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Quand la France sera une république islamique – pour faire un peu de provocation – il sera normal qu’elle administre les affaires des Musulmans. Si, pour éviter ça, la France basculait dans la dictature, il serait alors logique qu’elle s’immisce jusque dans les religions pour en proscrire les pratiques qui lui déplaisent et pour domestiquer les « nouveaux arrivants » comme les nomment pudiquement les identitaires. D’ici que ça change, dans un sens ou dans un autre, rappelons que la France est contractuellement tenue de respecter « la liberté de penser, de conscience et de religion ».[1] Néanmoins, les gouvernements successifs de la France interprètent la laïcité (soi-disant en vigueur dans l’Hexagone) à leur guise pour s’en affranchir et s’immiscer dans le culte musulman dont ils estiment les prescriptions de moins en moins compatibles avec les lois de la République.
Quitte à heurter les puristes, rappelons que l’Islam est une religion universelle et intemporelle et n’est pas spécialement destinée à devenir un culte patriotique assujetti aux fantaisies momentanées des régimes politiques, quels qu’ils soient. Depuis des décennies, les différents pouvoirs en place en France, de gauche comme de droite, n’ont pourtant pas cessé de s’ingérer peu ou prou dans l’organisation de l’Islam, que ce soit par procuration (avec des CORIF ou des CFCM) ou en se camouflant derrière des faux-semblants (d’instances de dialogue ou d’assises territoriales). Apparemment, le Président Macron ne souhaite pas faire exception à cette manie puisqu’il a projeté à court terme de donner « à l’Islam un cadre et des règles garantissant qu’il s’exercera partout de manière conforme aux lois de la République ». Reste à découvrir quelles sont les injonctions islamiques qu’il a cataloguées – sans les citer – comme une « lecture radicale, agressive de l’Islam qui se fixe pour but de mettre en cause nos règles et nos lois de pays libre ».[2]
Les Musulmans ne voient pas d’inconvénients à ce qu’on améliore leur situation ni qu’on corrige les mauvaises habitudes de ceux des leurs qui exagèrent, pour les ramener à des interprétations et à des pratiques plus conformes à la bienséance. Et il n’est pas uniquement ici question de terrorisme. Ceci dit, en ce qui concerne la situation de l’Islam en France, les mesures préconisées par les conseillers en islamologie du Chef de l’Etat et autres entomologistes,[3] qui balancent à tort et à travers sur des caricatures islamistes, et veulent réformer des rites qu’ils ne souhaitent bien entendu pas pratiquer eux-mêmes, sont autoritaires, utopiques et irréalisables. La mise en place du flicage physique et financier qu’ils recommandent constituerait par ailleurs une immixtion dans l’organisation du culte musulman, doublée d’une inégalité de traitement par rapport aux autres confessions. En bref, une ingérence encore plus flagrante de l’Autorité dite laïque comme celle qu’on nous laisse entrevoir constituerait une infraction caractérisée à la foutue laïcité dont elle se prétend garante.
Certaines recommandations des « conseilleurs qui ne sont pas les payeurs » sont farfelues, arbitraires et inacceptables : Vouloir établir un poste de Grand Imam de France, une sorte de Mamamouchi,[4] à l’instar du Grand Rabbin de France est aussi incongru que de vouloir rétablir la monarchie dans la République. Imposer une taxe-contribution volontaire obligatoire sur la consommation Halal pour financer le culte et disposer des dons des fidèles sans leur assentiment, c’est ni plus ni moins du racket. Intégrer des laïcs dans la gestion du culte et en écarter les Musulmans qui sont « trop religieux » est une perversion intolérable. Réduire l’attractivité des mosquées en déployant des cours d’arabe à l’école publique avec l’intention de « casser le lien arabe-islam » et « la transmission systématique de l’Islam aux enfants » est insultant. Imposer les « valeurs » françaises aux Imams aux prêcheurs et les contraindre à discourir en français pour réglementer les pratiques religieuses et fliquer les mosquées, tout comme recenser les Musulmans pratiquants pour les ficher relèvent carrément du totalitarisme. Faire garantir par l’Etat les prêts avec intérêt (interdits par l’Islam = riba) pour construire des mosquées n’a pour finalité que d’entacher irrémédiablement leur caractère sacré. Un rapport avec l’Islam ? Après en avoir fait une « Montaigne », ils vont découvrir pourquoi ils s’emmêlent…
[1] « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites. »  (Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 – Art. 18). « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi. » (Déclaration française des droits de l’homme et du citoyen de 1789 – Art. 10). « La France assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. » (Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 – Art. 1).
[2] Citations tirées de l’allocution du Président de la République devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles le 9 juillet 2018.
[3] https://integritydyl.wordpress.com/2012/08/12/les-entomologistes-de-lislam/
[4] https://wordhistories.net/2016/10/18/mamamouchi/
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@DYLeclercq RÉPONDRE A L'ISLAMOCLASTIE PAR L'IRONIE IRRESPECTUEUSE

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