qui n’ont jamais été contestés ou négligés à travers les siècles depuis leur recommandation, s’ils sont admis de tous (Chiites et Sunnites), et s’ils ne sont pas réfutés par les données scientifiques prouvées universellement, par l’évidence, la logique ou la raison (la terre est ronde et non plate). Il faudra donc faire preuve de circonspection avant de croire ou de s’adonner aux « singularités solitaires» apparues après la disparition du Saint Prophète (ص) voire des siècles après son ministère puisque comportant des chaînes de narrateurs plus ou moins longues et crédibles. Ce sera le cas pour certaines pratiques dites mystiques ou pour le bannissement de la musique instrumentale et des représentations figurées non idolâtres. En résumé donc, se conformer aux instructions du Saint Coran, OUI sans discussion, mais souscrire naïvement aux Hadiths « extraordinaires » restera discutable !
[1]  « Elles firent donc boire du vin à leur père cette nuit-là ; et l’aînée alla coucher avec son père : il ne s’aperçut ni quand elle se coucha, ni quand elle se leva. Le lendemain, l’aînée dit à la plus jeune : Voici, j’ai couché la nuit dernière avec mon père ; faisons-lui boire du vin encore cette nuit, et va coucher avec lui, afin que nous conservions la race de notre père. Elles firent boire du vin à leur père encore cette nuit-là ; et la cadette alla coucher avec lui : il ne s’aperçut ni quand elle se coucha, ni quand elle se leva. Les deux filles de Lot devinrent enceintes de leur père ». (Genèse 19 :33-36). « A l’époque de la vieillesse de Salomon, ses femmes inclinèrent son cœur vers d’autres dieux ; et son cœur ne fut point tout entier à l’Éternel, son DIEU, comme l’avait été le cœur de David, son père…  L’Éternel fut irrité contre Salomon, parce qu’il avait détourné son cœur de l’Éternel, le DIEU d’Israël, qui lui était apparu deux fois. Il lui avait à cet égard défendu d’aller après d’autres dieux ; mais Salomon n’observa point les ordres de l’Éternel ». (1 Rois 11 :4, 9-10).
[2] L’Évangile de Luc (3, 23-28) affirme à tort qu’il y aurait eu uniquement vingt générations entre le premier homme sur terre, Adam et le Patriarche Abraham (sur eux deux le salut respectueux).
[3] « Etant donné qu’un nombre seulement restreint de ces hadiths peut être considéré comme exprimant avec certitude la pensée du Prophète r, les autres expriment ce que pouvaient croire les hommes de son temps, en: particulier sur les sujets scientifiques évoqués ici. En les comparant au texte coranique, on mesure tout ce qui sépare ce dernier de ces hadiths inauthentiques ou douteux. Cette comparaison met en lumière, si tant est qu’il le faudrait, la différence frappante entre les écrits de ce temps, truffés d’énoncés erronés d’ordre scientifique, et le Coran, Livre de la Révélation écrite, exempt de toute inexactitude de cet ordre ‘ ». (La Bible, le Coran et la science – Maurice Bucaille – Ed. Desclée de Brouwer, Paris. 1978).
[4] « Et nul ne peut changer les paroles de DIEU. » (Coran 6 :34). « Pas de modification aux paroles de DIEU.  (Coran 10 :64). « Oui c’est Nous QUI avons fait descendre le Rappel. Certes oui, et c’est Nous QUI en sommes gardien. » (Coran 15 :9). « – oui, et elle est auprès de Nous, dans l’Écriture-Mère, haute, sage, assurément. (Coran 43 :2-4). « Que ceci est certes oui une noble Lecture, (Coran) dans un Livre bien gardé que seuls les purifiés touchent : descente de la part du Seigneur des mondes. (Coran 56 :77-80).
[5] Parmi les plus réputés des collationneurs de Hadiths, on citera par ordre chronologique de dates d’existence après l’Hégire :
Malik 93-179 – Ibn Hanbal : 164-241 – Ad-Dârimi : 181-255 – Al-Boukhari : 194-256 – Abou Daoud : 202-275 – Mouslim : 202-261 – Ibn Majah : 209-273 – At-Tirmidhi : 210-279 –  An-Nasa’i : 215-303 – Ibn Hibban : 270-354.
[6] Et voilà ce que ton Seigneur révèle à l’abeille : « Prend maisons dans les montagnes, et les arbres, et les ruches. Consomme ensuite de toutes espèces de produits ; puis chemine par les sentiers frayés de ton Seigneur ». De leurs ventres une liqueur sort, aux couleurs variées, où il y a de la guérison pour les gens. Voilà bien là un signe, vraiment, pour des gens qui réfléchissent ! (Coran 16 :68-69).
[7] Des gens de la tribu de ‘Okl – ou de ‘Oraïna – qui étaient venus voir le Prophète (ص) à Médine y tombèrent malades. Le Prophète (ص) ordonna qu’on leur fournit des chamelles laitières et leur enjoignit d’en boire à la fois les urines et le lait… (Boukhary 4/66/1).
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@DYLeclercq RÉPONDRE A L'ISLAMOCLASTIE PAR L'IRONIE IRRESPECTUEUSE

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